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I. — Actes mécaniques de l’appareil respiratoire

Les mouvements respiratoires peuvent être comparés à ceux qu’exécute un soufflet dont on écarte et rapproche successivement les branches; ils consistent, en effet, dans la dilatation et le resserrement alternatifs du thorax (fig. 376), sous l’influence de certains groupes musculaires (fig. 377, 378, 379).

L’entrée de l’air dans les poumons constitue l 'inspiration, et sa sortie de ces organes l’ expiration. La vie commence par la première et se termine par la seconde. Mourir et expirer sont deux mots synonymes dans toutes les langues, comme vivre et respirer.

1° inspiration. — L’inspiration s’effectue sous l’influence d’une Sensation impérieuse qui provoque le besoin de respirer ; elle résulte de la dilatation de la poitrine. Gcttc dilatation est déterminée d’un

côté par l’élévaiion des côtes (fig. 376), qui entraînent le sternum, et de l’autre par l’abaissement du diaphragme, qui refoule en avant et en bas les viscères abdominaux. En même temps que la poitrine se dilate, l’air pénètre dans les poumons par un mécanisme analogue à celui qui précipite l’eau dans un corps de pompe dont on élève le piston.

Le mouvement d’élévation des côtes est produit presque exclusivement par les contractions du diaphragme (pl. III, E, M). Ce muscle concourt alors à élever et à écarter les côtes et par suite à augmenter

Fig. 376. — Schéma destiné à montrer l'agrandissement de la poitrine pendant l’inspiration. AB, Colonne vertébrale. — CD, C D', Sternum. — C'E, D'F, Position inclinée de deux côtes pendant l’inspiration. — CE, DF, Elévation de ces côtes au moment de l’inspiration. Il est facile de voir sur la figure ci-contre que ce dernier mouvement augmente les diamètres antéropostérieur et vertical de la poitrine, puisque, d’une part, la distance qui sépare CD de AB est supérieure à celle qui sépare C D' de AB, ainsi que le démontre la perpendiculaire D'F' qui est plus courte que DF ; et que, d'autre part, la ligne CD est plus longue que la perpendiculaire C'G qui représente l’écartement d’un espace- intercostal à l’état de repos.

les diamètres transversal et antéro-postérieur du thorax. Nous venons de voir que c’est encore le diaphragme qui, en s’abaissant, agrandit le diamètre vertical de la cavité thoracique.

D’autres muscles, dits inspirateurs (fig. 377), contribuent également à l’agrandissement de la poitrine, mais leur intervention ne se manifeste que dans les inspirations profondes : tels sont les petits pecto • raux (pl. III, A, 6), (c, fig. 378), les scalènes (&, c , fig. 377) et les sterno-cléido-mastoïdiens (pl. III, A, 14) ( a , fig. 377).

types respiratoires, — La dilatation de la poitrine pendant l’inspiration présente, suivant l’àge et. le sexe, des modifications assez importantes pour justifier la division des différents modes respiratoires en trois types principaux. Ces types sont dits abdominal ,

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costo-infêrieur et costo-supérieur, selon que l’agrandissement de la poitrine se traduit par le soulèvement du ventre, le mouvement des côtes inférieures ou celui des côtes supérieures. Le premier type appartient à l’enfance, le deuxième à l’âge adulte et le dernier au sexe féminin.

Le soulèvement de la partie supérieure de la poitrine chez la femme apparaît surtout au théâtre chez une tragédienne ou une cantatrice.

Fig. 377. Fig. 378. Fig. 379.

Lignes représentant les muscles qui élèvent ou abaissent les côtes dans les mouvements profonds de la respiration. (Béclard.)

Fig. 377. — a, a\ Sterno-cléido-mastoïdien. — b , Grand pectoral. — c, Petit pectoral. — df Grand oblique. — e, Petit oblique. — f, .Grand droit de l’abdomen.

Fig. 378. — a, Sterno-masloïdien. — b, Scalène antérieur. — c, Scalcne postérieur. — d. Grand dentelé. — e, Fibres d’un intercostal externe. — f, Fibres d’un interne. — g. Transverse de l’abdomen.

