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PAROI INTERNE OU LABYRINTHIQUE DE LA CAISSE

— Cette paroi (fig 191) sert de cloison à l’oreille interne et à l’oreille moyenne. Comme le tympan, elle bombe dans la cavité de la caisse qui se trouve de la sorte plus rétrécie au centre qu’à la périphérie, où elle ne mesure que 2 millimètres de largeur.

On rencontre sur cette paroi deux saillies et deux orifices.

Les deux saillies sont le promontoire et la pyramide. La première, située en avant, est sillonnée d’empreintes ramifiées logeant les divisions du rameau de Jacobson qui émane du glosso-pharyngien et qui préside à la sensibilité de la caisse.

La pyramide occupe la région postérieure de cette paroi; elle est creusée d’un canal qui se continue dans l’épaisseur du rocher et renferme le muscle de l’étrier, le plus petit de l’économie.

Les deux orifices de la paroi interne de la caisse ont reçu le nom de fenêtres : la supérieure est la fenêtre ovale, l’inférieure la fenêtre ronde. La première a la forme d’une gueule de four ; elle est hermétiquement

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bouchée par la base de l’étrier, dernier anneau de la chaîne des osselets. Cette fenêtre donne accès dans le vestibule de l’oreille interne.

La fenêtre ronde, ainsi que son nom l’indique, est un orifice arrondi; elle est située en arrière et au-dessous du promontoire. Cet orifice est

Fig. 191. — Paroi interne de la caisse du tympan du côté gauche.

i. Nerf de Jacobson. — 2, Fenêtre ronde. — 3, Fenêtre ovale. — 4, Petit pétreux profond externe. — S, Petit pétreux profond interne. — 6, Nerf carotico tympanique. — 7, Nerf de la trompe d’Eustache. — 8, Pyramide. — 9, Tendon du muscle de l’étrier. — 10, Muscle interne du marteau. — 11, Cellules mastoïdiennes. — 12, Trompe d’Eustache. — 13, Circonférence de la caisse du tympan. — 14, Orifice tympanique de la trompe d’Eustache. — 15, Orifice de communication entre la caisse du tympam et les cellules mastoïdiennes. — P, Promotoire. (Figure extraite de Y Anatomie de M. Fort.)

fermé par une membrane qu’on connaît sous le nom de tympan secondaire; sa face profonde est en contact avec le liquide de la rampe tympanique du limaçon.

La fenêtre ovale communique au liquide contenu dans l’oreille interne les vibrations tympaniques transmises à l’étrier par l’intermédiaire de la chaîne des osselets.

Les physiologistes ont beaucoup discuté, sans se mettre d’accord, sur les fonctions du tympan secondaire.

Suivant le docteur Auzoux, cette membrane a pour effet de bomber, sous l’influence des impulsions communiquées au liquide de l’oreille interne par l’enfoncement de la base de l’étrier dans la fenêtre ovale ; puis, de refouler à son tour la base de l’étrier à l’aide du même liquide, lorsque, l’impulsion cessant de se manifester, le tympan secondaire reprend par son élasticité sa forme primitive.

Politzer a fait la démonstration expérimentale de cette hypothèse en introduisant dans la fenêtre ronde un tube de verre recourbé en forme de manomètre, à l’intérieur duquel le liquide de l’oreille interne montait à chaque pression exercée sur la base de l’étrier.

Selon d’autres physiologistes, le tympan secondaire joue un rôle analogue à celui que remplit le tympan principal: il transmet au

SENS DE i/oUIE. 267

liquide labyrinthique les vibrations de Pair contenu dans la caisse du tympan.

30 CÏKCOIVFÉRERîCÆ DE EA. «CAISSE. SES RAPPORTS 5AS-

portamts. — Des organes très-importants entourent les parois de cette circonférence et leur voisinage constitue un danger incessant pour la vie des sujets atteints de la carie du rocher. En effet, en haut, la cavité du tympan n’est séparée du cerveau que par une lame osseuse de 2 millimètres d’épaisseur, criblée de trous qui permettent à l’inflammation de se propager aux enveloppes cérébrales; en bas, la présence de la veine jugulaire explique comment les suppurations de l’oreille peuvent se faire jour dans ce vaisseau et produire l’infection générale de l’économie ; en arrière, il arrive que l’inflammation se propage au nerf facial et détermine la paralysie de la face du côté correspondant; enfin, en avant, les parois de l’artère carotide peuvent se perforer et donner lieu à une hémorrhagie foudroyante.

