DE LA LANGUE
L’organe principal du goût, c’est-à-dire la langue, se compose: 1° d’un squelette ostéo-fibreux ; 2° de muscles nombreux ; 3° d’une membrane muqueuse , siège spécial du goût ; 4° des vaisseaux et des nerfs qui concourent à la nutrition et à l’innervation de ces différentes parties.
On ne rencontre dans la langue que fort peu de tissu cellulaire, ce qui explique la rareté de l’inflammation de cet organe ou glossite (de yXwaca, langue). Quant à la graisse, elle fait absolument défaut, parce que sa présence dans la langue eût nui à la souplesse de ses mouvements.
1° squelette i>e la LANGUE* — Ce squelette est constitué par un os en fer à cheval, l’os hyoïde (fig. 233), et par deux lames fibreuses, la membrane hyo-glossienne et le septum médian fibreux . La pre-
Fig. 233. — Os hyoïdes.
4, Grandes cornes. — 2, Petites cornes. — 3, Corpé.
mière, d’un pouce environ de hauteur, fixe la base de la langue à l’os hyoïde, et l’autre est une sorte de cloison verticale en forme de faux, qui divise la langue en deux parties égales.
2° muscles de la laivgue. — Les nombreuses fibres musculaires de la langue, considérées comme « inextricables », ont aujourd’hui une direction et des usages déterminés. On les divise en quinze muscles, dont sept pairs et un impair. Ils tirent tous leur nom des os ou des organes voisins qui leur servent d’insertion fixe.
Les sept pairs sont : les stylo-glosses, les hyo-glosses , les génio glosses , les pharyngo-glosses , les palato-glosses, les amygdalo-glosses et les linguaux inférieurs ; le muscle impair est le lingual supérieur.
Les stylo-glosses (5, fig. 234) forment les parties latérales de la langue. Ils se divisent en trois faisceaux : un supérieur, un moyen et un inférieur. Le premier élève de son côté le bord correspondant de
Fig. 2 *4. — Auiscico de; U langue.
2, Coupe du maxillaire inférieur. — 2. Génio-hyoïdien. — 3, Génio-glosse. — 4, Hyo-glosse. — 5, Stylo-glosse. — 6, Palato-glosse. — 7, Amygdalo-glosse. — 8, Pharyngo-glosse. — 9, Artère linguale. — 10, Constricteur moyen du pharynx, — 11, Faisceau inférieur du styloglosse.
la langue ; le deuxième attire en haut et en arrière la totalité de l’organe et concourt au mouvement de rétrocession de cet organe ; enfin le dernier soulève la base de la langue, à la façon d’une sangle.
Les hyo-glosses (4) sont deux muscles quadrilatères qui naissent de l’os hyoïde par trois faisceaux. La face profonde de ces muscles est en rapport immédiat avec les artères linguales (9) ; aussi est-on obligé d’inciser leurs fibres lorsque, dans une hémorrhagie rebelle de la langue, on pratique la ligature de ces vaisseaux. Les hyo-glosses inclinent de leur côté respectif le bord correspondant de la langue ; ils sont donc antagonistes des faisceaux moyens des stylo-glosses, qui agissent en sens inverse.
Les GÉNio-GLOSSES (3) forment la plus grande partie de la langue. Accolés l’un à l’autre par leur face interne, ils entre-croisent leurs fibres au niveau du bord inférieur du septum médian et semblent ne
DE LA GUSTATION.
constituer qu’un seul muscle. Leurs fibres naissent du maxillaire intérieur par un tendon court mais résistant et se terminent, en s’épanouissant, à la face profonde de la muqueuse linguale (pl. II, I, 13).
L’insertion de ces muscles à l’os maxillaire sert à fixer solidement la langue en avant et l’empêche d’être avalée dans les mouvements de déglutition. On a donc tort de croire, avec les anciens, que Zénon et Zeuxis se sont étouffés en avalant leur langue.
