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DU LARYNX

orgxxes de la voix. — L’instrument vocal, comme tous les instruments de musique, se compose : 1° d’un organe essentiel qui produit le son ; 2° d’un agent moteur qui fait vibrer cet organe ; 3° d’un appareil de renforcement.

L’organe qui produit les vibrations sonores est le larynx (XapuyÇ, sifflet) ; l’agent qui provoque ces vibrations ou « le porte-vent » est constitué par les poumons, les bronches et la trachée; enfin l’appareil qui renforce le son ou « le tuyau vocal» est représenté par le pharynx, la bouche et le nez.

Nous ne décrirons dans ce chapitre que l’organe vocal essentiel, c’est-à-dire le larynx (pi. I, fig. 2) ; et nous renvoyons, pour plus de détails sur les organes complémentaires, à l’étude de la respiration et de la digestion.

DE LA VOIX DAAS LA SÉRIE ANIMALE* — De tOUS les êtres

de la création, les mammifères, les oiseaux et les reptiles sont seuls pourvus d’un larynx et de poumons. Les bruits particuliers que font i entendre les autres animaux dépendent, en général, du frottement répété de diverses parties de leur corps les unes sur les autres : c’est ainsi que l’on explique le mode de production du bruit monotone des criquets, des battements nocturnes du psoque, dit « l’horloge de la mort », du bourdonnement des mouches et du chant de la cigale. Chez ces derniers hémiptères, le mâle a seul le privilège de chanter, et c’est à ce caractère différentiel que le poète Xénarque fait malicieusement allusion dans ce passage : « Heureuses les cigales, car leurs femelles sont privées de la voix 1 » Il en est de même chez les oiseaux : le chant est le partage presque exclusif du mâle. Leur appareil phonateur se compose de deux larynx : l’un placé à l’extrémité inférieure de la trachée, l’autre à son extrémité supérieure. Le premier est l’organe producteur du son et sa situation explique la persistance de la voix

DE LA. PHONATION

chez un poulet auquel on vient de couper le cou ; l’autre semble surtout présider aux modulations variées du ramage et du gazouillement.

forme ex situation de larymx. — Le larynx a la forme d’une pyramide triangulaire, à base supérieure et à sommet inférieur. Cet organe surmonte la trachée (pl. I, fig. 2, C, 10) à la façon d’un chapiteau et fait saillie sous la peau du cou. Sa situation superficielle l’expose aux atteintes des chocs extérieurs et aux violentes constrictions de la pendaison et de la strangulation.

MOBILITÉ DE LAHYiVX. FAUSSE ROUTE DES ALIMENTS. -

Le larynx est fixé à l’os hyoïde (pl. I, fig. 2, B, 1) par l’intermédiaire de la membrane thyro-hyoïdienne (B, 2); et comme en même temps cet os donne attache à la base de la langue, il en résulte que les mouvements du larynx sont subordonnés à ceux de l’organe du goût.

Le larynx doit à sa mobilité de concourir aux actes importants de la déglutition et de la production de la voix. En effet, pendant l’acte de la phonation, le . larynx s’élève dans l’émission des sons aigus et s’abaisse dans celle des sons graves : de là l’attitude des ténors et des coqs qui chantent la tête élevée. Pendant la déglutition, le larynx se porte en avant et en haut: en se portant en avant, il ouvre l’orifice supérieur de l’œsophage qui reçoit le bol alimentaire ; en se portant en haut, il rencontre la base de la langue qui abaisse l 'épiglotte (5, fig. 160) sur l’orifice supérieur du larynx, afin d’empêcher l’introduction de particules

Fig. 160. — Larynx vu en arrière. . . . . . 0.

. n . . . , alimentaires dans le conduit aeritère. Si

1, Orifice postérieur des fosses nasales. —

2, Pharynx.— 3, Luette. — 4, Langue, la soupape ne remplit pas son office, ce

(Iui arrive lors(Iu’on Parle ou que l’on

Muscle crico-aryténoïdien postérieur, rit en mangeant, « on avale de travers » ; — 9, Artère thyroïdienne inférieure. — -, . -,

10, Nerf récurrent. (Figure empruntée 1®® aliments S engagent daîlS les VOÎCS à \y Anatomie de m. Fort.) respiratoires en provoquant des accès de

suffocation parfois mortels. Un grain de raisin causa, dit-on, la mort d’Anacréon (1) ; Sophocle et l’Arétin moururent d’une façon analogue.

