‹ Le corps humainChapitre 121 sur 144 · VAISSEAUX DUPOUMON. PHÉNOMÈNE DE L’HÉMATOSE · texte numérisé non relu

VAISSEAUX DUPOUMON. PHÉNOMÈNE DE L’HÉMATOSE

— On rencontre dans les poumons deux systèmes de vaisseaux : les uns dits vaisseaux de nutrition , qui se distribuent à tous les organes que nous venons d’énumérer, à l’exception des lobules pulmonaires et des canahcules respirateurs : ce sont Yartère et la veine bronchiques déjà décrites; les autres, dits vaisseaux d’hématose, comprenant Yartère et les veines pulmonaires , qui se ramifient exclusivement à l’intérieur des lobules pulmonaires et des canalicules respiratoires, pour y former le réseau capillaire que nous avons précédemment signalé.

(7 est, nous l’avons vu, à son niveau que se passe l’hématose, c’est-à-dire la transformation du sang noir en sang rouge. Ce phénomène s^accomplit de la façon suivante : Yartère pulmonaire charrie le sang noir du cœur droit (pi. III, D, 2) dans les lobules pulmonaires, puis les veines pulmonaires reprennent ce sang devenu rouge au contact de l’air pour le transporter vers le cœur gauche (D, 7), qui le distribue à toutes les parties du corps.

Ce phénomène physiologique a été décrit par Auguste Barbier dans ses Chants civils et religieux :

Lorsque le sang, chassé par de puissants ressorts,

Du cœur de l’homme a jailli comme l’onde,

Il va roulant sa pourpre vagabonde Par les mille canaux qui sillonnent le corps ;

De toutes parts il anime, il féconde,

Donne aux pieds la vigueur et la splendeur aux yeux.

Et du cerveau, caché sous une voûte ronde,

Fait sortir la pensée en éclairs radieux ;

Puis lorsqu’il sent mourir sa chaleur souveraine.

Et qu’il rentre aux poumons, noir, sans force et malsain,

L’air, le grand air de sa vivante haleine,

Gomme le vieil Eson, le rajeunit soudain :

Et, tout renouvelé par l’élément divin,

Riche de sève et fort de nourriture,

Voilà qu’il redescend dans l’édifice humain,

Avec une substance et plus rouge et plus pure.

Ainsi l’âme se meut au corps de l’univers ;

Ainsi l’âme l’inonde, et, passant au travers.

D’innombrables beautés constellent sa surface ;

Ainsi l’âme envahit et féconde l’espace.

Brille dans l’air en sublimes flambeaux.

Eclate en masse d’or, en fleurs, en animaux.

Et communique à tout la puissance et la grâce ;

Ainsi, l’âme, perdant sa chaleur efficace,

Et sentant décliner la force de son feu,

Remonte d’elle-même Au foyer primitif, à la source suprême,

Et va se retremper au grand souffle de Dieu.

nerfs ou poumon, ooiint oe coxÉ. — Les nerfs du poumon viennent, comme ceux des bronches, du pneumogastrique et du

DE LA RESPIRATION

grand sympathique. L’anastomose de ce dernier avec les nerfs intercostaux explique la douleur névralgique intense ou « point de côté » qui est symptomatique d’une pleurésie ou d’une fluxion de poitrine. Les rapports du pneumogastrique avec le centre respiratoire et Faction réflexe que son irritation produit sur les nerfs expirateurs, rendent compte de la toux qui accompagne toutes les affections pulmonaires.

4° PLÈVRES. PLEURÉSIE. PMEUMO-THORAX. — Gomme

tous les organes appelés par leurs fonctions à exécuter des mouvements fréquents, les poumons sont enveloppés d’une membrane séreuse, transparente, lisse et résistante appelée plèvre (tcXs upa, côté).

La plèvre gauche et la plèvre droite sont, chez l’homme, indépendantes l’une de l’autre ; chez le cheval, au contraire, elles communiquent entre elles sur la ligne médiane. C’est à cette disposition qu’il faut attribuer la gravité des affections pulmonaires chez cet animal, par suite de la facilité avec laquelle se propage l’inflammation d’un poumon à l’autre.

Selon la juste comparaison de Bichat, chaque poumon est renfermé dans sa plèvre à la façon de la tête dans l’ancien bonnet de coton. La

Fig. 370. — Coupe transversale et horizontale du thorax montrant la disposition des plèvres.