La disposition des génio-glosses explique comment, en repliant sa langue jusque dans l’arrière-gorge et en lui donnant la forme d’un tronçon rudimentaire, un vagabond, observé par M. Morel, a pu se faire passer pour un soldat français auquel les Arabes avaient coupé
Fig. *235. — Opératioa po.u- le bcgfij'trr.eii:,
A. Indicatenr de la main gauche. — B, Bistouri introduit entre les muscles génio-glosses jusque sous la muqueuse buccale. — C, Muscle génio-glosse. — D, Muscle génio-hyoïdien. — E , Couche de tissu cellulaire. — F, Ventre antérieur du muscle digastrique. — G, Section du maxillaire inférieur sur la ligne médiane.
cet organe. Afin de mieux simuler la mutité, ce mystificateur était parvenu à se faire admettre dans un établissement de sourds et muets, où il avait appris le langage mimique.
A la suite d’une apoplexie cérébrale, on observe souvent la paralysie d’une moitié de la langue ; dans ce cas, un seul muscle génio-glosse se contracte, et la pointe de la langue est projetée du côté opposé à la paralysie.
Nous avons déjà fait remarquer, en étudiant le mécanisme de la parole, que certains chirurgiens ont considéré, à tort, comme une cause fréquente de bégayement la rétraction congénitale des génio-glosses, et
que, dans l’espoir de guérir ce vice de prononciation, ils ont pratiqué la section de ces muscles à leur attache au maxillaire (fig. 235).
Les fibres inférieures des muscles génio-glosses portent en avant l’os hyoïde et, par conséquent, déterminent la propulsion de la pointe de la langue, tandis que leurs fibres antérieures font rentrer cet organe dans la bouche. Ainsi, les mêmes muscles ont une action opposée, selon le groupe de fibres qui se contracte.
Les PHARYNGO-GLOSSES OU GLOSSO-PHARYNGIENS (8, fig. 234) SOnt formés par des fibres du muscle constricteur supérieur du pharynx. Ils sont, comme le muscle d’où ils émanent, constricteurs de l’orifice supérieur du pharynx, et leur intervention est surtout manifeste dans le premier temps de la déglutition.
Les palato-glosses ou GLOSSO-STAPHYLINS (6) sont situés dans l’épaisseur des piliers antérieurs du voile du palais ; ils sont constricteurs de l’isthme du gosier, et leur action est synergique de celle des pkaryngo-glosses dans les mouvements de déglutition.
Les amygdalo-glosses (7) découverts par M. Broca, embrassent, à la manière d’une sangle, la base de la langue, qui se creuse en gouttière sur sa face dorsale au moment de leur contraction simultanée.
Les linguaux inférieurs, formés de trois faisceaux distincts, rétractent la pointe de la langue.
Le lingual supérieur est composé de fibres longitudinales qui partent de l’os hyoïde et se dirigent d’arrière en avant jusqu’à la pointe de la langue. Ce muscle occupe la face supérieure de cet organe ; il s’unit latéralement aux palato-glosses et aux faisceaux moyens des stylo-glosses pour constituer une espèce de muscle peaucier qui sert, en quelque sorte, d’étui à la langue.
En résumé, il existe dans la langue un grand nombre de fibres qui s’entre croisent suivant les trois directions longitudinale, transfersale et verticale (fig. 236). Cette structure compliquée est en harmonie avec les mouvements multiples que la langue effectue dans l’accomplissement de ses nombreuses et importantes fonctions, qui sont : l’articulation des sons, la succion, la mastication, la déglutition, Texpuition et la gustation.
30 MUQUEUSE LINGUALE. FILET S*E LA LANGUE. — La
muqueuse linguale est continue à celle qui tapisse les parois de la cavité buccale. En se réfléchissant sur le plancher de la bouche, cette membrane présente à la pointe de la langue un repli médian triangulaire, appelé frein. Trop court, ce repli forme une espèce de bride ou filet, qu’il faut couper, parce qu’il empêche les enfants de téter.