Fig. 379. — a, Cervical descendant. — b. Petit dentelé postérieur et inférieur, — c, Côtes entre lesquelles on a représenté quelques-uns des muscles intercostaux.

Ce mode respiratoire n’est pas, comme on l’a dit, la conséquence de l’usage du corset, mais elle est en rapport avec les fonctions physiologiques propres au sexe féminin. C’est encore cette particularité qui rend la présence d’une tumeur ou d’un épanchement dans la cavité abdominale moins douloureuse chez la femme que chez l’homme.

On peut, par la volonté ou par l’habitude, modifier son propre type

respiratoire. Ainsi les chanteurs s’efforcent d’acquérir le type abdominal, parce que c’est celui qui donne à la capacité thoracique la plus grande amplitude.

2° espiratiom. — L’inspiration ne peut se produire sans l’exercice d’un certain nombre d’agents musculaires ; elle est donc essentiellement active. L’expiration, au contraire, n’est qu’un simple phénomène passif, qui résulte du retour des côtes, du diaphragme et des poumons, à leur situation normale. C’est en vertu de leur élasticité que les poumons reviennent sur eux-mêmes et chassent au dehors l’air qui s’y était introduit pendant l’inspiration. Pour les expirations forcées, on doit cependant faire intervenir l’action de certains muscles dits expirateurs 3 qui rétrécissent la capacité du thorax et compriment indirectement les poumons, afin d’en extraire la plus grande quantité d’air possible. Les plus importants de ces muscles sont : les intercostaux (pl. III, B, 4) ( e , f, fig. 378), d’après Longet ; le triangulaire du sternum (1, B, verso) 9 dont la fatigue produit la douleur sternale que l’on ressent à la suite d’une longue course ; le grand et le petit obliques de l’abdomen (2, A recto et 9, A verso (d, e, fig. 377) ; le grand pectoral (pl. III, A, 1) (b, fig. 377), qui a pu déterminer une fracture de la clavicule pendant un violent éternument chez un individu qui se coiffait.

FORCE MUSCUEAIItE OE LA POETRIAE. PA E€.ltO-ïï¥.\ A<

momètres. — On a recours à divers instruments, appelés pneumo dynamomètres > pour estimer la force des muscles expirateurs et par suite celle de la poitrine. Il suffit de souffler dans un tube (A, fig. 381),

pour chasser plus ou moins loin un ressort, mis en rapport avec une aiguille, qui marque le degré de force du souffle sur un cadran gradué par grammes.

On comprend tout le parti que l’on peut tirer de cet instrument dans les affections pulmonaires.

FRÉQL'EACE EX RHYTHME DES MOUVEMENTS RESPIRA- TOIRES — Diverses circonstances influent sur la fréquence des

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mouvements respiratoires, l’âge par exemple : ainsi le nouveau-né respire 44 fois par minute, tandis que l’adulte ne respire que i8 fois dans le même temps.

L’exercice musculaire, les émotions morales et les affections pulmonaires accélèrent la respiration ; le sommeil, au contraire, la ralentit ; la syncope et l’asphyxie la suspendent.

En vertu du principe établi par Cabanis : « les facultés des organes s’accroissent par l’exercice, » il est possible, avec l’habitude, de prolonger la durée des mouvements respiratoires; ainsi que le prouve l’exemple des plongeurs, des chanteurs et des joueurs d’instruments à vent.

Quelles que soient les modifications que subisse la fréquence des mouvements respiratoires, leur rhythme est à peu près invariable : l’expiration, étant un phénomène passif, s’effectue toujours avec plus de lenteur que l’inspiration. Cette disposition est favorable à l’acte de la parole qui, nous l’avons dit, ne peut s’effectuer que dans le second temps de la respiration.

DE LA CAPACITÉ RESPIRATOIRE. PAÉOMÈTRES. — En

insufflant les poumons laissés dans la poitrine d’un cadavre, il est possible d’emmagasiner dans ces organes de trois à quatre litres d’air. Or, en se servant d’appareils nommés pnéomètres ou spiromètres (fig. 381,

Fig. 381 — Spiromètre Boudin se composant d’un sac en caoutchouc et d’une échelle graduée.

Fig. 382. — Même spiromètre dont le sac de caoutchouc est rempli d’air expiré.

