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ORGANES ANNEXES DE LA PEAÜ

Fig. 223. — Corpuscule de Paciui.

A, Nerf. — B, Artériole. — C, Veinule.

— D, Capsules superposées. — E, Bulbe central. — F, Cylindre-axe. — G, Terminaison bifurquée.

Les organes annexes de la peau sont les glandes sébacées et les glandes su doripares . Nous croyons utile de faire précéder lèur étude de celles des glandes en général.

caractères généraux, et rôle des geàndes* — Les glandes (de glans , gland) sont des cavités formées par une mince mem-

Fig. 224. — Follicules clos de l’intestin.

brane tapissée à l’intérieur d’un épithélium sphérique et recouverte à l’extérieur d’un réseau vasculaire très riche.

Suivant la configuration de cette membrane, on donne aux glandes les noms de glandes en tubes, glandes sphériques ou à follicules ocls ,

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et enfin de glandes en grappes. Ges dernières doivent leur nom à leur ressemblance avec une grappe de raisin : les grains de cette grappe sont représentés par les acini (douves, grain de raisin) ; les pédicules

Fig. 225. — Glande en tube Fig. 226. — Glande en tube Fig. 227. — Glande en grappe

simple. (Glande à suc gas* ramifié. (Glande à suc gas- simple. (Glande de Meibotrique.) trique.) mius).

par les tubes sécréteurs ; l’axe principal, les axes secondaires et tertiaires par les canaux excréteurs. Lorsque les acini sont en petit nombre, ainsi qu’on l’observe dans les glandes sébacées (fig. 229), la glande

Fig. 228. — Glande en grappe composée. (Glande salivaire.)

en grappe est dite simple; si, au contraire, ils sont nombreux, comme pour les glandes salivaires, la glande en grappe est dite composée (fig. 228).

De même, les glandes en tubes sont simples (fig. 225), ou ramifiées (fig. 226). Les glandes sphériques (fig. 224) sont dépourvues de conduits excréteurs, et, comme elles reçoivent une quantité considérable de vaisseaux, on les désigne encore sous le nom de glandes vasculaires sanguines. La rate est en partie constituée par cette espèce de glandes.

De toutes lesglandes, cesontles glandes en grappes qui présentent la plus grande surface épithéliale, et les nombreux replis de leurs acini n’ont d’autre but que d’en augmenter l’étendue.

Parmi les glandes de l’économie, les unes, comme les reins, ont pour fonction d’éliminer du sang les éléments nuisibles qu’il renferme et les autres, comme le foie, ont la propriété de créer des produits nouveaux avec des matières premières puisées dans le sang.

Ces produits de sécrétion sont versés au dehors des glandes par des canaux excréteurs plus ou moins nombreux, ou bien ils s’accumulent à leur intérieur, si, comme on l’observe pour les follicules clos, les glandes sont dépourvues de ces canaux.

1° GLANDES SÉBACÉES. — CeS

glandes ont la grosseur d’un grain de ^ , „ . , millet ; elles appartiennent par leui

big. 229. — Glande sebacee du nez. . , A

a. Parois. - b. Oriiice de la glande. - conformation a la variété des glandes

C, D, Cellules pleines de matière sébacée, en grappes simples.

- E, Follicule pileux. - F, Poil très lin. sécrètent une matière grasse,

dite matière sébacée (de sébum , suif), qui est continuellement versée à la surface de la peau ; c’est l’abondance de cette humeur qui rend la peau des nègres huileuse. Ce produit de sécrétion a pour but d’empêcher le dessèchement de la peau et de la protéger contre l’action irritante de la sueur. Elle a en outre, comme tous les corps gras, la propriété d’entretenir la souplesse de la peau* C’est pour éviter les ampoules aux pieds que les soldats font sur ces organes des onctions avec du suif ou de l’axonge.

Les anciens avaient aussi l’habitude de taire des onctions huileuses sur tout le corps, et l’on connaît la réponse d’un vieux soldat à Auguste qui l’interrogeait sur la cause de sa longévité : « Intus vino9 extus

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oleo. » On demandait, de même, à Démocrite quel moyen il avait employé pour devenir centenaire : « Par l’huile à l’extérieur et le miel à l’intérieur, » répondit le philosophe.

Lorsqu’on comprime la peau de certaines régions et plus particulière ment celle du nez, on fait sortir la matière grasse des glandes sébacées (fîg. 229) sous forme de petits cylindres qui ont l’apparence de vermisseaux. Il existe souvent dans cette matière sébacée un parasite connu sous le nom à’acarus folliculorum.

