‹ Le corps humainChapitre 133 sur 144 · ACTION S>E UAL TOUOXTJÉ SUR LES MOUVEMENTS OU · texte numérisé non relu

ACTION S>E UAL TOUOXTJÉ SUR LES MOUVEMENTS OU

coeur. — Bien que les fibres du cœur appartiennent au système musculaire de la vie de relation, leurs contractions échappent à l’empire de la volonté ; et, si certaines personnes peuvent arrêter les battements de leur cœur, ce n’est qu’indirectement, en combinant la corn-

DE LA CIRCULATION

pression des parois thoraciques avec la suspension de la fonction respiratoire. C’est par ce moyen que le colonel anglais Thownsend, au dire de Cheyne, suspendait à volonté les mouvements de son cœur ; mais un jour il prolongea trop cette expérience et ne put être rappelé à la vie. La mort des philosophes Diogène et Zénon peut être attribuée à la même cause. Bayle avait aussi la propriété d’arrêter son cœur, et Morgagni cite un médecin de Bologne qui rendait, à volonté, son pouls irrégulier. Vidocq, dans ses Mémoires , rapporte qu’un prisonnier simulait avec tant d’habileté les apparences de la mort, que lorsqu’il mourut on crut encore à une feinte, et on ne lui retira ses chaînes que deux jours après. Cardan parle aussi d’un prêtre qui restait à volonté étendu comme mort et sans souffle ; « il ne sentait ni ceux qui le pinçaient ni même ceux qui le chatouillaient, et il se laissait brûler sans paraître éprouver la moindre douleur. »

go MEMBRANES OU CŒUR. PÉRICARDE ET EMDOCâRDE.

Le cœur est renfermé dans un sac fibreux (fig. 8), présentant, comme cet organe, la forme d’un cône, mais avec une direction inverse. Ainsi, la base de ce sac se fixe au diaphragme et correspond à la pointe du cœur, tandis que son sommet se confond avec les gros vaisseaux qui partent des ventricules. La cavité du sac fibreux est donc plus considérable que le volume du cœur, et cette disposition, qui favorise les mouvements de cet organe, a ses inconvénients : il peut être facilement refoulé à droite, comme on l’observe dans les épanchements considérables de la plèvre gauche. C’est, nous l’avons dit, le danger principal de la pleurésie qui siège de ce côté.

Par sa surface extérieure, le sac fibreux est directement en contact avec les plèvres (10, fig. 370), et ce rapport explique la facilité avec laquelle l’inflammation peut se propager d’une membrane à l’autre.

La paroi interne du sac fibreux est tapissée d’une membrane séreuse, le péricarde (icep(, autour; mpS(<x, cœur), qui se réfléchit sur le cœur et l’enveloppe dans toute son étendue. Cette membrane agit à la façon de la plèvre sur les poumons et favorise, par le poli de sa surface et la sécrétion d’un liquide visqueux, les mouvements du cœur. Il existe entre les deux feuillets du péricarde, comme nous l’avons vu pour ceux de la plèvre, une cavité qui est virtuelle à l’état normal et se remplit de sérosité dans le cas d’inflammation du péricarde ( péricardite) ou d’hydropisie de cette membrane ( hydropéricarde ). C’est ce que l’on appelle communément « une poche d’eau au cœur » .

La péricardite s’observe souvent dans le cours des affections rhumatismales, et sa fréquence est telle, que, d’après Bouillaud, le rhumatisme articulaire aigu généralisé se compliquerait de péricardite une fois sur deux.

Le péricarde reçoit peu de filets nerveux, aussi est-il presque insen-

sible aux agents mécaniques. C’est pour la même raison que la péricardite ne cause le plus souvent aucune souffrance. Dans certains cas, cependant, on éprouve des douleurs atroces; citons l’exemple de Mirabeau.

L’intérieur du cœur est tapissé par une membrane séreuse, Y endocarde (evâov, en dedans; capota, cœur). L’inflammation de cette membrane, ou endocardite , coïncide souvent avec la péricardite , et s’observe, comme elle, surtout dans le rhumatisme. Quand l'inflammation envahit la partie de l’endocarde correspondant aux valvulves du cœur, il se forme à leur niveau des dépôts plastiques qui peuvent subir à la longue la transformation calcaire et produire le rétrécissement des orifices correspondants, ou bien des adhérences contrariant le jeu régulier des valvuves. De là les rétrécissements et les insuffisances valvulaires, qui constituent les affections organiques du cœur.

Page 1