(1) « Gomme il suçait, dit Valère Maxime, le jus d’un raisin cuit au soleil, pour entretenir le faible reste de ses forces languissantes, un pépin vert, qui s’arrêta opiniâtrement dans sa gorge desséchée, lui ôta la vie. »

Ce n’est donc pas seulement une règle de politesse, mais une maxime importante d’hygiène que celle qui défend « de parler ou de rire la bouche pleine. »

Au moment de la déglutition, les boissons pénètrent en faible quantité dans le larynx, ainsi qu’on peut s’en assurer en examinant, au moyen du laryngoscope, le larynx d’une personne qui vient d’avaler un liquide coloré. Les anciens n’ignoraient pas ce fait, puisqu’ils avaient inventé des remèdes appelés « artériaques » , qu’ils croyaient propres à guérir les maladies de la trachée-artère. C’est d’ailleurs à cette introduction des liquides et à leur action sur le larynx qu’il faut attribuer la voix rauque des personnes qui font abus des liqueurs alcooliques.

L’extrême mobilité du larynx est la principale difficulté des opérations que l’on pratique sur cet organe et sur la trachée ; aussi, dans ce cas, est-il de première nécessité de les immobiliser. Sans cette précaution, l’incision de la peau ne coïnciderait pas avec celle des organes profonds, et l’on s’exposerait à l’accident qui est arrivé à Dupuytren, lui-même, dans une opération du croup : la canule, au lieu de pénétrer dans la trachée, glisserait sur ses parois.

L’examen de la mobilité laryngienne est d’un grand secours aux chirurgiens pour localiser les tumeurs du cou : si, par exemple, une tumeur suit les mouvements du larynx, ils en concluent qu’elle dépend

de cet organe ou d’un de ses annexes, tandis que, dans le cas contraire, ils lui assignent pour siège l’un des organes du voisinage.

dimemsioms bu larykx. GoaTstE. — Les dimensions de l’organe vocal chez les deux sexes sont à peu près égales en hauteur : elles ne diffèrent que pour leur diamètre antéro-postérieur. Celui de la femme est plus petit, et la saillie antérieure de cet organe est peu accusée chez elle. Une autre disposition contribue encore à dissimuler

DE LA PHONATION

la saillie laryngienne de la femme et à arrondir son cou : c’est la présence, de chaque coté du larynx, des deux lobes de la glande thyroïde (pl. I, fig. 2, A), plus développée que celle de l’homme. L’accroissement considérable de cette glande constitue le goitre (fig. 161). Cette tumeur peut s’accroître au point de comprimer la trachée et les vaisseaux du cou, en déterminant des symptômes de suffocation et de gêne pour la circulation cérébrale.

Dans certains pays le goitre est endémique, en Savoie, par exemple; aussi n’est-il pas étonnant que, pour se faire exempter du service militaire, des conscrits émigrent dans ces endroits quelques mois avant la révision, espérant y contracter cette affection. Il en est d’autres qui « imitent le goitre » en insufflant de l’air sous la peau du cou.

On sait que dans le Tyrol, à Saint-Jean de Maurienne, le goitre est si répandu que ceux qui en sont privés passent pour des déshérités de la nature.

Les qualités de la voix dépendent des dimensions du larynx : elle est d’autant plus aiguë que l’organe vocal est moins développé. C’est pourquoi les femmes, les enfants et les ténors, qui ont le larynx petit, ont aussi la voix élevée, et que le cri des animaux est plus aigu quand ils sont plus jeunes : les veaux font cependant exception à cette règle.

Malgaigne pensait qu’il existe une certaine corrélation entre les dimensions du larynx et celles du nez : d’après la remarque de ce chirurgien, plus l’appendice nasal d’un individu est accusé, plus sa voix est retentissante.

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