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VAISSEAUX. ET XERES RU DERME DE LA DE AU. ALTO

PLASTIE. — La grande vascularité de la peau et l’exquise sensibilité

Fig. 219. — Verrue.

dont elle est douée sont dues à la présence d’un nombre considérable de vaisseaux sanguins et de filets nerveux dans l’épaisseur du derme.

C’est grâce à la richesse de sa vascularisation que la peau peut être transplantée d’une région du corps sur une autre pour restaurer une

Fig. 220. — Restauration du nez avec la peau du bras.

partie détruite par un accident ou par la maladie. Cette opération a reçu le nom d 'autoplastie (aùxoç, soi-même ; luXaaaeiv, imiter). Elle donne de beaux résultats pour les restaurations du nez (fig. 220). La

SENS DU TACT

peau d’une personne étrangère peut aussi, à la façon des végétaux qu’on reproduit par marcotte ou par écusson, se greffer sur un autre individu ; mais il ne faut pas croire, ainsi que le donne à penser M. Edmond About dans sa spirituelle boutade Le nez d’un notaire, que le lambeau d’emprunt conserve le privilège de communiquer à son nouveau propriétaire les impressions ressenties par le premier. Depuis longtemps déjà de hauts personnages de l’Inde réparaient leurs mutilations judiciaires aux dépens des organes similaires de leurs esclaves. Tagliacozzi, au seizième siècle, recollait les nez et les oreilles tranchés par le bourreau. M. Paul Bert est parvenu a souder ensemble un rat et un chat. Cette propriété de la peau a donné lieu à une mystification qui fit grand bruit dans le monde savant : Il y a quelques années, raconte le docteur Joulin dans ses Causeries médicales, Brinon, ex-zouave, nul-

Fig. 221. — Corpuscule de Meissner. Fig. 222. — Corpuscule de Krause.

A, Deux tubes nerveux qui se rendent an cor- A, Nerf. — B, Corpuscule. — C. Cylindre-

puscule. — B, Noyaux. — C, Enroulement axe. — D, Enveloppe du corpuscule,

des tubes nerveux.

lement légendaire, et ancien prosecteur du professeur Gratiolet, avant beaucoup étudié, en Afrique, le rat au point de vue comestible et comme animal d’agrément, confectionna une nouvelle tribu de ces rougeurs en leur soudant, par le procédé de la greffe animale, quelques centimètres de la queue au bout du museau. Il baptisa du nom de rats à trompe du Sahara ces hybrides de la nature et de l’art. Un très-savant membre de la Société d’acclimation, qui vit encore, en acheta une paire trois cents francs, avec la louable intention de propager en France cette intéressante espèce. Le client du zouave choyait ses rats à trompe et les montrait avec un orgueil bien légitime à ses collègues humiliés. Mais, hélas ! dès la première génération, il s’aperçut que ses pensionnaires avaient été victimes, et lui aussi, d’une opération commerciale. Les petits n’avaient pas besoin de cornac, ils

étaient dépourvus de trompe. (Il paraîtrait que le savant mystifié ne serait autre que M. Bory de Saint-Vincent.) corpuscules ou tact. — Les nerfs de la peau sont très

nombreux ; ils apparaissent sous la forme de filaments d’une ténuité extrême, qui se terminent soit sur les organes annexes de la peau, soit sur des renflements ovoïdes particuliers appelés corpuscules du tact, découverts par Meissner (fig. 221) dans le derme de la peau, et par Krause (fig. 222) dans celui des muqueuses. C’est l’impression directe de l’air sur ces corpuscules, mis à nu, qui détermine la douleur consécutive aux plaies, aux brûlures et aux vésicatoires. Le prurit (de ™p, feu) qui accompagne le plus grand nombre des maladies de la peau n’a pour cause que l’irritation de ces mêmes papilles.

On rencontre encore sur le trajet des nerfs cutanés de la main et du pied d’autres corpuscules dits de Pacini (fig. 223), qui s’y fixent par un pédicule ; mais on ignore leur usage.

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