AIR RARÉFIÉ. MAL DES MONTAGNES. ASCENSIONS
aérostatiques. — Lorsque la pression atmosphérique diminue, par suite de la raréfaction de l’air, ainsi qu’on l’observe pendant les temps orageux, nos muscles sont obligés de redoubler leurs efforts pour maintenir en contact les surfaces articulaires, et produisent ce sentiment de lassitude qui nous fait dire que « le temps est lourd » alors que le contraire est vrai.
La fatigue et l’essoufflement augmentent avec la raréfaction de l’air. Ces symptômes s’observent surtout quand on s’élève sur les hautes montagnes, et ils constituent les principaux caractères de ce qn’on a appelé le mal dçs montagnes.
On peut cependant s’habituer graduellement à vivre à des altitudes considérables, et l’on cite souvent, comme exemples, les habitants de la ville de Potosie, dans la Bolivie, qui est à une hauteur de plus de 4000 mètres. lien est de même des habitants de Delà qui vivent à 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les phénomènes dont nous venons de parler s’accentuent surtout dans les ascensions en ballon. Quand la pression barométrique descend à 25 millimètres, l’absorption d’oxygène ne se fait plus par les poumons, et la fatigue musculaire augmente au point de déterminer une véritable paralysie du mouvement. C’est ainsi que périrent Crocé-Spinelli et Sivel, le 15 avril 1875, après s’être élevés à 9000 mètres ; ils n’eurent pas la force de saisir les .tubes qui communiquaient aux réservoirs d’oxygène dont ils avaient eu le soin de se munir. On sait que M. Tissandier, qui les accompagnait, en fut quitte pour une syncope.
La plus grande hauteur d’où un aéronaute soit revenu vivant est celle de 10,000 mètres, qui a été atteinte en 1862 dans l’ascension de M. Glaisher. La pression atmosphérique indiquée par le baromètre était presque réduite de moitié et le thermomètre avait marqué 38 degrés au-dessous de zéro.
M. Maisonneuve a employé l’air raréfié dans le traitement des plaies d’amputation pour faciliter l’écoulement du pus et par suite empêcher sa résorption dans l’économie ; ce chirurgien entourait l’extrémité des
membres opérés d’une cloche en verre dans laquelle il faisait le vide à l’aide d’une pompe aspirante.
Les autres applications de l’air raréfié à la thérapeutique n’ont eu aucun succès.
air comprimé. — La pression atmosphérique augmente à mesure que l’homme descend au-dessous du sol, soit dans les cloches à plongeur, soit dans les tubes que l’on emploie pour le fonçage des piles de pont, soit encore dans les puits de mines ; elle devient double par chaque dix mètres de profondeur. Dans ces conditions, l’homme éprouve des symptômes différents de ceux produits par l’air raréfié. En effet, la fatigue musculaire est moindre qu’à la pression ordinaire ; la respiration est plus lente et en même temps plus facile, le pouls est ralenti et plus ample ; l’oxygénation du sang et les combustions organiques augmentent ; aussi le sang veineux, au lieu d’être noir, gardet-il la coloration rutilante qu’il a dans les artères. On a pu faire cette remarque sur les ouvriers du pont de Kehî, quand on pratiquait une saignée du bras à l’un d’eux.
L’air étant plus dense devient meilleur conducteur des vibrations sonores et augmente de la sorte l’intensité de la voix, ainsi que la finesse de l’ouïe.
Les différents effets que l’augmentation de la pression atmosphérique exerce sur l’homme ont fait appliquer le bain d’air comprimé à toutes les maladies où l’on observe une certaine oppression, une insuffisance des combustions organiques, la congestion des voies respiratoires et l’obstruction de la trompe d’Eustache : asthme, emphysème pulmonaire, coqueluche, diabète, goutte, chlorose, surdité catarrhale, etc.