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MEMBRANE MUQUEUSE DES 'VOIES RESPIRATOIRES

bronchites. — Cette membrane est revêtue d’une couche d’épithélium à cils vibratiles (4, fig. 204), qui, nous l’avons vu, a la propriété de retenir les poussières contenues dans l’air. L’atmosphère contient, en effet, des corpuscules nombreux que l’on peut distinguer facilement dans un rayon de soleil ou de lumière électrique qui traverse un milieu obscur. Le nombre de ces corps est surtout considérable dans les grandes villes ; il est, au contraire, très-faible en pleine mer. Aussi conseille-t-on aux tempéraments débilités et aux phthisiques, les voyages aux long cours. Lorsque les poussières atmosphériques pénètrent en trop grande quantité dans les voies respiratoires, les cils vibratiles deviennent insuffisants pour intercepter le passage à toutes les poussières, et celles-ci obstruent les dernières ramifications bronchiques. De là vient la fréquence de la phthisie chez les boulangers, chez les polisseurs de l’acier, chez les dévideurs de cocons de soie et chez les ouvriers qui emploient l’émeri, ou qui taillent le grès. La finesse des poussières de cette dernière substance est telle qu’on en retrouve dans une bouteille hermétiquement fermée, si elle a été placée pendant quelque temps à côté d’un piqueur de meules ou de pavés.

La muqueuse de l’appareil respiratoire renferme, dans son épaisseur, des glandes qui sécrètent un liquide destiné à lubrifier sa surface interne. Lorsque, sous l’influence d’un état inflammatoire aigu ou chronique, cette sécrétion est augmentée, elle produit les mucosités appelées crachats ; tandis qu’à l’état normal elle est trop faible pour provoquer l’expectoration. La couleur, l’abondance et l’odeur des crachats varient avec les affections des voies respiratoires.

Le passage de l’air à travers les mucosités bronchiques fait en-

DE LA RESPIRATION

tendre à l’oreille, appliquée sur les parois de la poitrine, des bruits particuliers ou râles . On sait que ce mot est employé communémen pour désigner la respiration bruyante des moribonds. Elle est due aussi au passage de l’air à travers les mucosités qui, ne pouvant être expectorées, s’accumulent dans les voies respiratoires. L’inflammation de la muqueuse respiratoire prend, suivant son siège, le nom de laryngite, de trachéite ou de bronchite. Cette dernière est dite capillaire (de capillus , cheveu), lorsqu’elle envahit les extrémités des bronches. Le catarrhe bronchique (xa xappcôç, écoulement) est caractérisé par une expectoration très-abondante ou bronchorrhée (ppoy^oç, gosier ; petv, couler). La coqueluche est aussi un catarrhe spécifique de la muqueuse laryngo-bronchique. Son nom lui vient de l’analogie des quintes, qui caractérisent cette maladie, avec le cri du coq. Les Italiens ont comparé les accès de toux de la coqueluche au braiement de l’âne, et ils l’ont appelée, pour ce motif, tosse asinina. Les Allemands lui donnent le nom de toux bleue (i blauenhusten ), à cause de la teinte que prend la figure des enfants pendant les secousses convulsives d’un accès de toux. Marcus fait dériver le mot coqueluche de coquelicot, plante que l’on a regardée longtemps comme spécifique de cette maladie. D’après Yalle riola, ce nom viendrait de coqueluchon ( cucullum ), espèce de capuchon dont se couvraient ceux qui étaient atteints de cette maladie.

Dans le croup , nous le savons, la muqueuse respiratoire se recouvre de fausses membranes qui obstruent les conduits aérifères et

Fig. 367. — Fausses membranes venant des bronches, expectorées dans le croup.

déterminent l’asphyxie en s’opposant à la pénétration de l’air à l’intérieur des lobules pulmonaires. Si cet exsudât n’obstrue que la partie supérieure de l’appareil respiratoire, il est facile de remédier, par la trachéotomie, (fig. 167) aux accidents de suffocation qu’il provoque ; mais s’d envahit les dernières ramifications bronchiques (fig. 367), cette operation échoue presque toujours. Le tubage laryngien, préconisé par M. Bouchut, et le grattage de la muqueuse laryngienne, imaginé par M. Green, ne réussissent aussi que dans le premier cas.

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