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IV. — Des veines

co\fohma.tiosi des veuves. — Les veines sont destinées à ramener au cœur le sang que les artères ont porté dans toutes les parties du corps. Leur nombre est plus grand que celui des artères, car, à quelques exceptions près, chaque artère est accompagnée de deux veines ; de plus, il existe sur toute la surface du corps un réseau veineux qui est indépendant du système artériel. Le calibre des veines est aussi plus considérable que celui des artères. Pour toutes ces raisons, la capacité du système veineux est de beaucoup supérieure à celle du système artériel, et, comme nous le verrons bientôt, c’est la principale cause qui ralentit le cours du sang dans les veines. Ainsi le jet de sang qui s’écoule d’une veine ne s’élève pas ordinairement à plus de 20 centimètres, tandis que celui des artères peut monter jusqu’à 2 mètres.

Les veines superficielles communiquent par de nombreuses anastomoses avec les veines profondes, et cette disposition permet au sang de s’écouler librement par les premières, lorsqu’un obstacle, comme la contraction musculaire, s’oppose au cours du fluide nourricier dans les dernières. C’est pour cette raison que les veines superficielles sont si apparentes sur les bras des manouvriers et sur le corps du cheval. De même, pendant un travail prolongé, lorsqu’on pratique la saignée du bras, on active la circulation veineuse superficielle, en faisant pétrir un objet quelconque par la main correspondante. Le lien que

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A, Cœur. — B, Artère pulmonaire. — C. Crosse de l’aorte. — D, Artère sous-clavière. — E, Artère carotide. — F, A. faciale. — G, A. vertébrale. H, A. brachiale. — I, A. cubitale.

— J, A. radiale. — K, Aorte thoracique. — L, Aorte abdominale. — M, A. cœliaque. — N A. rénale. — 0. Artères intercostales. — P, A. iliaque. — Q, A. crurale. — R, A. poplitée.

— S, A. tibiale. — T, A. péronière. — U, Veine saphène interne. — V, Veine cave inférieure. — X, Sinus cérébraux. — Y, Veine cave supérieure. — Z, Oreillette droite.

l’on applique dans cette opération au-dessus du pli du coude (fig. 421) a aussi pour but de comprimer les veines profondes du membre et par suite de faire affluer le sang dans les veines sous-cutanées.

Les veines sont pourvues de valvules semblables à celles que nous avons signalées vers l’origine de l’aorte et de l’artère pulmonaire. Elles sont disposées par paires (fig. 416), et leur concavité est toujours tournée du côté du cœur, de sorte qu’elles laissent passer librement le sang qui se dirige vers le centre circulatoire, tandis qu’elles l’empêchent de refluer dans les extrémités.

Ces valvules font à peu près défaut dans les veines qui ne sont pas exposées à la compression, telles que les veines des cavités splanchniques, c’est-à-dire le crâne, le thorax et l’abdomen. Mais elles sont abondantes dans les veines profondes des membres, ou elles ont à résister aux contractions musculaires qui, en exerçant des pressions répétées sur les parois veineuses, tendent à faire rétrograder le sang dans les capillaires.

L ig. 41b. — Veine ouverte. 1

A, Extrémité supérieure de la STRUCTURE RES VEUVES. VARICES

veine — B. Extrémité infé- wV r . -,

Heure. - c. Tronc veineux. ET phlebite. — Les veines comme les ar-

— D, ouverture de ce tronc, tères sont formées de trois tuniques. La tunique interne , à l’exception des replis valvulaires qu’elle présente, se comporte comme celle des artères. Les tuniques moyenne et externe diffèrent de celles des artères par leur structure et leurs propriétés, surtout par une grande abondance de tissu celluleux et par une faible proportion d’éléments élastiques et musculaires. Cette composition rend compte du défaut d’élasticité des parois veineuses et de la facilité avec laquelle, dans les régions déclives, elles se laissent distendre par le poids de la colonne sanguine. Elles forment alors des dilatations permanentes appelées varices (fig. 417).

Les personnes qui font usage de jarretières trop serrées ou celles qui restent longtemps debout, comme les blanchisseuses, sont souvent atteintes de cette affection. On peut prévenir les varices ou arrêter leur développement en faisant usage de bas élastiques (fig. 418), qui exercent sur les parois veineuses relâchées une compression uniforme et continue.