383, 384), on trouve, chez un adulte, que la quantité d’air introduite et expulsée par les poumons, à chaque mouvement respiratoire, représente un volume environ sept fois moindre qué celui de la capacité totale de ces organes. En effet, l’air qui pénètre dans la poitrine à chaque inspiration n’est que d’un demi-litre environ.

On remarque en outre que la quantité d’air expiré est sensiblement égale à celle de l’air inspiré.

Les poumons ne fonctionnent pas avec la même énergie dans toutes leurs parties. Leur sommet respire plus amplement que leur base,

et la dilatation complète de celle-ci n’a lieu que dans les respirations forcées. C’est sans doute à cette activité fonctionnelle du sommet des poumons qu’il faut attribuer la fréquence de la phthisie dans cette région.

Les modifications de la capacité respiratoire sont subordonnées à l’àge, au sexe et à la nature des affections pulmonaires.

Les pnéomètres peuvent donner d’utiles indications sur la marche et le pronostic des maladies de l’appareil respiratoire. Ainsi, d’après

E, T. Tube communiquant avec le soufflet récipient en caoutchouc. — R. Robinet qui met en communication le tube T avec le manomètre M. — P, P. Poids et contre-poids renfermant de la grenaille de plomb.

Hutchinson, un abaissement de 16 pour 100 doit faire craindre la phthisie. Lorsque cette maladie est confirmée, la diminution est d’environ 33 pour 100 et, dans sa dernière période, elle peut atteindre jusqu’à 90 pour 100.

bruits de la respiration, auscultatiom. — En appliquant l’oreille sur la poitrine, on entend aux deux temps de la respiration un bruit doux et moelleux, qui est déterminé par le frottement de l’air sur les parois des bronches et par le déplissement des vésicules pul-

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monaires. Ce bruit normal a reçu le nom de murmure vésiculaire , et l’acte par lequel on apprécie sa nature constitue Y auscultation (de auscultare, écouter). Le murmure vésiculaire est plus rude pendant l’inspiration, en raison de l’activité de ce temps respiratoire. Il s’entend mieux dans les inspirations lentes que dans les inspirations forcées ;

Fig. 384. — Spiromètre Dupoat.

A, B. Vases munis de deux tubulures TA, TA'; TB, TB'. Celte dernière tubulure communique avec l’extérieur. — S, S'. Siphon. — R. Robinet qui permet d’ouvrir ou d’interrompre la communication entre l’appareil et le malade.

aussi le médecin qui ausculte recommande-t-il toujours au malade de respirer doucement, et de plus il fait maintenir la bouche ouverte pour éviter la production des bruits nasaux.

Le murmure vésiculaire subit des modifications importantes suivant l’âge. Chez l’enfant, ce bruit présente une intensité plus grande que chez l’adulte, et pour caractériser une respiration pathologique forte et exagérée, on a coutume de dire que c’est une respiration puérile.

Dans les affections thoraciques, le murmure vésiculaire peut être augmenté, diminué, ou bien cesser complètement. Il disparaît, dès

qu’un obstacle s’oppose à la pénétration de l’air dans les ramifications bronchiques (croup, anévrysmes de l’aorte, pneumothorax) ; il s’affaiblit, lorsque le poumon est refoulé par un épanchement (pleurésie), ou bien lorsqu’il a perdu son ressort (emphysème), ou encore dans les troubles fonctionnels des muscles respirateurs (asthme, névralgie intercostale, tétanos) ; enfin il est plus intense, dans les indurations inflammatoires ou organiques du poumon (pneumonie, tuberculisation, cancer), parce que le tissu pulmonaire, augmentant de densité, devient meilleur conducteur du son et exagère le murmure vésiculaire, qui prend alors le caractère d’un souffle. Ce souffle est dit bronchique , tubaire , amphorique ou caverneux , selon les différents timbres qu’il présente à l’oreille.

