DISPOSITIONS EX STRUCTURE DES VAISSEAUX CAPIL
laires. — tumeurs érectiles. — Les vaisseaux capillaires (de capillus , cheveu) représentent ce que Bossuet appelait « les secrètes communications par où le sang passe continuellement des artères dans les veines ». « Les artères et les veines, a dit d’autre part Cl. Bernard, ne sont que les rues qui nous permettent de parcourir une ville ; mais, avec les capillaires, nous pénétrons dans les maisons, où nous pouvons observer directement la vie, les occupations, les mœurs des habitants. » En effet, les vaisseaux capillaires font partie de la trame même des tissus ; ils y forment des réseaux à mailles si fines, qu’une piqûre d’aiguille suffit pour en ouvrir un certain nombre et pour faire sourdre aussitôt quelques gouttelettes de sang.
La finesse de leur calibre est plus grande que ne semble l’indiquer leur étymologie, puisque ces vaisseaux sont microscopiques. Les plus
DE LA CIRCULATION
fins sont ceux de la rétine ; ils mesurent de quatre à cinq millièmes de millimètre de diamètre, et nous savons que les globules sanguins, dont le diamètre est en moyenne de sept millièmes, ne peuvent les traverser qu’en s’allongeant.
Quelquefois les capillaires de la peau acquièrent un développement exagéré ; ils déterminent alors des phénomènes de même nature, mais qui prennent différents noms suivant leur aspect et leur siège ; ce sont : la couperose du nez, ou dartre des ivrognes, les taches vineuses ou
Fig. 424. — Capillaire réunissant une artère et une veine.
1,1 , Tuniques à fibres circulaires de la veine et de l’artère. — 2, Tunique à fibres longitudinales des veines. — 3, 3, Tunique externe.
nœvi-materni, qui attaquent surtout le visage, et les tumeurs érectiles , qui occupent principalement le cuir chevelu des nouveau-nés. Ces dernières doivent leur nom à la tendance qu’elles ont d’augmenter de volume.
Les vaisseaux capillaires ne possèdent qu’une seule tunique, et celle-ci présente la même structure que celle de la tunique séreuse des artères et des veines dont elle semble n’être que la continuation (fig. 424).
La faible épaisseur de la paroi des capillaires rend compte de la facilité avec laquelle le sang s’extravase dans le tissu cellulaire souscutané et forme des ecchymoses plus ou moins étendues, soit à la suite d’une violence extérieure, soit spontanément sous l’influence d’un état morbide, comme on l’observe dans le purpura hœmorrhagica. Il est probable que la sueur de sang de Charles IX, signalée par d’Aubigné, n’était qu’un simple purpura.
Les hémorrhagies cutanées qui se produisent sur diverses parties du corps des personnes stigmatisées , comme Louise Lateau, de Boisd’Haine, près de Charleroi, proviennent aussi du réseau capillaire de la peau.
L’extrême ténuité des parois capillaires est en rapport avec le rôle physiologique de ces vaisseaux, qui peuvent être regardés comme les organes essentiels de la nutrition, des exhalations et des sécrétions. C’est à travers leurs parois que le sang abandonne aux tissus de l’économie ses éléments réparateurs et reprend en échange, pour les déverser au dehors, les résidus provenant des combustions organiques.