‹ Le corps humainChapitre 29 sur 144 · FONCXBONS DES X8JS1KS EX DES CELLULES NERVEUX · texte numérisé non relu

FONCXBONS DES X8JS1KS EX DES CELLULES NERVEUX

Les fonctions propres à chacun des deux élémenls anatomiques du tissu nerveux offrent des différences tranchées. La cellule joue un rôle actif et le tube nerveux un rôle purement passif.

DE L’INNERVATION

La cellule est le siège exclusif de l’activité psycho-intellectuelle, de la volonté, de la sensibilité et du mouvement ; un trouble dans sa nutrition soit par excès, soit par défaut , détermine dans son mode de

Fig. 134. — Tubes nerveux. Fig. 135. — Cellules nerveuses. Fig.136. — Corpuscules A a, af Etranglement de l’enveloppe. — B, Myéline. — B, b'. Noyaux lac*’

de t’enveloppe. — C, Filament central. On voit deux tubes ner-

veux A, qui se rendent au corpuscule B et s’enroulent sur lui en C.

fonctionnement des altérations qui se traduisent par du délire, des convulsions, de la paralysie et delà démence.

Le tube nerveux est un simple conducteur qui transmet, d’abord à la cellule nerveuse, les impressions perçues par nos organes, puis reporte en sens inverse, c’est-à-dire de la cellule à nos organes, les incitations destinées à faire contracter les muscles : de là la division des tubes nerveux en conducteurs des impressions périphériques ou tuhes sensitifs et en conducteurs des incitations centrales ou tubes moteurs. Celle division est essentiellement physiologique, puisque la structure des tubes nerveux est la même pour tous. On ne saurait donc, même au microscope, distinguer un tube moteur d’un tube sensitif.

VUE O’EJÜi SEMBLE E>U SYSTÈME YERVECX, — Abstraction

faite des nombreux organes qui entrent dans sa constitution, on peut concevoir idéalement le système nerveux comme formé d’une sphère creuse, le ceroeaut et d’une tige compacte, la moelle épinière , résultant de la juxtaposition de tous les tubes nerveux sensitils et moteurs qui relient les différentes parties du corps au cerveau.

La circontérence de la sphère serait représentée par les ondulations de l’écorce cérébrale qui, nous le savons, est essentiellement composée

de cellules nerveuses ; le centre de cette sphère serait occupé par deux amas de ces mêmes cellules, auxquelles on a donné le nom de noyaux opto-striés , parce qu’ils se composent des corps striés (D, fig. 138) et des couches optiques, G.

Tous les tubes nerveux sensitifs  qui viennent de la périphérie du

Fig. 137. — Texture du cerveau.

corps et qui se rendent au cerveau aboutissent aux couches optiques G et de là s’irradient dans toutes les directions, pour se terminer dans les cellules de l’écorce cérébrale G.

Puis d’autres tubes HB, les tubes moteurs, partent de ces mêmes cellules, convergent tous vers les corps striés D et se dirigent ensuite, en passant par la moelle B, vers la périphérie du corps.

Pour compléter notre description, nous dirons que les cellules cérébrales d’un côté, sont associées d’une façon intime à celles du côté opposé, par l’intermédiaire de tubes nerveux dites fibres commissu vantes, qui s’étendent transversalement de l’un à l’autre. Ce sont ces fibres qui donnent lieu à une lame de substance blanche connue sous le nom de corps calleux (G, pl. 1, fig. 3). bes physiologistes s’accordent à considérer X écorce cérébrale comme

DE L’INNERVATION

un centre perceptif et excitateur; les couches optiques , comme un centre de passage et de renforcement des incitations sensitives ou sensorielles ; et les corps striés , comme un centre de passage et de renforcement des incitations de la motricité volontaire.

TItANSMISSIOIV DES INCITATIONS SENSITIVES ET DES RÉACTIONS MOTRICES I‘ASi ILES TUBES NERVEUX. — GeS

données anatomiques et physiologiques étant admises, nous pouvons maintenant étudier les différentes phases par lesquelles passent la plupart des phénomènes de l’activité cérébrale. Une incitation sensitive, comme une piqûre, vient-elle à exciter un point de la périphérie du corps, tel que l’un de nos doigts ; aussitôt cette incitation est transmise, par les tubes sensitifs qui innervent cette région, aux couches optiques (G, fig. 138), où elle subit une condensation préparatoire,

Fig. 138. — Mécanisme des fonctions cérébrales.