La faible élasticité des veines explique encore pourquoi, dans la section de ces vaisseaux, leurs parois, au lieu de rester écartées comme celles des artères ouvertes, s’affaissent généralement l’une contre l’autre et ne déterminent qu’une légère hémorrhagie. Ainsi Sénèque, qui s’ouvrit les veines, sur l’ordre de Néron, fut obligé de se

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faire étouffer dans un bain chaud, parce que son sang coulait trop lentement. Quant à Pauline, sa femme, qui s’était aussi fait ouvrir les veines, elle ne put succomber à l’hémorrhagie. Et si la mort du sultan Abd-ul-Aziz fut si rapide, c’est que ses ciseaux ouvrirent, avec les veines du pli du coude, l’artère humérale (fig. 420), située immédiatement au-dessous.

Les tuniques veineuses se distinguent encore des tuniques artérielles

par la grande quantité de vaisseaux qu’elles reçoivent ; aussi sont-elles souvent le siège de l’inflammation ou phlébite veine).

veines principales ou corps. — Aux artères pulmonaires et à l’aorte correspondent les veines pulmonaires et les veines caves. Les veines pulmonaires rapportent au cœur le sang des poumons ; elles naissent des capillaires qui tapissent la cavité des vésicules pulmonaires et se rendent à l’oreillette gauche par quatre troncs. Chaque poumon fournit deux veines pulmonaires qui renferment, par une exception unique dans l’appareil vasculaire, du sang rouge. Les veines caves doivent leur nom au calibre considérable de leur cavité ; elles sont destinées à rapporter le sang de tout le corps à l’oreillette droite. On les distingue en supérieure et en inférieure .

1° veïihe cave supérieure. — Ce vaisseau reçoit le sang de la tête et du cou par les veines jugulaires (fig. 419) ; celui des membres supérieurs, par les veines sous-clavières ; et enfin celui des parois de la poitrine, par la grande veine azygos.

Les veines jugulaires (de jugulum , gorge) se divisent en interne et en externe . La première accompagne l’artère carotide (fig. 410), et

1, Branche de la veine temporale superficielle. — 2, Veine occipitale. — 3, Veine auriculaire postérieure. — 4, Veine jugulaire externe. — 5, Veine préparate. — 6, Veine faciale. — 7, Veine sous-mentale. — 8, Veine linguale. — 9, Veine thyroïdienne supérieure. — 10, Veine jugulaire interne.

l’autre, plus superficielle, rampe sous la peau (fig. 419). C’est la jugulaire externe que l’on voit se gonfler au cou pendant un effort ou un accès de colère. Sa situation superficielle l’avait fait choisir autrefois pour la saignée. Aujourd’hui on ne saigne plus que les chevaux à la jugulaire.

La veine sous-clavière reçoit les veines profondes et superficielles du membre supérieur. Parmi ces dernières, nous signalerons la

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médiane basilique , qui occupe le côté interne du pli du coude, et la médiane céphalique, le côté externe. On ouvre habituellement l’une de ces veines dans la saignée du bras ; mais on choisit de préférence la médiane céphalique (fig, 421), parce qu’elle n’est pas en rapport.

Fig. 420. — Veines du pli du coude.

1, Veine radiale. — 2, Veine médiane commune. — 3, Veines cubitales postérieures. — 4, Veines cubitales antérieures. — 5, Veine communicante qui unit le réseau profond avec le réseau superficiel. — 6, Veine médiane céphalique. — 7, Veine médiane basilique. — 8, Veine superficielle basilique. — 9, Veine basilique. — 10, Veine céphalique. — 11, Nerf musculocutané. — 12, Nerf brachial cutané interne. — 13, Tendon du biceps.

comme la médiane basilique, avec l’artère humérale dont la blessure produirait un anévrysme dit artérioso-veineux (fig. 389), accident qui est arrivé à Malgaine lui-même. Benserade, paraît-il, mourut d’hémorrhagie à la suite d’une saignée où l’artère humérale fut blessée : son médecin perdit la tête et l’abandonna. Le roi Louis-Philippe, en saignant un jour un de ses piqueurs atteint de congestion pen-

dant un voyage., ne se doutait pas du danger qu’il lui faisait courir. La médiane basilique recouvre aussi le nerf médian qui côtoie le

Fig. 421. — Saignée de la veine médiane céphalique (4) du bras gauche. — • 3, Constriction exercée par un lien au-dessus du pli du coude. (Figure tirée de la Pathologie externe de M. Fort.)