Chez certains animaux, la sécrétion sébacée est très-abondante. L’ours, par exemple, d’après Salvage, se renferme l’hiver et vit quelquefois longtemps dans sa tanière en ne suçant que ses pattes, où sô ait une abondante exhalaison de cette matière.

oies eoïjî»es. — Les orifices des glandes sébacées peuvent s’oblitérer ; dans ce cas, la matière sébacée s’accumule à l’intérieur de la

Fig. 2 JO. — Incision et extirpation d’nne loupe du cuir chevelu.

glande (fîg. 231), distend ses parois et forme des kystes sébacés appelés loupes (fig. 230) si elles siègent sur les téguments du crâne. C’est, nous l’avons dit, pour dissimuler une loupe volumineuse du cuir chevelu que Louis XIV portait une perruque.

fîjromcle et de l’ümthrax. — Les glandes sébacées n’existent que dans toutes les parties qui renferment des follicules pileux (fig. 208) ; la paume des mains et la plante des pieds en sont donc dépourvues. Le produit de sécrétion de ces glandes donne de la souplesse et du luisant aux cheveux et justifie l’emploi des pommades dans les apprêts de la toilette.

La plupart des auteurs considèrent le clou ou furoncle (de furun- Cülusi petit voleur) comme l’inflammation d’un follicule pilo-sébacé

dont la mortification donnerait lieu au « bourbillon ». D’après le professeur Sappey, l'origine des furoncles serait l’inflammation des glandes sudorifères. L "anthrax (de avôpxE, charbon) est généralement regardé

Fig. 231. — Développement d’un kyste sébacé.

1, Glande sébacée primitive. — 2, 3, Différents degrés du développement du kyste. *— 4, Paroi du kyste.

comme une réunion de plusieurs furoncles ; il siège le plus souvent à la nuque, où le derme présente sa plus grande épaisseur.

de l’acxé. — On donne le nom tfacné efflorescence) à l’in-

flammation des glandes sébacées. La couperose ou goutte rose , si com-

Fig. 232. — Coupe de la peau de la main.

A, Couche cornée de l’épiderme. — B, Couche muqueuse de Malpighi. — C, Derme. — D, Vaisseaux du derme. — E, Corpuscules du tact. — F, Graisse. — G, Orifice des glandes sudorifères.

mune chez les ivrognes et chez les personnes d’un tempérament herpétique, est une variété d’acné, accompagnée de la dilatation variqueuse des vaisseaux capillaires de la face, qui donnent à cette région une couleur lie de vin bien connue.

2° glamdes sudorifères* — Les glandes sudorifères existent

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dans toute l’étendue de la peau à l’exception de la partie concave du pavillon de l’oreille qui en est dépourvue. Elles sont formées de tubes flexueux, très-longs, dont l’extrémité profonde est pelotonnée en glomèrule , et dont l’extrémité superficielle est contournée en vrille (fig. 232). Ces tubes s’ouvrent à la surface de la peau par des orifices bien visibles à la loupe, surtout au niveau de la pulpe des doigts.

| i>e la sueur. — Ces glandes sécrètent un liquide, appelé sueur , qui est acide au moment de sa sécrétion et devient bientôt alcalin par 1 suite de son contact avec la matière sébacée.

Lorsque la sécrétion est trop abondante, comme dans certaines maladies sudorales, cette réaction n’est plus suffisante pour empêcher l’acidité de la sueur d’irriter la peau, et il se produit alors des éruptions plus ou moins confluantes, dites sudamina. De même le séjour prolongé de la sueur dans les plis de la peau détermine les gerçures que l’on observe chez les sujets gras ; on dit alors « qu’ils se coupent » .

La sueur offre un grand nombre de variétés par son siège, sa saveur, son odeur, sa couleur et sa quantité.

SIÈGE DE LA SUEUR. TRANSPIRATION ALTERNE. — Dans

certains cas, surtout dans l’état de maladie, la sueur occupe toute la surface cutanée ; mais, le plus souvent, la sécrétion sudorale est localisée à quelques régions particulières comme la tête, les pieds, les aisselles et la paume des mains. On a cité de nombreux exemples d’individus qui pouvaient provoquer à volonté l’apparition de la sueur sur telle partie déterminée. Le docteur Debrousse-Latour rapporte, d’après E. Wilson, le cas d’un acteur célèbre qui, encore jeune, jouait un rôle de vieillard sur un théâtre d’Amérique. Pendant la représentation il fut tout étonné d’exciter les rires des spectateurs au moment les plus dramatiques, et il n’eut l’explication de ce mystère qu’en rentrant dans sa loge. Une glace lui montra que les rides avaient disparu d’un côté de sa face, sous l’influence d’une transpiration partielle abondante; de sorte qu’une moitié de son visage avait les traits d’un jeune homme et l’autre moitié ceux d’un vieillard. « Dans ce cas, ajoute Wilson, tandis qu’un côté de la face était ainsi en sueur et l’autre sec, la poitrine se trouvait dans un état inverse. Il s’agissait là d’une transpiration alterne. »

