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II. — Nerfs de la vie nutritive

werf graxd SYMPATHIQUE. — Ce nerf a reçu le nom de sympathique parce que les anciens croyaient qu’il était l’agent essen-

DE L'INNERVATION

tiel et unique chargé de la propagation des sympathies ; le qualificatif de grand lui a été donné pour le distinguer du facial qu’on appelait le petit sympathique et du pneumogastrique qui était le moyen sympathique.

On l’appelle encore le trisplanchnique (ipeïç, trois ; ctu Xày/vov, viscère), parce que ses ramifications se distribuent dans les trois cavités splanchniques : le crâne, la poitrine, l’abdomen.

Dans son ensemble, le grand sympathique présente : 1° un tronc ; 2° des racines ; 3° des branches.

Le tronc consiste en un double cordon étendu le long de la colonne vertébrale, depuis la base du crâne jusqu’au coccyx (fig. 159).

Ce cordon est composé d’une série considérable de renflements ou ganglions de couleur grise, reliés entre eux par des rameaux intermédiaires formés de tubes nerveux de la vie organique. De chaque ganglion partent un grand nombre de filets nerveux : les uns, les racines, communiquent avec l’axe cérébro-spinal ; les autres, les branches, se distribuent dans les organes des fonctions involontaires.

Ces branches sont formées de

Fig. 159. — Schéma des deux nerf grands sympathiques.

A, Ganglion cervical supérieur. — B, Ganglion cervical moyen. — C, Ganglion cervical inférieur. — D, Ganglion rachidien. — E, Plexus cardiaque. — G, Plexus diaphragmatique. — H, Grand splanchnique. — i. Ganglion semilunaire. — J, Plexus solaire. — K, Plexus mésentérique. — L, Plexus hypogastrique. — M, Plexus iliaque. — N, Anastomose du grand sympathique avec les nerfs crâniens. — O, Filets qui accompagnent les artères dans le cerveau.

fibres motrices et sensitives dont la propriété est de déterminer des mouvements lents et une sensibilité obtuse qui, à l’état pathologique, devient au contraire très-vive, ainsi qu’on l’observe dans les coliques des intestins, des reins (néphrétiques), ou du foie (hépathiques).

Parmi ces branches, il en est qui accompagnent toutes les artères pour présider à la contraction de leur couche musculaire ; on leur a donné le nom de nerfs vaso-moteurs. L’excitation de ces filets nerveux fait contracter les capillaires sanguins auxquels ils se distribuent, et produit la pâleur de la région correspondante ; tandis que leur paralysie donne lieu à la dilatation vasculaire et détermine la rougeur de la peau. Un soufflet appliqué sur la figure d’une personne démontre cette propriété physiologique : le choc excite les nerfs vaso-moteurs de la région atteinte, d’où pâleur immédiatement suivie d’une vive rougeur provoquée par la paralysie momentanée des capillaires. C’est un mécanisme analogue qui détermine la pâleur au début de l’attaque d’épilepsie et la congestion à la fin de la crise. Les changements de coloration du visage sous l’influence des émotions vives dépendent aussi des nerfs vaso-moteurs du grand sympathique. Racine a bien dépeint ces alternatives de rougeur et de pâleur du visage dans ce vers de Phèdre :

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue.

s o\ct!oxs ou graivd SYMPATHIQUE. — On ne possède que des notions très-limitées et pour la plupart hypothétiques sur les fonctions spéciales du grand sympathique.

Tous les physiologistes s’accordent cependant à reconnaître qu’il donne le mouvement et la sensibilité aux organes sur lesquels la volonté ne paraît avoir aucun empire. C’est lui qui préside aux contractions intestinales; c’est aussi grâce à la présence des ganglions dépendants de ce nerf que le cœur (F, fig. 159) se contracte pendant quelques heures après avoir été arraché du corps. Le grand sympathique anime encore les fibres radiées de l’iris qui constituent le muscle dilatateur de la pupille ; les filets qui se distribuent à cette membrane de l’œil émanent du centre dit cilio-spinal, qui s’él end entre la sixième vertèbre cervicale et la deuxième dorsale. La pratique du séton dans les atfectiorjs oculaires, fondée autrefois sur une prétendue sympathie entre la nuque et l’appareil de la vision, est donc justifiée par l’anatomie et la physiologie.

Par l’intermédiaire de ses vaso-moteurs, le grand sympathique joue un rôle important dans la circulation du sang; nous avons vu comment il détermine les congestions émotives. Il préside en outre aux sécrétions et aux phénomènes d’absorption, par les filets qu’il envoie aux glandes et aux vaisseaux lymphathiques.

DE L’INNERVATION

Bichat considérait le grand sympathique comme un système nerveux spécial complètement indépendant du centre encéphalique ; les physiologistes modernes en font, au contraire, une dépendance de l’axe cérébro-spinal et en particulier de la moelle; les belles expériences de Legallois, de Claude Bernard, etc., confirment pleinement cette dernière hypothèse.

Les connexions qui existent entre les deux systèmes nerveux expliquent la production de nombreux phénomènes réflexes tels que les vomissements consécutifs aux affections cérébrales ; les convulsions occasionnées par la présence des vers dans le tube digestif ; la jaunisse causée par un accès de colère ; la diarrhée et les coliques dues à la peur ; la chair d.3 poule produite par le froid ; la sécrétion de la salive provoquée par la vue ou le souvenir d’un mets agréable ; la rougeur et la pâleur du visage sous l’influence d’une grande émotion, etc.

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