On pratique, en France, la section du filet à l’aide de ciseaux ordinaires; en Italie, les matrones se servent de l’ongle du petit doigt,
DE LA GUSTATION.
qu’elles laissent croître à cet effet. Cette petite opération est le plus souvent sans gravité ; quelquefois, cependant, elle est suivie d’une hémorrhagie plus ou moins abondante, provoquée, non par lésion directe des vaisseaux de la langue, mais par l’effet du vide qui tend à se produire dans la cavité buccale au moyen de la succion.
GREXOUSEUETTE. UYSSES DE LA RAGE.
— Au-dessous de la pointe de la langue, le plancher de la bouche est parfois le siège d’une petite tumeur molle, fluctuante, appelée grenouillette, parce que, dit A. Paré, « ceux qui la portent parlent en coassant et comme en grenouillant » .
Chez les individus mordus par des chiens enragés, on observe quelquefois, de chaque côté de la langue, de petites vésicules auxquelles Marochetti, qui les a signalées le premier, a donné le nom de lysses , (de Vu a<j«, rage).
Il ne faut pas confondre avec ces dernières Fig. 236. - Coupe d’on frag- tumeurs d’autres pustules jaunâtres que l’on
raeat de langue pour montrer constate généralement dans la coqueluche et l’entrecroisement des fibres. . . , ,
On y voit des fibres antéro- <Im siègent aussi près du frein de la langue.
postérieures, la section des Elles résultent des frottements répétés de cet fibres transversales et quel- , , . . . . .
ques papilles. (Figure extraite organe sur le bord libre des incisives inferieures de r Anatomie de m. Fort.) pendant les quintes de toux.
texture df. la muqueuse LINGUALE. — La muqueuse linguale, comme toutes les muqueuses, est formée de deux couches superposées, dont l’une est superficielle ou épithéliale, et l’autre profonde ou dermique.
La couche profonde est constituée par un tissu feutré, dense et épais, renfermant, dans les interstices de ses mailles serrées, des glandes nombreuses qui concourent, avec les glandes salivaires, à lubrifier les parois de la bouche. La face superficielle du derme est hérissée de nombreux prolongements mamelonnés, appelés papilles linguales (fig. 236), dans lesquelles se terminent les vaisseaux et les nerfs de la langue.
La muqueuse linguale présente une épaisseur telle, que les cuisinières ne servent jamais une langue de bœuf sans l’avoir préalablement dépouillée de son enveloppe coriace. Cette épaisseur est en rapport avec la résistance que l’organe du goût doit opposer aux substances alimentaires solides qui sont triturées dans la bouche avant d’être avalées.
DES PAPILLES LINGUALES. DISPOSÏTSOW ET USAGES.
“ Les papilles sont disposées suivant des lignes obliques, dirigées en
avant et en dehors à la manière des barbes d’une plume. Ces lignes sont séparées les unes des autres par autant de sillons intermédiaires, dont le but est de recevoir les particules sapides, afin d’en prolonger le contact avec ces éminences papillaires. Celles-ci se rencontrent surtout dans la région gustative de la langue ; aussi les physiologistes les ontils considérés comme les organes essentiels du goût.
C’est pour éviter la prolongation de ce contact que l’on se hâte d’avaler les substances à saveur désagréable. Les dégustateurs, au con-
Fig. 237. — Face dorsale de fa langao (d’apres Sappey.)
4, Foramen cæcum. — 2, V lingual formé par les papilles caliciformes. — -3, Papilles fongiformes.
— 4, 5, Papilles filiformes. — 6, Glandes folliculeuses. — 7, Amygdales. — 8, Epiglotte. —
9, Ligament glosso-épiglottique.
traire, conservent dans leur bouche, sans l’avaler, le vin dont ils veulent apprécier la qualité.