Indépendamment des souffles pulmonaires, on entend encore, dans certains états morbides, des bruits anormaux qui se mêlent au murmure respiratoire, l’obscurcissent ou le remplacent complètement. Tels sont les frottement pleurétiques , le tintement métallique , les craquements et les râles. Ces derniers ont été divisés, selon leur nature, en crépitants (pneumonie), muqueux , sibilants , ronflants (bronchite), caverneux (tuberculose). C’est à Laennec que revient l’honneur d’avoir su tirer de l’auscultation des indications utiles au diagnostic des maladies du poumon et du cœur. C’est encore lui qui a donné le nom de stéthoscope (axSjÔôç, poitrine; ct/.otusü), je considère) (fig. 187), à l’instrument dont se servent les médecins pour explorer la poitrine.

DES DIFFÉRENTS ACTES PHYSIOLOGIQUES PLACÉS SOUS LA DÉPENDANCE DES AGENTS MÉCANIQUES DE LA RESPI- RATION. — La plupart de ces actes rentrent dans le domaine des actions réflexes, c’est-à-dire qu’ils s’exécutent en dehors de la volonté.

Les plus importants de ces acies sont : le phénomène de Yeffort que nous avons déjà étudié, le soupir , le bâillement , le hoquet , Yéternu ment , le sanglot et le rire.

!<> soupir. — Le soupir est produit par une inspiration lente, quelquefois saccadée, suivie d’une expiration rapide. Il est indistinctement provoqué par les affections morales tristes et gaies ; de là ces proverbes qui paraissent se contredire et qui s’appliquent au même acte physiologique : Cœur qui soupire , n'a pas ce qu’il désire et Cœur content , soupire souvent .

2° bâillement. — Le bâillement se manifeste par un abaissement de la mâchoire inférieure, accompagné d’une inspiration profonde à laquelle succède une expiration plus ou moins bruyante.

L’ennui, l’envie de dormir, la faim, les digestions laborieuses et la fatigue sont les principales causes du bâillement.

Cet acte est, on le sait, très-contagieux, ainsi que l’indique cet autre proverbe : Un bon bâilleur en fait bâiller deux .

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3° hoquet. — Le hoquet résulte d’une contraction brusque et saccadée du diaphragme, qui s’accompagne d’un bruit particulier déterminé par le passage de l’air à travers la glotte. Ce bruit est parfois si intense, qu’il a été pris pour une sorte d’aboiement ou de lycantropie (Xuxôç, loup ; àvôpüixoç, homme) et regardé comme le résultat de quelques maléfices.

Le hoquet est fréquent chez les tempéraments nerveux, chez les enfants qui mangent outre mesure ou trop vite, et chez les personnes qui boivent peu en mangeant. On l’observe souvent vers la fin de certaines maladies, et c’est alors un signe de fâcheux augure. Parfois il a une durée de plusieurs années sans altérer autrement la santé.

Une forte constriction de la base de la poitrine, un éternument provoqué, ou l’action de boire lentement sans respirer, sont les moyens les plus efficaces de se débarrasser d’un hoquet, même chronique.

4° étermumext. — L’éternument est précédé d’une sensation particulière de la muqueuse nasale, à laquelle succède une inspiration profonde, immédiatement suivie d’une expiration brusque qui entraîne au dehors toutes les mucosités contenues dans les voies respiratoires. Aussi a-t-on conseillé l’usage des sternutatoires dans les affections catarrhales des bronches. Cette pratique est plus rationnelle que l’emploi si répandu des vomitifs qui ne dégagent que l’estomac.

L’habitude de saluer ceux qui éternuent se perd dans la nuit des temps ; elle est commune à tous les peuples ; elle repose vraisemblablement sur ce vieux préjugé qui fait des fosses nasales une dépendance du cerveau, et l’on sait que les anciens poussaient leur respect pour cet organe jusqu’à ne jamais manger de cervelle de quelque animal que ce fût. « On vous salue quand vous éternuez pour vous marquer, dit Aristote, qu’on honore votre cerveau, le siège du bon sens et de l’esprit. » De même Montaigne disait : « Nous faisons cet honneste accueil à cette espèce de vent, parce qu’il vient de la teste et qu’il est sans blasme. »

Les anciens, raconte Paul Sargy, au milieu de tant de superstitions dont ils étaient infestés, croyaient que lorsqu’on éternuait à la droite de quelqu’un, c’était un signe de bonheur pour cette personne, et quand on éternuait à sa gauche, un signe de malheur. Plutarque nous apprend qu’avant la bataille de Salamine, Thémistocle faisant un sacrifice sur ses vaisseaux, quelqu’un éternua à sa droite, et qu’aussitôt le devin Euphratides prédit sur ce signe la victoire des Grecs.