A, Fibre sensitive afférente. — B, Fibre motrice efférente. — C, Cellule de la couche optique. — D, Cellule du corps strié. — E, Bulbe rachidien. — F, Fibre afférente allant de la couche optique aux cellules corticales. — G. Cellules des couches corticales. — H, Fibre efférente allant des cellules corticales au corps strié.

avant d’impressionner les cellules corticales du cerveau; Enfin ces cellules perçoivent l’impression transmise, et le jugement la transforme en une réaction motrice volontaire qui passe par le corps strié, s’y renforce et se rend à un groupe déterminé de muscles qu’il fait contracter. Dans l’exemple que nous avons choisi, ce sont les muscles du membre supérieur qui entrent en contraction, afin d’éloigner le doigt de l’instrument piquant.

L’uni lé d’action de la partie droite et de la partie gauche du corps dépend des fibres commissurantes du corps calleux qui relient les cellules corticales des deux côtés opposés et leur permet de percevoir?

dans le même espace de temps, les mêmes incitations sensitives. C’est sans doute à cette particularité qu'est due l’association de nos mouvements. On sait combien il est difficile défaire tourner un bras dans un sens et l’autre dans le sens opposé.

Le docteur Auzoux a comparé le système nerveux à la télégraphie électrique. Suivant cet habile anatomiste, toutes les dépêches, les impressions, arrivent à l’administration centrale, le cerveau, par des myriades de librilles, fibres nerveuses afférentes (A, lig. 138;, qui, de toutes les parties du corps, aboutissent à un centre commun appelé couche optique, ou bureau d'arrivée C.

De la couche optique partent de nouvelles fibres afférentes F, qui la mettent en rapport avec Us cellules corticales G, cellules dont l’ensemble constitue la couche extérieure, la substance grise, la partie active du cerveau. Dans ces ce 11 mes, ïa dépêche est analysée et portée par les fibres commissur antes, le corps calleux, dans T hémisphère du côté opposé.

Après cette dernière épreuve, un contrôle peut-être, la dépêche est portée, par les fibres nerveuses efférentes II dans le corps strié D, bureau de départ, d’où elle est expédiée aux organes sous forme de volonté par les librilles motrices des nerfs B.

DES TROUBLES FOXCl’ÎO.W'ELS DU SYSTÈME XERVE3JX,

*— Nous savons que tout acte du système nerveux comprend dans son évolution trois phases essentiellement distinctes : la transmission des impressions sensitives ou sensorielles, leur perception, et leur transformation en excitations motrices. Nous savons aussi que les agents de ces diverses manifestations sont les tubes nerveux sensitifs, les cellules corticales et les tubes nerveux moteurs. Qu’un trouble physique ou fonctionnel vienne à compromettre l’intégrité de l’un de ces facteurs, aussitôt l’harmonie des fonctions nerveuses sera détruite. Ainsi dans l’apoplexie cérébrale, il se lait à l’intérieur du cerveau un épanchement de sang qui, selon son importance, peut rompre un nombre plus ou moins grand de tubes nerveux soit sensitifs, soit moteurs. Dans le premier cas, les cellules corticales, qui sont en communication avec ces tubes brisés, ne reçoivent plus les incitations sensitives de la périphérie et déterminent la paralysie de la sensibilité des régions extérieures correspondantes ; dans le second cas, les impressions sensitives sont bien perçues par les cellules cérébrales, mais la rupture des conducteurs de la motricité empêche la transmission des réactions motrices à la périphérie : d’où la paralysie des organes musculaires qu’ils innervaient.

Lorsque la cellule cérébrale sommeille et que l’incitation sensitive n’est pas assez forte pour la réveiller, celle-ci n’est pas perçue et par suite ne donne lieu à aucune réaction motrice. Aussi peut-on pincer

DK L INNERVATION.

la oeau d’un homme endormi, crier à ses oreilles, placer devant ses veuv 'une lumière vive, sans que les impressions tactiles, auditives et lumineuses soient perçues, bien qu’elles soient transmises aux cellules du sensorium par des conducteurs intacts.