Yeut-on une autre preuve de l’utilité de ce contact. Lorsque la langue est recouverte d’un enduit épais, les papilles ne perçoivent d’autre goûs que celui de cette couche isolante, et toutes les substances introduitet dans la bouche réveillent la même impression désagréable ; on dit alors que « l’on a mauvaise bouche » .
11 n’existe aucun rapport entre la finesse de la gustation et le développement des papilles ; certaines personnes âgées, qui ont perdu le goût, possèdent des papilles assez saillantes pour donner à leur langue l’aspect de celle d’un chat.
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division des papilles lixguall.Es. — On a divisé les papilles linguales, d’après leur forme, en quatre espèces :
Les caliciformes , qui sont disposées à la base de la langue avec la forme d’un Y dont le sommet est occupé par une papille plus volumineuse, à centre fortement déprimé appelé trou borgne ou foramen cæcum ;
Les corolliformes qui sont placées en avant du Y lingual et se dirigent obliquement en dehors ;
Les fongif ormes et les hémisphériques, qui sont irrégulièrement disséminées sur toute la surface gustative de la langue.
épiderme de la lamgle. — La couche épithéliale formée de cellules pavimenteuses semblables à celles de l’épiderme de la peau
Fig. 238. — Muguet. Ou y voit des cellules d’épithélium imbriquées, couvertes de spores et de tubes du champignon oïdium albicans.
revêt toutes les dépressions et les aspérités du derme lingual ; aussi fournit-elle une gaine spéciale à chaque papille.
Ces prolongements épidermiques sont si nombreux que leur ensemble a été comparé à une sorte de gazon microscopique qui recouvre la langue.
parasites de la langle. -J- On rencontre souvent entre ces filaments des parasites végétaux, tels que le leptothrix buccalis, décrit par M. Robin ; le cryptogame imominé , auquel M. Raynaud attribue les dépôts noirâtres, si fréquents chez les vieillards ; enfin Y oïdium albicans, qui peut se développer sur toute la muqueuse du tube digestif et constitue le muguet (fig. 238).
MUE EX ENDUITS DE L’ÉPIDERME LINGUAL. — Les Cellules
épithéliales subissent une mue perpétuelle ; leur prolifération est incessante et des cellules de nouvelle formation remplacent aussitôt celles
que la mastication et la salivation ont détachées. Le matin, à jeun, les lamelles épithéliales de la nuit se sont accumulées à la surface de la langue, où elles forment un enduit blanchâtre plus ou moins épais. Cet enduit apparaît encore sous l’influence de certains troubles de la nutrition ; on dit alors que la langue est chargée.
i II n’est pas rare de voir dans les collèges, les casernes et les prisons, des individus qui, pour être admis à l’infirmerie, imitent l’enduit saburral delà langue que l’on observe habituellement dans la fièvre, avec 1 différentes substances, comme la craie, le plâtre, le blanc d’Espagne, la farine, la brique pilée, etc. La plupart de ces imposteurs, pour compléter leur fraude, simulent un état fébrile qu’ils provoquent soit en se livrant à un exercice violent quelques instants avant de se présenter à la visite du médecin, soit en frappant fortement le coude contre la muraille pour déterminer une accélération notable du pouls.
L’examen de la langue est un signe précieux pour le médecin. Ainsi, dans la fièvre typhoïde, elle est couverte de fuliginosités noirâtres ; elle est rôtie et comme ratatinée dans les maladies graves. Les affections des voies digestives lui impriment des caractères spéciaux, variables avec la nature de la maladie.
Ce n’est donc pas sans raison que l’on appelle la langue le « miroir du tube digestif », puisque l’état de l’un de ces organes est subordonné à celui de l’autre.
La transparence relative des lamelles épithéliales permet d’apercevoir la teinte normale de la couche dermique, et donne à la langue sa couleur rosée; mais que cet épithélium vienne à tomber, ainsi qu’on l’observe dans la scarlatine, le derme est alors mis à nu ; et, comme il est congestionné par l’intensité de la fièvre, il apparaît avec une teinte rouge framboise caractéristique.
