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TIMBRE DE DA VOIX. VOIX BLANCHE EX SOMBBEE

Nous verrons, en étudiant le sens de l’ouïe, que tout son peut être considéré comme composé d’une note fondamentale et de plusieurs harmoniques ; et que la qualité du timbre dépend du nombre et de l’intensité de ses harmoniques.

La voix humaine a deux sortes de timbres : le timbre clair ou voix blanche que l’on représente par l’intonation de la lettre ê et le timbre sombre ou voix sombrée représenté par celle de la lettre o. Le premier est plus éclatant et plus varié dans ses modulations ; il est particulier au chanteur français et s’adapte surtout au rôle des ténors ; le timbre sombre a une sonorité uniforme, mais plus agréable à l’oreille ; et cependant il fatigue davantage l’organe vocal. Il est spécial aux chanteurs italiens, aux provençaux et convient au rôle des barytons. Le même chanteur peut indifféremment employer les deux timbres, comme d’ailleurs il peut donner la même note dans les deux registres de poitrine ou de faucet.

Il n’est pas rare aussi de voir chez la même personne un timbre différent pour la voix parlée et pour la voix chantée. Entre autres exemples, on cite généralement un nommé Théodore, célèbre chanteur de musique religieuse du commencement de ce siècle, qui parlait en basse et chantait en soprano.

Le timbre et l’intensité de la voix dépendent surtout de la résonnance des parties situées au-dessus des cordes vocales inférieures et qui concourent à renforcer certaines harmoniques du son rendu. On le démontre facilement en disposant sur une soufflerie un larynx naturel que l’on isole, à un moment donné, des organes sus-glottiques.

modifications dïj timbre. — Le timbre nasonnê ou nasonnement résulte d’un obstacle à l’écoulement des sons par les fosses nasales. Il se manifeste encore par un mécanisme inverse, quand on parle la bouche fermée, alors que l’air s’échappe librement par le nez. Dans ces deux cas, le nasonnement est produit par le retentissement exagéré du son à l’intérieur des fosses nasales. On l’observe donc chez les individus atteints de polypes nasaux et chez ceux qui sont affectés

DE LA PHONATION

de perforation de la voûte palatine, de paralysie du voile du palais, ou encore d’hypertrophie des amygdales.

Blandin prétend que la voix nasonnée est moins accusée en parlant la langue anglaise qu’en parlant la langue française.

Larrey a remarqué que, dans le cas de perforation du palais, l’usage d’un obturateur prothétique rendait à la voix chantée son ton naturel, ! tandis que la voix parlée était toujours un peu nasonnée. Saint-Simon, dans ses Mémoires , fait aussi observer qu’un certain M. de Termes ; « avait un palais d’argent qui lui rendait la parole fort étrange ; mais ce qui surprenait, c’est qu’il n’y paraissait plus dès qu’il chantait avec la plus belle voix du monde. » On sait d’ailleurs que le ténor Renard avait aussi un palais d’argent ; c’est pourquoi les spectateurs ne pouvaient s’empêcher de sourire lorsque cet artiste chantait l’air à'Haydée:

Mon palais étincelle Ce soir de mille feux !

Le timbre nasillard ou nasillement est une modification permanente et individuelle de la voix, qui tient à une conformation particulière de l’arrière-gorge.

Enfin le timbre guttural est caractérisé par le retentissement de la voix dans le gosier : on dit alors qu’on chante « de la gorge » .

voix, fausse. — Nous avons tous un larynx et cependant les bons chanteurs sont rares. On « chante faux » pour plusieurs raisons; la plus fréquente tient à ce que l’ouïe n’est pas apte à saisir les différentes nuances de tonalité du son. C’est pourquoi l’on dit des individus qui chantent faux « qu’ils n’ont pas d’oreille » . La finesse de l’ouïe n’est cependant pas indispensable à assurer la justesse du chant et de la musique, puisque Beethowen, devenu sourd, ne cessait pas de composer: il écrivit ainsi l’opéra de Fidelio.

Une autre cause de la fausseté de la voix tient au larynx lui-même qui ne peut donner des sons justes, même lorsque le chanteur sait fort bien qu’il chante faux. Dodard avait attribué cette cause à un défaut de symétrie du larynx; mais le chanteur Bataille, qui devait à ses études médicales l’avantage de connaître à fond l’anatomie et la physiologie de l’appareil phonateur, réfuta cet opinion, en remarquant, à l’examen laryngoscopique, que ses aryténoïdes n’étaient pas symétriques.

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