Un éternument survenant dans le cours d’une maladie grave est communément regardé comme un heureux présage, parce qu’il semble indiquer que le cerveau se dégage et sort de sa torpeur. C’est toujours sur la même erreur que repose l’usage fréquent des sternutatoires pour dissiper les maux de tête et réveiller l’action cérébrale.

Il parait qu’on peut empêcher Péternument en se pinçant le creux de la main au premier avertissement. C’est un moyen très-employé chez les acteurs pour ne pas éternuer en scène.

5° toux. — La toux est, comme Péternument, le résultat d’une grande inspiration suivie d’une expiration brusque et bruyante, qui entraîne les mucosités des voies aériennes et facilite l’expectoration, j Le bruit qui l’accompagne résulte du passage de Pair expiré à travers ' la glotte. Toute irritation, soit inflammatoire, soit mécanique de la muqueuse du tube respiratoire, réagit aussitôt, par les filets du pneumogastrique, sur le bulbe ou centre respiratoire, qui excite, à son tour, les nerfs des muscles expirateurs et provoque la toux.

C’est l’anastomose du pneumogastrique avec le nerf facial, qui permet d’arrêter la toux en exerçant une forte compression sur la lèvre supérieure.

Bien que la toux soit un acte de nature essentiellement réflexe, la volonté peut cependant exercer sur elle une certaine influence. Ainsi M. Brown-Séquard a rapporté l’histoire d’un infirmier qui menaçait de îa diète le premier malade qui tousserait, et il obtenait généralement un silence complet après cet avertissement.

Lorsque la toux se répète à des intervalles très-r approchés, le tissu pulmonaire subit une compression plus ou moins prolongée qui gêne le passage du sang et le fait refluer dans le cœur et jusque dans les vaisseaux qui s’y rendent : de là viennent la bouffissure et la teinte bleuâtre de la face pendant les quintes de coqueluche (1) et les accès d’asthme ; de là aussi la fréquence des hémorrhagies oculaires et nasales dans ces maladies.

6° samglot. — Le sanglot est le signe d’une émotion triste ; il est produit par un mouvement alternatif d’inspiration et d’expiration assez rapproché.

7° mure. — Le rire est, au contraire, l’expression de la joie. Il peut être provoqué par le chatouillement et, comme nous l’avons déjà dit, par les inhalations du gaz hilariant ou protoxyde d’azote.

Le rire se produit parfois sous l’influence de la tristesse ; ainsi, raconte Marchai de Galvi, « Anne de Boleyn étant sur l’échafaud demande à l’exécuteur s’il savait bien son métier ; puis elle dit : Ce qui me console , c'est que le bourreau est très-adroit ; d'ailleurs fai le cou fort petit. Aussitôt elle y porta la main et s’abandonna à de grands éclats de rire. »

On peut encore observer une forme de rire inconscient, dit sardonique, dans toutes les maladies qui attaquent le diaphragme. « Madame de Genlis, dit le même auteur que nous venons de citer, raconte qu’un

(1) C’est pourquoi les Allemands appellent la coqueluche: la maladie bleue.

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gentilhomme qui se mourait d’une fluxion de poitrine présentait ce phénomène. Il riait à voix basse et sans interruption. Tronchin était auprès du malade, qui était son ami. Madame de Genlis, lui ayant demandé s’il espérait le sauver : Hélas ! non , répondit Tronchin, mais je n'ai jamais vu un tel rire et je suis bien aise de l'observer . Le je suis bien aise de Tronchin terrifia Madame de Genlis, qui frémissait encore en le citant. »

Le rire consiste dan? une contraction spasmodique du diaphragme, qui produit une expiration saccadée et bruyante accompagnée de la contraction de certains muscles de la face. Lorsque cette contraction musculaire est exagérée, les muscles orbiculaires excitent directement les glandes lacrymales (pl. II, G, 4), dont la sécrétion se trouve momentanément augmentée : de là vient la locution « rire aux larmes » .

Comme le bâillement, le rire est contagieux ; il est souvent irrésistible et inextinguible ; il constitue alors le fou rire.