l saveur re La sueur. — Ce liquide a une saveur amère et aigrelette qui tient à sa réaction acide. Si l’on en croit Galien, la saveur de la sueur varie suivant les maladies. Le célèbre médecin de Pergame donnait à ses disciples le conseil de chercher des indications thérapeutiques et d’établir le diagnostic d’après la méthode suivante, qui devait déplaire à bien des gens : « Faites goûter la sueur aux malades, leur disait -il, et selon qu’ils la trouveront salée* aigre, amère, âcre ou fade,

appliquez tel ou tel remède, car vous jugerez facilement quelles seront les différentes phases de la maladie. »

odeur s>e eæl sueur. — La sueur est fluide et transparente comme de l’eau ; elle possède une odeur pénétrante, qui est surtout désagréable chez les personnes dont le système pileux est de couleur rouge ardent. Chez certains individus, elle prend une odeur tellement fétide qu’elle constitue une infirmité. Dans le rhumatisme, elle a une odeur de souris ; dans la jaunisse, l’odeur du musc; dans le scorbut, celle des œufs pourris, et dans la fièvre urineuse, celle de l’ammoniaque. D’après le docteur Hammond, les affections nerveuses modifient profondément l’odeur de la sueur. Entre autres observations curieuses dont nous lui laissons toute la responsabilité, cet auteur a cité une jeune dame qui pendant ses accès exhalait une odeur rappelant celle de la violette ; une autre personne, atteinte de la danse de Saint-Guy, répandait une odeur d’ananas.

A l’état normal, chaque corps semble posséder une odeur qui lui est jüropre, et cette particularité permet à certains animaux de reconnaître les différentes personnes par l’odorat.

coloration de u/a sueur. — Ordinairement le linge imprégné de sueur prend une teinte jaunâtre ; mais, sous diverses influences» cette sécrétion acquiert une coloration particulière. Ainsi la sueur peut être colorée en vert parla bile ; elle devient noire dans la fièvre jaune ; dans d’autres états morbides, elle prend une teinte bleue ou rose sans qu’on en connaisse la cause : cette dernière sécrétion est désignée sous le nom de chromidrose (xp^Fc, couleur ; fôpwç, sueur). Quant aux sueurs sanguinolentes, ou hématidrose (aTp.a, sang ; fôpûç, sueur), auxquelles Sylla était sujet et que Charles IX eut quelque temps avant sa mort, ce sont, non pas de véritables sueurs, mais une sorte de perspiration sanguine. Lepelletier, de la Sarthe, a vu une jeune fille de la Salpêtrière chez laquelle le sang Huait mensuellement par l’une de ses pommettes. On cite encore le cas de deux sœurs qui, au sortir du bal, eurent une perspiration sanguine très-abondante. Ainsi s’expliquent les transsudations sanguines que l’on observe chez diverses stigmatisées, entre autres chez Louise Lateau, la stigmatisée d’Anvers.

QU/àM-TIUÉ ET MODE DE SÉCRÉTION RE LA SUEUR. — La

sécrétion de la sueur est continue : pour la constater, il suffit d’approcher l’extrémité d’un doigt à une faible distance d’une glace ; on voit aussitôt la surface correspondante de celle-ci se ternir sous l’influence de l’évaporation de la sueur.

On raconte que les médecins Sanctorius, en Italie, et Dodart, en France, passèrent une trentaine d’années dans une balance pour calculer la transpiration insensible produite par le corps humain. Les

SENS Dü TACT.

physiologistes modernes sont arrivés au même résultat par des procédés plus expéditifs et ils ont trouvé qu’un adulte sécrète environ un kilogramme de sueur, dans les vingt-quatre heures. Cette sécrétion peut être augmentée sous certaines influences, telles que l’exercice, l’élévation de la température et les maladies fébriles, comme le rhumatisme, la fièvre intermittente et la tuberculose. D’autres maladies, le diabète, la scarlatine, par exemple, suppriment l’exhalaison cutanée.