C’est encore un trouble fonctionnel de la cellule qui produit les syncopes, les vertiges et les défaillances. Sous l’inlluence dune cause morale ou physique, la circulation cérébrale cesse et la cellule nerveuse, ne recevant plus une assez "ran le quantité de sang, perd momentanément son activité : les impressions ne sont plus senties et les réactions sur le système musculaire sont nulles; aussi le corps s alfaisse-t-il sur lui-même. Pour faire reprendre connaissance a un malade, il suffit de le placer horizontalement, la tête en bas, de façon à favoriser le retour du sans vers la cellule cérébrale.

De tout temps on a remarqué l’action modératrice qu exerce le système circulatoire sur le système nerveux, ainsi que l’indique cet axiome ancien : sangui * moderator nervorum. On sait, en effet, que les tempéraments anémiques sont plus sujets aux névroses que es tempéraments pléthoriques. C’est pourquoi les médecins traitent les névralgies anémiques par les préparations ferrugineuses qui ont la propriété d’enrichir le sang.

n4tdhe de nïseiweux. — Avant la decouverte de

l’électricité, on pensait que les «esprits animaux » circulaient dans les nerfs. Depuis, on a supposé que les tubes nerveux moteurs et sensitifs devaient leurs propriétés de transmissibilité du dehors au dedans et du dedans au dehors à l’intervention d’un agent particulier, dit influx nerveux. L’existence de cet agent est purement hypothétique et sa n dure n’est pas plus connue que celle du fluide électrique auquel on a voulu l’identifier autrefois. Cette analogie semblait surtout justifiée par le pouvoir qu’ont certains poissons, le gymnote, la torpille, le silure, de produire des décharges électriques, dont chacune aetecom parée par Faraday à la secousse d’une batterie de 15 jarres, assez forte pour renverser et même tuer un homme Mais on n est jamais parvenu à découvrir la présence de l’électricité dans le système nerveux. La vitesse de transport de l’influx nerveux et celle du fluide électrique prouvent aussi la différence de nature de ces deux agents : il a été démontré, comme nous allons le voir bientôt, que la vitesse du premier n’excède pas 65 mètres par seconde, tandis que les expériences de Wheatslone ont établi que l’électricité se meut avec une rapidité de 115,01)0 lieues par seconde, c’est-à-dire qu’elle est presque instantanée. Aujourd'hui tous les physiologistes s’accordent à considérer le courant nerveux comme une vibration moléculaire du nerf.

VlTiilSSE DE TR^WSIIISSIOM DE L’AGEIT NERVEUX. Oïl

a cherché à évaluer le temps que met une incitation périphérique à

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parvenir aux centres nerveux, à y être jugée, puis convertie en une réaction motrice. La vitesse de l’agent nerveux sensitif a été évaluée par Hirsch à 34 mètres par seconde, la durée de l’acte psychique, généralement estimé à un dixième de seconde et la vitesse de l’agent nerveux moteur fixée par Helmholtz à 27 mètres par seconde.

Cette estimation varie d’un sujet à l’autre. Nous savons en effet par des observations journalières combien sont variables, chez des individus différents, la rapidité de la transmission des incitations sensibles ou sensorielles et celle des réactions motrices consécutives : ce que nous exprimons en disant que l’entendement est plus ou moins lent, plus ou moins paresseux. La difficulté qu’ont certaines personnes à comprendre un jeu de mots, alors que tout le monde a souri, est un exemple frappant de cette inégalité de perception. C’est pour la même cause que les exercices militaires ne sont jamais faits avec un ensemble rigoureusement parfait.

INFLUENCE SUR ILE SYSTÈME NERVEUX DE CERTAINES SUBSTANCES CHIMIQUES EX TOXIQUES. — NOUS ne nOUS

occuperons que de l’influence de ces substances sur le système nerveux, lorsqu’elles sont introduites dans le sang par les voies respiratoire, digestive ou cutanée. Les unes exercent leur action sur les cellules cérébrales dont elles suspendent, troublent ou exagèrent l’activité, les autres agissent sur les tubes nerveux moteurs en augmentant ou en diminuant leur excitabilité.

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