Dans le rire immodéré, le tiraillement des attaches du diaphragme à la base du thorax produit une douleur plus ou moins aiguë, qui « fait tenir les côtes » . Parfois le spasme de ce muscle peut se prolonger au point de suspendre la respiration et de déterminer la mort : l’expression « mourir de rire » devient alors une réalité. Il paraît que le philosophe Chrysippe succomba à un accès de rire semblable, en voyant un sipge manger des figues. Reydellet a cité le cas d’une religieuse qui, prise d’un fou rire au réfectoire, mourut en peu de minutes.

C’est aussi la contraction spasmodique du diaphragme, qui fait pâmer les enfants dans un accès de colère, et qui détermine la suspension si pénible de la respiration à la suite d’une chute ou d’un coup violent sur le ventre.

Le rire est naturel à l’enfance et Sénèque a pu dire que « l’enfant qui ne rit pas à ses parents doit être chassé de la table des dieux » .

Malheur à ceux qui rient , dit au contraire Bossuet, qui, à l’exemple de saint Basile, condamne le rire chez les chrétiens. « Ce qui ne m’empêche pas de penser, dit Reydellet, qu’il est très-possible de faiie son petit salut tout en riant dans l’occasion » .

Nous croyons aussi, avec P.-L. Courier, « qu’il n’y a de bonnes gens que ceux qui rient ».

IL — Actes chimiques de la respiration.

L’analyse chimique démontre qu’à son entrée dans les poumons par Y artère pulmonaire, le sang renferme une forte proportion d’eau et

d’acide carbonique, auxquels il doit sa fluidité et sa coloration noirâtre, tandis qu’à sa sortie par les veines pulmonaires (fig. 397), il contient une grande quantité d’oxygène qui lui donne sa coloration rouge et le rend propre à l’entretien de la vie. A son passage dans l’appareil respiratoire, le sang s’est donc débarrassé de la vapeur d’eau et de l’acide carbonique qu’il contenait, et il les a remplacés par de l’oxygène.

Or, en analysant l’air qui sort des poumons au moment de l’expiration, on observe que précisément il est moins riche en oxygène, mais plus chargé de vapeur d’eau et diacide carbonique. On remarque, en outre, que la quantité d’oxygène disparue est justement égale à celle que renferment les deux autres produits. Il est alors évident que c’est sous l’influence de la respiration, et par suite des échanges gazeux de l’air et du sang, que s’accomplit le phénomène de Yhêmatose, c’est-àdire la transformation du sang noir en sang rouge. Ces échanges s’opèrent dans le réseau vasculaire qui tapisse les vésicules pulmonaires et dont nous avons évalué la surface à environ 150 mètres carrés.

Bacon avait donc raison de définir le poumon « un organe digérant l’air » .

En résumé, les phénomènes chimiques de la respiration peuvent être compris dans cette formule : absorption d’oxygène et exhalation d’acide carbonique ; formule inverse de celle qui régit la respiration des parties vertes des plantes, c’est-à-dire absorption d’acide carbonique et exhalation d’oxygène. Il existe, comme on le voit, un antagonisme salutaire entre le règne animal et le règne végétal ; l’homme fournit à la plante l’acide carbonique qui lui est indispensable, et celle-ci lui donne en échange l’oxygène qui est son principe vivifiant. Cet échange ne s’effectue que sous l’influence de la lumière ; à l’obscurité, au contraire, toutes les parties vertes des plantes exhalent de l’acide carbonique et absorbent de l’oxygène. C’est ce qui explique pourquoi les plantes d’appartement, inoffensives dans le jour, sont nuisibles à la santé pendant la nuit.

De ce qui précède, il ressort que les actes chimiques de la respiration comprennent : 1° les modifications éprouvées par l’air introduit dans les poumons ; 2° celles que subit le sang qui traverse ces organes.

1° MODii icmov de l’air expiré. — Le tableau suivant donne la composition exacte en volume de l’air inspiré et expiré :

On voit qu’à chaque inspiration, l’homme et les animaux dépouillent l’air d’une partie de son oxygène et le remplacent par une certaine

Oxygène

Azote

Acide carbonique

Vapeur d’eau

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