A la partie antérieure de la circonférence de la caisse, on trouve deux orifices : l’orifice inférieur pour la trompe d'Eustache , et l’orifice supérieur pour le muscle interne du marteau (fig. 191). Ce muscle est renfermé dans un conduit spécial qui se termine par une saillie connue sous le nom de « bec de cuiller » . En bas, on voit une fente dite scissure de Glaser qui laisse passer la corde du tympan, la longue apophyse du marteau et le muscle externe de ce même osselet; enfin, en arrière, on aperçoit l’orifice qui met en communication la caisse du tympan avec les cellules de l'apophyse mastoïde.

Nous décrirons ici les cavités qui s’ouvrent dans la caisse et qui peuvent en être considérées comme des dépendances, à savoir: la trompe d'Eustache et les cellules mastoïdiennes .

TROMPE D’EL’STACHE. SOA CATHÊTHÉRISME. La trompe

d’Eustache est un canal qui fait communiquer l’oreille moyenne avec l’arrière gorge ; il a donc deux orifices, qui s’ouvrent l’un dans le pharynx, l’autre dans la caisse (fig. 191).

Par son orifice pharyngien, situé en arrière des fosses nasales, on introduit les instruments destinés au traitement des affections de l’oreille moyenne (fig. 192). C’est un maître de poste de Versailles, Guyot, qui, pour se guérir d’une surdité qui avait résisté à tous les traitements connus alors, réussit le premier, en 1724, à s’introduire, par la trompe d’Eustache, un tube en zinc à l’aide duquel il s’insuffla des liquides médicamenteux dans l’oreille moyenne.

usages de la trompe d’eustache. — Ce conduit est dirigé de haut en bas et d’arrière en avant ; l’inclinaison qu’il présente facilite 1 écoulement des mucosités qui, sans cette disposition, s’accumuleraient dans la caisse et feraient obstacle au jeu des osselets de l’ouïe. On a dit aussi que ce canal nous permettait d’entendre notre propre voix et on

s’appuie sur ce fait que la voix est plus retentissante quand on se bouche les oreilles.

Pour la plupart des physiologistes, la véritable fonction de la trompe d’Eustache est d’établir une égalité de pression sur les deux faces du

Fig. 192. — Cathétérisme de la trompe d’Eustache.

tympan: rôle qui justifie la comparaison que l’on a l’habitude de faire entre ce conduit et le trou pratiqué dans un tambour. On sait qu’en bouchant le trou latéral percé dans la caisse de cet instrument, ses sons éprouvent un affaiblissement consi dér able. De même, lorsque la trompe est obstruée, elle ne permet plus à l’air de pénétrer dans la caisse, et les conditions d’équilibre que nous venons de signaler cessent d’exister ; il en résulte une dureté de l’ouïe, ainsi que des bourdonnements déterminés par une plus grande pression de l’étrier sur la fenêtre ovale. Dans ce cas, le tympan ne supporte plus que la pression de l’air extérieur ; sa courbure normale s’exagère et la chaine des osselets est refoulée d’autant vers la paroi interne de la caisse. C’est pour égaliser les pressions qui s’exercent sur les faces du tympan que les artilleurs ouvrent instinctivement la bouche à chaque détonation de leur pièce.

Il n’est pas démontré, comme on l’affirmait autrefois, que l’air de la caisse se renouvelle à chaque inspiration ; mais ce qui est hors de doute, c’est le passage de l’air à chaque mouvement de déglutition. Il est facile de se rendre compte de ce phénomène sur soi-même : en avalant sa salive, on perçoit un petit bruit de claquement qui résulte de l’entrée de l’air à l’intérieur de la caisse. Dans les cas d’obstruction de la trompe, ce bruit caractéristique ne sera pas perçu.

SENS DE l/oüIE.

La faculté dont jouissent certains individus de faire sortir de la fumée de tabac par l’oreille dépend de la perforation du tympan : de l’arrièregorge la fumée s’engage dans la trompe et pénètre dans la caisse, qui est alors en Communication directe avec l’air extérieur. On conçoit aussi que, dans ces conditions, il soit possible, comme le rapporte Buffon, de faire passer, de l’oreille dans la bouche, des cordons de soie, des lames de plomb, etc.

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