bord interne de l’arlère humérale; on est donc facilement exposé à

Fig. 422» Anévrysme arienoso-veineux du pli du coude. — 1, Àrtèie humérale. — 2, Ve! e médiane basilique croisant l’artère et ayant été saignée. — 3, Sac anévrysmal communiquant avec l’artère et la veine. — 4, Dilatation variqueuse de la veine dans le point qui correspond à sa communication avec l’artère.

blesser ce nerf, comme cela est arrivé à Portai dans une saignée malheureuse qu’il fit à Charles IX. On sait qu’à la suite de cet accident, ce

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prince conserva pendant plusieurs mois l’avant-bras fléchi sur le bras et qu’il fut guéri par Ambroise Paré . Cette circonstance n’a pas été étrangère au salut du célèbre chirurgien huguenot, le jour de la Saint-Barthélemy.

La veine sous-clavière se réunit à la veine jugulaire interne du côté correspondant, pour former le tronc veineux brachio-céphalique qui déverse dans la veine cave supérieure le sang de la tête et des membres supérieurs. Il y a donc deux troncs veineux brachio-céphaliques, un droit et un gauche, tandis qu’il n’existe qu’un seul tronc artériel du même nom.

La GRANDE VEINE AZYGOS (a primitif ; Çuyéç, pair) établit une communication directe entre les veines caves supérieure et inférieure. Elle longe le côté droit de la colonne vertébrale (pl. III, P, 10) et se jette dans la veine cave supérieure après avoir contourné la bronche droite (fig. 425).

Vers le milieu de son trajet, elle reçoit la petite zygos qui est formée par quelques veines intercostales provenant du côté gauche.

2° veime cave inférieure. Cette veine i-'A est alimentée par le sang des membres inférieurs et de l’abdomen. Les plus importantes des branches qu’elle reçoit sont les veines iliaques primitives , les veines rénales et les sushépatiques. Ces dernières établissent une communication directe entre laveine cave inférieure et le système de la veine porte.

Fig. 423. — Veine saphène in- La veine porte (fig. 344) a été comparée à terne (d apres m. Fort. un arbre dont les racines s’étendent à la plu-

1, Tronc de la saphene recevant . . r

dans son trajet ascendant de part des viscères abdominaux et dont les ra-

îr„cTL“rphS!:ScuTSsl’ meaux s’épanouissent dans le foie. A leurs ter- — 3, Artère et veine fémo- minaisons, ces rameaux donnent naissance aux trer l’embouchure de la sa- veines SUS-kepatiqueS (pl. III, L, 5), qui tra-

phène interne. — 4, Veine versent le foie et se jettent dans la veine cave circonflexe iliaque. — 5, . c, .

Veine sous-cutanée abdomi- intérieure.

nale- L’hydropisie du ventre ou ascite (àcrxoç,

outre) résulte généralement d’un obstacle apporté à la circulation de la veine porte, soit par une tumeur abdominale qui comprime le tronc de ce vaisseau, soit par une maladie du foie, comme la cirrhose, qui

détermine l’atrophie de ses rameaux. Nous avons déjà signalé, à l’étude du foie, l’influence des abus alcooliques sur le développement de cette dernière maladie.

La veine porte est dépourvue de valvules ; aussi le sang qu’elle renferme tend-il à demeurer dans les parties déclives, c’est-à-dire dans les veines du rectum, et à produire des varices de ces vaisseaux ou hémorrhoïdes chez les personnes qui sont condamnées à une vie sédentaire. Le rapport que la veine porte établit entre la circulation i veineuse du rectum et celle du foie (fig. 344) justifie l’application des ' sangsues à l’anus dans les affections congestives de la glande hépatique.

Les veines rénales sont très- volumineuses ; elles apportent à la veine cave inférieure le sang dépouillé des éléments de l’urine. Aussi est-il plus pur et plus rouge que celui des artères rénales.

Les veines iliaques primitives, gauche et droite, en se réunissant au niveau de la quatrième vertèbre lombaire, forment l’origine de la veine cave inférieure. Elles reçoivent le sang des veines du bassin et celui des veines profondes et superficielles ou saphènes (saçVjç, manifeste) des membres inférieurs. On distingue une saphène interne et une saphène externe; la première s’étend du pied au jarret, ou elle se jette dans la veine poplitée ; l’autre part du même point et se dirige vers le pli de l’aine pour se terminer dans la veine fémorale (fig. 423). En raison de sa longueur, la saphène externe est le siège le plus fréquent des varices superficielles du membre inférieur. On la saigne quelquefois au niveau de la cheville.

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