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ORGANE DU TACT

de la peau ex des MUQUEUSES. — L’organe du tact et du toucher est la peau. Celle-ci sert d’enveloppe protectrice au corps et se continue au niveau des orifices naturels avec la membrane qui tapisse les parois des cavités intérieures. Cette membrane a été appelée membrane muqueuse , à cause de sa grande mollesse. Quelques anatomistes, considérant cette dernière comme une simple réflexion du tégument externe, lui ont encore donné le nom de peau rentrée .

usages de la peau. — La peau n’est pas seulement destinée à nous faire apprécier les qualités tactiles des corps extérieurs et à nous protéger contre leur action irritante ; elle est de plus un organe de sécrétion, de respiration et d’absorption. Nous nous occuperons plus loin de la sécrétion de la sueur, ainsi que de la matière huileuse ou sébacée , et nous dirons ici quelques mots de ses deux autres fonctions.

1° respiration eux axée. — De même que les poumons, la

peau exhale du gaz acide carbonique provenant du sang et absorbe, en échange, du gaz oxygène de l’air. On le démontre en maintenant le bras dans un manchon de verre rempli d’oxygène pur : au bout d’un certain temps, on constate une diminution dans le volume de ce gaz et la présence d’acide carbonique.

La peau peut donc être considérée comme un appendice de l’appareil respiratoire ; elle supplée les poumons qui, sans elle, seraient incapables d’éliminer tout l’acide carbonique de l’économie. Ce gaz s’accumulerait dans le sang, et, comme il est impropre à la vie, il déterminerait bientôt l’asphyxie. Un cheval, dont on avait enduit le corps de colle forte recouverte d’une couche de goudron, succomba asphyxié neuf heures après. 11 ne serait donc pas prudent de suivre le conseil de Maupertuis, qui proposait d’enduire le corps d’un vernis imperméable pour prolonger l’existence.

On démontre encore qu’il existe une relation certaine entre la peau et les poumons, en privant de ces derniers organes une grenouille ; cet animal continue à vivre pendant quelques jours et ne respire que par la peau.

2° absorption cutanée. — L’expérience dont nous venons de parler prouve l’aptitude de la peau à absorber certains gaz. Les liquides subissent aussi l’absorption cutanée, puisque le poids d’un

SENS DU TACT

homme augmente après un bain pris dans des conditions particulières. Il faut pour cela que la température de l’eau ne soit pas plus élevée que celle du corps, car dans ce cas il y aurait sécrétion plus ou moins abondante de la sueur et par conséquent diminution du poids de l’organisme.

Les substances médicamenteuses ne semblent être absorbées par la peau que lorsque la couche superficielle de son épiderme a été préalablement altérée. Ainsi s’explique la présence du mercure dans la salive à la suite d’onctions faites avec de l’onguent napolitain, et celle de l’iode dans les urines, lorsqu’on a badigeonné une partie du corps avec la teinture alcoolique de cette substance. C’est de la même façon que pénètrent dans l’économie les médicaments administrés soit en bains, soit en frictions.

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