1, Cœur. — 2, Artère pulmonaire. — 3, Coupe de l’aorte. — 4, Coupe de la veine cave supérieure. — 5, Coupe de l’œsophage. En arrière de cet organe, on voit la coupe du canal thoracique et de la grande veine azygos. — ô, Bronches. — 7, Corps de la troisième vertèbre dorsale. — 8, 9, Feuillet pariétal de la plèvre. — 10, Péricarde.

plèvre présente, en effet, deux feuillets adossés : le feuillet viscéral (9, fig. 370) qui s’applique sur le poumon, et le feuillet pariétal qui tapisse la paroi interne du thorax. Le glissement de ces feuillets, dans les mouvements du poumon, est facilité par la présence d’un liquide visqueux peu abondant, qui est exhalé par les vaisseaux de la plèvre. A l’état normal, les deux feuillets de la plèvre sont accolés l’un à

l’autre et il n’existe entre eux aucun vide ; mais lorsque, sous l’influence de l’inflammation de cette membrane ou pleurésie, le liquide

Fig. 371. — Pleurésie gauche.

1, Feuillet pariétal de la plèvre. — 2, Feuillet viscéral. — 3, Liquide albumine-fibrineux entourant le poumon. — A, Poumon gauche comprimé. (Fort.)

sécrété augmente sensiblement, il se forme entre ces feuillets un épanchement qui, dans certains cas, peut atteindre cinq ou six litres. De là

Fig. 372. — Opération de la thoracentèse. (D’après M. A. Guérin.)

A et B, Traits ponclaés indiquant les côtes entre lesquelles on fait la ponction. — C, Main qui tient le trocart et le fait glisser entre la côte et la peau, pour le faire pénétrer ensuite dans l’espace intercostal.

vient la compression plus ou moins forte du poumon correspondant (fig. 371), et la dyspnée ou gêne respiratoire qui en est la conséquence. Si Tépanchement est considérable, ou si, placé à gauche, il refoule le

DE LA RESPIRATION

cœur du côté opposé et trouble les fonctions de cet organe, il est nécessaire de pratiquer la thoracentlièse (fig. 372), c’est-à-dire de faire écouler le liquide épanché par une canule introduite dans un espace intercostal.

L’adhérence que le feuillet viscéral contracte avec le poumon explique la fréquence de la propagation de Finflammation de cet organe à la membrane séreuse. C’est ce qui constitue la pleur o-pneumonie . On sait que le roi Victor-Emmanuel a succombé à cette maladie.

Au lieu de liquide, il peut s’épancher de l’air ou du sang à l’intérieur de la plèvre, soit par Fouverture d’une caverne pulmonaire dans la cavité pleurale, soit encore à la suite d’un coup d’épée qui a atteint le poumon. On donne à cette maladie le nom de pneumothorax, si la

Fig. 373. — Hydropneumothorax. (D'après M. Fort.) i, Cavité de la plèvre qui se remplit d’air. — 2, Feuillet pariétal. — 3, Feuillet viscéral. — i. Perforation du poumon, fistule par laquelle passe le courant d’air. — 5, 6, Epanchement, de la partie déclive de la plèvre.

plèvre ne renferme qu’un épanchement gazeux, et celui àf hydro-pneumothorax (fig. 373) si, ce qui est le cas le plus fréquent, il existe en même temps un épanchement liquide.

Dans ces deux cas, la pression atmosphérique s’exeiçant également sur la face externe et à l’intérieur du poumon, cet organe obéit à sa propre élasticité et revient aussitôt sur lui-même dès que la perforation se produit. Telle est l’origine de la dyspnée extrême que provoque le début de cette maladie.

ARTICLE II

DE l’AIR ATMOSPHÉRIQUE.

L’air est, selon la juste expression d’Hippocrate, V aiment de la vie ; et cependant tous les peuples civilisés se voient mesurer l’air et le soleil par l’établissement d’impôts onéreux sur les portes et fenêtres. Cette spéculation des gouvernements sur la santé publique est aussi condamnable que celle des chefs d’institution qui trouvent un avantage pécuniaire à considérer la gymnastique comme un art d’agrément.

Notre globe est enveloppé d’une couche d’air d’environ quatre-vingts lieues de hauteur, qui constitue Y atmosphère terrestre (àqroç, vapeur; açaïpa, sphère). Au delà de cette limite règne un vide absolu, nécessaire au cours régulier des astres. L’air oppose, en effet, une résistance plus ou moins considérable au mouvement des corps ; on le démontre

Fig. 374. — Démonstration de l’existence c’est pour cette raison qu’on Voit éclade deux courants dans une pièce chaude. ^ des yases dos placés devant fc feu,

En même temps l’air chaud devient plus léger et tend à gagner les couches supérieures. Ainsi, la flamme d’une bougie allumée dans l’entrebâillement d’une porte s’incline en dehors si la bougie est dirigée vers le plafond, et en dedans dès qu’on l’approche du plancher (fig. 374). L’inclinaison de la flamme est déterminée dans le premier cas par l’air chaud qui tend à sortir de l’appartement, et dans le second par l’air froid qui pénètre de l’extérieur. C’est par le meme mécanisme

facilement en laissant tomber dans un tube, où l’on faille vide, plusieurs substances de poids spécifique différent, comme le plomb et la plume ; on remarque alors que la chute de ces corps s’effectue avec la même vitesse.

Page 1