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CELLULES MASTOÏDIENNES. SOTO ROLE PHYSIOLOGIQUE

L’oritice opposé à celui de la trompe conduit au milieu des anfractuosités ou cellules creusées dans l’épaisseur de l’apophyse mastoïde ([AatjTôç, mamelle), qui forme en arrière de l’oreille une saillie très prononcée à laquelle elle doit son nom.

Ces cavités communiquent avec la caisse du tympan et sont remplies d’air ; elles sont tapissées d’une membrane muqueuse de structure analogue à celle qui couvre les parois de la caisse. C’est par cette muqueuse que les inflammations de l’oreille moyenne se propagent à l’apophyse mastoïde. La communication des diverses dépendances de la caisse avec l’arrière-cavité des fosses nasales nous permet de comprendre par quel mécanisme un simple coryza peut déterminer un abcès de l’apophyse mastoïde qui vient s’ouvrir derrière l’oreille.

Tout en donnant plus de légèreté à l’os qui les renferment, les cellules mastoïdiennes jouent, dans l’appareil auditif, le rôle de la caisse sonore des instruments à cordes : une loi de l’acoustique nous apprend, en effet, que le son est renforcé par le voisinage d’un corps sonore. Ce qui semble donner raison à cette interprétation, c’est le développement excessif de ces cellules dans un âge avancé, tandis qu’elles sont à l’état rudimentaire et ne communiquent pas avec la caisse dans le jeune âge. Il semble que leur fonction est de suppléer, par leur pouvoir de renforcement, à la diminution de sensibilité qu’éprouvent, avec le temps, les différentes pièces de l’organe de l’ouïe.

Les physiologistes regardent encore les cellules mastoïdiennes comme un réservoir d’air destiné à atténuer les variations brusques de la tension gazeuse ; aussi sont-elles très développées chez les oiseaux à cause de la rapidité du vol.

Dans certains cas de surdité, on a perforé au dehors l’apophyse mastoïde, afin de permettre à l’air de la caisse de se renouveler par cette voie artificielle.

4° cavité i>e la caisse. — Nous étudierons, d’une part, les organes contenus dans cette cavité, c’est-à-dire les osselets de Vouie , et, de l’autre, la membrane muqueuse qui enveloppe ceux-ci, puis se réfléchit sur les parois de la caisse.

A. chaîne des osselets del»ouie. — La caisse du tyrn*

pan (fig. 193) est traversée du dehors au dedans par une chaîne de petits osselets chargés de transmettre les ondes sonores de la membrane du tympan à la fenêtre ovale. Ils arrêtent aussi les vibrations consécutives en jouant le rôle d’étouffoirs. Les différentes pièces de cette chaîne sont assez solidement unies entre elles par des liens ligamenteux, pour que le

Fig. 193. — Chaîne des osselets et membrane du tympan du côté gauche vue par sa face interne.

\, Tympan. 2, Cercle osseux sur lequel le tympan s'insère. — 3, Caisse du tympan. — 4, Trompe d’Eustache. — 5, 6, Conduit du muscle interne du marteau. — 7, Muscle externe du marteau — 8, Tête du marteau. — 9, Apophyse grêle du marteau. — 10, Col du marteau. — 11, Manche du marteau inséré dans le tympan. — 12, Enclume. — 13, Ligament qui unit l’enclume à la partie supérieure de la caisse. — 14, Grande branche de l’enclume. — 15, 16, Corde du tympan. — 17, Base de l’étrier — 18, Tendon du muscle de l’étrier. — 19, Conduit pyramidal du muscle de l’étrier. — 20, Cellules mastoïdiennes. — 21, Orifice faisant communiquer la caisse du tympan avec les cellules mastoïdiennes. (Figure tirée de l’Anatomie de M. Fort.)

moindre choc imprimé à Tune d’elles se communique aux autres. C’est ainsi que les vibrations du tympan se transmettent à la fenêtre ovale par une série d’oscillations successives. Quand les petites articulations des osselets sont ankylosées, la chaîne n’oscille plus et la surdité se manifeste: telle est la cause la plus fréquente do la dureté de l’ouïe chez les vieillards.

« Si, d’après M. Robin, on secoue brusquement la tête, on parvient, pourvu qu’on fasse l’expérience au milieu d’un grand silence, à percevoir un son métallique très distinct. Ce son est dû au choc des osselets. On assure que c’est un la, et que, si ce son n’est pas égal dans les deux oreilles ou manque dans une des oreilles, la personne qui présente ce phénomène est impropre à la musique. »

Les osselets de l’ouïe sont au nombre de quatre, et chacun a reçu un nom particulier, tiré de sa forme : le marteau, Y enclume , Los lenticulaire et Y étrier (fig. 193 et 194).

Le marteau, ainsi que nous l’avons vu, est adhérent par son manche à la membrane du tympan ; il donne insertion à deux petits muscles, le tensor tympani ou muscle interne du marteau et le muscle

SENS DE L’OUÏE

externe du marteau: ce dernier est considéré comme un ligament, par le plus grand nombre des anatomistes. Elise contractant, le muscle interne tire la membrane du tympan en arrière et sert, par conséquent, à augmenter sa tension. Nous savons, en effet, que pour être dans les

Fig. 494. — Osselets de la caisse du tympan uu côté droit (grossis cinq fuis). Ces os sont vus par leur partie supérieure et interne.

1, Tête du marteau. — 2, Col. — 3, Apophyse courte. — 4, Apophyse grêle. — 5, Manche du marteau. — G, Corps de l’enclume. — 7, Petite branche. — 8, Grande branche. — 9. Os lenticulaire. — 10, Etrier. — 11, Branche postérieure. — 12, Branehe antérieure. — 13, Base. — 14, Col.

meilleures conditions de vibrations, une membrane doit être tendue.

La tête du marteau s’articule avec l’encium©. Cet os ressemble à une dent molaire, dont une racine serait verticale et l’autre horizontale, bien plus qu’à la pièce de serrurerie dont il porte le nom.

L’os lenticulaire est un grain osseux interposé à l’étrier et à la branche verticale de l’enclume.

L’étrîer a une grande analogie avec l’étrier des cavaliers ; il s’articule par son col avec l’os lenticulaire et bouche pa? sa base la fenêtre ovale. Cet osselet reçoit à son col l’insertion d’un petit muscle stape dius (de stapia , étrier) qui a pour fonction d’attirer en arrière l’étrier lui -même ; ce mouvement rétrograde entraîne la chaîne des osselets et tend la membrane du tympan, qui cède aux tractions du manche du marteau. C’est le plus utile des osselets de la chaîne : il empêche le liquide de l’oreille interne de s’écouler au dehors. L’absence du marteau et de l’enclume permet encore, sinon d’apprécier un son, du moins de reconnaître un bruit ; tandis que la privation de l’étrier ou même son ankylosé entraîne une surdité absolue.

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