Les bains d’étuve secs activent la sécrétion de la sueur, tandis que les bains de vapeur humide la ralentissent. Dans ce dernier cas, le liquide qui ruisselle sur la peau n’est pas formé de sueur, mais de la vapeur d’eau qui s’est condensée sur le corps dont la température est inférieure à celle du milieu ambiant.

substances SUDORIFIQUES. — Certaines substances, dites sudorifiques, ont aussi la propriété d’activer les sueurs. Parmi les produits végétaux les plus réputés autrefois, se trouvent les quatre bois sudorifiques : le bois de gaïac, la racine de sassafras, les rhizomes de salsepareille et de squine. Les autres végétaux employés communément sont les fleurs de bourrache, de sureau, de chèvrefeuille. Enfin il convient de citer : la racine et les feuilles de pissenlit, le thé, la racine de patience, Vhydrocolyle asiatica, etc. Mais de tous les sudorifiques, le meilleur est l’eau chaude, et il est probable que les substances que nous venons de citer ne doivent leur propriété qu’au liquide qui leur sert de véhicule.

Il existe en outre des agents appelés antisudorifiques, comme le tannin, le phosphate de chaux, l’acétate de plomb, la quinine, l’atropine, etc., qui possèdent la propriété de diminuer les sueurs ; on les emploie principalement dans la phthisie pulmonaire, où les sueurs sont si fréquentes, surtout à la seconde période.

rôle physiologique de la sueur. — La sueur est, avec l’urine, le principal émonctoire de l’économie. Elle préside à l’épuration du sang, en entraînant avec elle des produits impropres à la nutrition. Il existe même un rapport intime entre la transpiration et la sécrétion urinaire. Les physiologistes ont démontré que le corps perdf en un jour, 2700 grammes de liquide, dont 1200 s’éliminent par lek reins, 1000 par la peau, 500 par les poumons, et que toute cause qui ralentit la sécrétion de l’urine, active, par compensation, celle de la sueur. Les vieillards transpirent peu, aussi urinent-ils beaucoup. En hiver, on urine davantage, parce que la transpiration est moindre ; c’est le contraire en été. Les chiens, dont l’exhalation cutanée est insensible, urinent fréquemment, et l’évaporation qui se fait à la surface de leur langue pendant qu’ils courent supplée, en quelque sorte, à la faible transpiration de ces animaux.

Quant à la quantité de liquide éliminée par les poumons, elle est

sensiblement égale en toute saison ; en hiver, la vapeur d’eau qui s’échappe des voies respiratoires apparaît sous forme de buée, d’autant plus abondante que la température de l’air est plus basse.

^ E>E L’ACTION RÉFRIGÉRANTE S>E LA SÏJEÏJR. — La Sueur ne

joue pas seulement le rôle d’émonctoire de l’économie ; elle est encore un régulateur de la température du corps et sert de plus à entretenir la surface de la peau dans des conditions de souplesse favorable à l’exercice du tact : c’est sans doute ce qui explique pourquoi les glandes sudorifères sont plus nombreuses que partout ailleurs, là où l’épiderme a sa plus grande épaisseur, comme à la paume des mains et à la plante des pieds. La sueur régularise la température du corps, en ce qu’elle concourt à la maintenir dans une uniformité à peu près constante par le refroidissement que produit son évaporation à la surface de la peau ; c’est pourquoi la sécrétion de ce liquide est plus abondante en été qu’en hiver. On sait, en effet, que tout liquide qui se vaporise détermine, par la soustraction d’une certaine quantité de calorique au milieu ambiant, un refroidissement plus ou moins intense. C’est par l’application de ce principe que l’éther dont nous versons quelques gouttes sur notre peau y produit un froid assez vif. De même, dans les vases poreux, appelés hydrocérames , l’eau suintant à travers les parois rafraîchit le contenu en s’évaporant à l’extérieur. On obtient un résultat semblable en exposant au soleil un vase rempli d’eau et recouvert d’un linge mouillé. L’habitude qu’ont les chasseurs de reconnaître la direction du vent en mouillant un doigt est encore une application de ce même principe. Ainsi s’explique le refroidissement que l’on obtient en soufflant sur un mets trop chaud. De même l’évaporation de la surface cutanée permet à l’homme de résister à des températures de beaucoup supérieures à celle de son corps. C’est Franklin qui le premier donna l’explication scientifique de ce phénomène. « Si l’éventail est, dit Franklin, un moyen de refroidissement de la face, c’est que l’agitation de l’air accélère l’évaporation de la sueur, évaporation qui est une cause de refroidissement (1). » D’après ce même savant, les moissonneurs de la Pensylvanie résistent à la chaleur accablante du soleil en buvant abondamment un mélange d’eau et de rhum, pour activer la sécrétion de la sueur.

Lorsque la déperdition du calorique se fait brusquement dans l’économie, par suite d’un courant d’air, par exemple, il peut en résulter de graves affections des voies respiratoires, telles que la pleurésie et la fluxion de poitrine. Ainsi se justifie le proverbe espagnol : « Un vent qui n’éteint pas une chandelle tue un homme. »

(1) Louis Figuier, Connais-toi toi-même , p. 302.

DE LA GUSTATION.

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