‹ Le corps humainChapitre 113 sur 144 · I. EAUX NON AÉRÉES. EAïJ DE PLUIE EX DES GLACIERS · texte numérisé non relu

I. EAUX NON AÉRÉES. EAïJ DE PLUIE EX DES GLACIERS

— L’eau de pluie est, comme l’eau distillée, dépourvue de tout sel soluble. Recueillie dans des réservoirs en zinc ou en maçonnerie, elle peut, à défaut d’autres, servir d’eau potable. C’est à peu près la seule eau qui soit utilisée comme boisson en Hollande et dans certaines grandes villes telles que Cadix, Vienne et Constantinople.

Quand, avant d’arriver dans les réservoirs, l’eau traverse des tuyaux présentant des soudures importantes, elle renferme une certaine quantité de plomb qui détermine des accidents plus ou moins graves. Ainsi, les coliques sèches du Poitou, et celles qu’on observe à bord des navires sont produites par des intoxications saturnines. De même l’empoisonnement du personnel de la maison de Louis-Philippe, au château de Claremont, était dû à l’eau d’une citerne qui contenait 14 milligrammes de plomb par litre.

•i L’eau qui provient des glaciers est peu aérée. La faible quantité d’oxygène qu’elle renferme serait, d’après M. Boussingault, la cause de la fréquence du goitre sur les plateaux des Cordillières et dans les vallées des Alpes. Pour éviter cette affection, il faudrait laisser séjourner l’eau provenant de la fonte des neiges un certain temps dans des

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réservoirs exposés à l’air ou bien la battre de verges, ainsi que le fit Xerxès pour punir la mer.

L’eau qui sort des profondeurs du sol, comme celle des puits artésiens, présente aussi le même inconvénient. C’est pour permettre à l’eau du puits de Grenelle de dissoudre une certaine quantité d’oxy- * gène, qu’on la fait séjourner, avant de la livrer à la consommation, dans de grands bassins en maçonnerie.

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xÉïiALEs. eau »e mer. — L’eau provenant des puits ordinaires est généralement chargée de sels de chaux en proportion considérable, qui la rendent impropre au savonnage et à la cuisson des légumes. Mais malgré la présence d’une assez forte quantité de sulfate de chaux ou pierre à plâtre, l’eau de puits n’est pas aussi nuisible à la santé qu’on pourrait le croire. En effet, les habitants de Fontainebleau n’en boivent pas d’autre et ils n’en éprouvent aucun inconvénient. A Sébastopol, il paraît aussi que l’escadre française s’approvisionnait à un puits. Un de nos clients d’Herblay, M. S..., âgé de quatre vingt-sept ans, ne prend à ses repas, depuis une trentaine d’années, que de l’eau de puits et n’en a jamais éprouvé aucun inconvénient. Ce vieillard monte à cheval chaque jour et vient d’avoir une fluxion de poitrine dont il s’est rapidement rétabli.

Lorsque les eaux de source renferment en dissolution du bicarbonate de chaux, au contact de l’atmosphère une partie de l’acide carbonique, contenu dans cette substance, se dégage et une certaine quantité de carbonate de chaux se dépose sur les objets qu’on y plonge. De là les incrustations calcaires des fruits, des nids d’oiseaux et d’autres objets, qui ont rendu célèbre la fontaine de Saint-Allyre en Auvergne.

Dans leurs parcours souterrains, les eaux de source se chargent parfois de principes qui jouissent de certaines propriétés médicinales ; elles constituent alors les eaux minérales que la thérapeutique met journellement à profit.

Les eaux minérales ont été divisées en sulfureuses, ferrugineuses, salines ou alcalines, suivant la nature des sels qu’elles contiennent.

Quelques-unes pétillent dans le verre et ont une saveur aigrelette à ; cause de l’acide carbonique qu’elles tiennent en dissolution. La présence de ce gaz donne à ces eaux la propriété de stimuler l’estomac et par suite d’aider à la digestion. De là leur emploi journalier comme eaux de table : telles sont les eaux de Saint-Galmier, de Seltz, de Condillac, de Saint- Alban, de Bussang, de Pougues, de Morny-Chàteauneuf, etc.

Les distractions du voyage et le déplacement entrent pour la plus grande part dans l’efficacité des eaux minérales ; et même chez certains névrosiques, comme les hypochondriaques, ces causes seules agissent,

ainsi que le prouve l’anecdote suivante racontée par Tissot, dans son Traité des maladies des nerfs.

Un célèbre médecin, homme de beaucoup d’esprit, envoya à Spa un de ses malades qui avait la plus grande confiance en lui ; mais à peine le malade y fut-il arrivé, qu’il reçut une lettre de son médecin par laquelle il lui marquait, qu’après avoir réfléchi plus mûrement sur son état, il jugeait que les eaux de cet endroit ne lui convenaient plus et qu’il fallait aller promptement à celles de Barèges. En y arrivant, autre lettre du médecin qui l'avertissait, en vertu d’une nouvelle consultation faite sur sa maladie, de se rendre, sans délai, aux eaux de Saint- Amand ; mais le malade écrivit en chemin à son médecin qu’il n’avait plus besoin d’eaux minérales et qu’il retournait bien guéri. C’était justement ce qu’attendait son habile Esculape.

L’eau de mer peut être aussi considérée comme une eau minérale, en raison de la grande quantité de chlorure de sodium ( sel marin ou sel de cuisine) et de chlorure de magnésium qu’elle renferme; mais elle n’est pas potable, à cause de sont goût salé, amer et nauséeux. On la distille à bord des navires à vapeur, et l’on s’en sert quand la provision d’eau douce est épuisée.

Bien que défectueuse, parce qu’elle est dépourvue d’air et de principes salins, cette boisson a cependant une certaine valeur hygiénique, puisque les marins et les passagers n’en ressentent pas de mauvais effets. De même à Suez et à l’ile de la Réunion, l’eau de mer distillée est employée comme eau pôtable. Quoi qu’il en soit, avant d’en faire usage, il sera bon de l’aérer par le battage et d’y ajouter quelques sels.

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