III. EAUX SOUIIALÉES PAR LES MATIÈRES OItGAIVIQUES
marais e x rivières. — L’eau des mares ou des étangs est en général une très-mauvaise eau potable, en raison de la grande quantité de matières organiques qu’elle renferme. On sait que la décomposition de ces dernières développe des ferments subtils qui rendent pernicieuse l’atmosphère des eaux stagnantes et produit les fièvres intermittentes.
C’est encore la présence de matières organiques provenant des égouts qui rend l’eau des rivières et des fleuves plus insalubre à son passage dans les villes qu’en amont ou à une certaine distance en aval.
Ainsi pendant le choléra de 1866, on a remarqué à Paris* comme à Londres, que l’épidémie avait fait plus de victimes en aval de la Seine et de la Tamise, qu’en amont. Depuis que le grand égout collecteur déverse à Asnières les immondices de Paris, l’eau de Seine renferme moins de détritus organiques et peut être employée sans inconvénient comme eau potable. On sait que plusieurs machines puisent directement à la Seine (Port-à-l’Anglais, Austerlitz, Chaillot, -Auteuil, Saint-
DE LA DIGESTION
Ouen), et qu’elles alimentent une partie de Paris. La capitale reçoit encore les eaux du canal de l’Ourcq 107,360 mètres cubes par jour, de la Dhuis (17,640), d’Arcueil (1,842), des puits artésiens de Grenelle (346), de Passy (6,560) et les eaux de la Yanne (93,000). Ges dernières sont celles qui possèdent le plus grand degré de pureté. Bien que le rendement de ces sources soit considérable, il est encore insuffisant pour la consommation d’une ville aussi populeuse que Paris : pendant l’été de 1881, une affiche de la préfecture de la Seine recommandait aux Parisiens de ménager l’eau qui était sur le point de manquer.
Les Romains connaissaient bien les inconvénients des eaux de rivières, aussi approvisionnaient-ils les villes avec les eaux de sources qu’ils faisaient venir par des aqueducs nombreux.
En attendant que l’on utilise comme engrais la grande quantité de détritus organiques que les égouts charrient journellement dans les rivières, on ne se servira de ces eaux dans l’alimentation qu’après les avoir purifiées en les faisant passer sur un filtre de sable, de charbon ou de tontisse de laine.
2° BoisëOA's prépar ÉEs. — On peut diviser lçs boissons préparées en deux groupes : les boissons médicamenteuses ou tisanes , et les boissons alimentaires ou fermentées. Nous ne nous occuperons que de ces dernières.