4° XERFS de la — Les nerfs de la langue sont de deux
espèces : un nerf moteur et deux nerfs sensitifs.
Le nerf moteur est le nerf grand hypoglosse (fîg. 239) ; il anime tous les muscles de la langue à l’exception des stylo-glosses, des palatoglosses et des pharyngo-glosses. La paralysie de ce nerf entraîne celle de la moitié correspondante de la langue.
Outre la paralysie, le grand hypoglosse peut déterminer le tremblement, la contracture et les convulsions des muscles linguaux. C’est encore à ce nerf qu’il faut attribuer certains troubles particuliers des mouvements phonétiques, qui rendent la langue immobile, dès que le sujet veut parler.
sensibilité eimgïjaïæ. — La muqueuse linguale possède deux espèces de sensibilité : la sensibilité gustative et Insensibilité générale , dont les différents modes sont les sensibilités tactile } douloureuse et
liermique.
DE LA GUSTATION.
Les nerfs qui président à ces diverses espèces de sensibilité sont le glosso-pharyngien (fig. 239) pour le tiers postérieur de la langue, et le lingual pour les deux tiers antérieurs. Quelle part exacte de sensibilité revient à chacun d’eux ? La science ne peut répondre encore à cette
Fig. 239. — Nerfs de la langue.
1, 9, 3, Artères carotides primitive, interne et externe. — 4, Thyroïdienne supérieure. — 5» Linguale. — 6, Grand hypoglosse, nerf moteur. — 7, Branche descendante de l’hypoglosse- 8, Glosso-pharyngien, nerf sensitif. — 9, Lingual, nerf sensitif. — 10, Corde du tympan. — 11, Canal de Warthon. — 12, Ganglion nerveux sous-maxillaire. — 13, Muscle stylo-pharyngien. — 14, Muscle constricteur moyen du pharynx. — A, Corps de l’os hyoïde. — B, Coupe du maxillaire inférieur. (Figure extraite de Y Anatomie de M. Fort).
question. Cependant la plupart des physiologistes modernes admettent : Que ces deux nerfs se partagentla sensibilité gustative et que le glossopharyngien perçoit surtout les saveurs amères ;
Que la sensibilité générale de la pointe et des bords de la langue est placée sous la dépendance du lingual , et que les fibres gustatives de ce nerf lui sont données par la corde du tympan (10, fig. 239), branche émanée du nerf facial.
Ces conclusions sont tirées des expériences suivantes : Un chien sur lequel on pratique la section des deux glosso-pharyngiens mange sans répugnance une pâtée imbibée de coloquinte ; si l’on coupe sur cet animal les deux linguaux , les saveurs sont encore perçues à la pointe et aux bords, mais la sensibilité générale disparaît : on peut alors piquer ou brûler ces régions sans provoquer aucune douleur. On a de plus remarqué que les affections du nerf facial coïncidaient souvent avec une paralysie du goût et la conservation de la sensibilité tactile de la langue.
On considère comme nerf de sensibilité générale le laryngé supérieur, qui fournit plusieurs rameaux grêles à la muqueuse de la langue. Ce nerf est une branche du ‘pneumogastrique qui, entre autres organes, innerve l’estomac; or cette particularité explique la sympathie qui existe entre la langue et l’estomac, dans le cas, par exemple, où l’on provoque l’envie de vomir par la titillation de la base de la langue.
Les relations intimes de l’estomac et de l’organe du goût expliquent aussi la satiété et le dégoût que l’on éprouve dès que les aliments sont ingérés en quantité suffisante.
Les deux modes de sensibilité de la langue sont indépendants Pun de l’autre ; et il n’est pas rare d’observer la paralysie de la sensibilité tactile avec l’intégrité du goût.
La sensibilité générale peut, comme la sensibilité gustative, s’affaiblir, se perdre, s’exagérer ou se pervertir suivant les cas.
Ces troubles de l’innervation peuvent être de cause périphérique, intermédiaire ou centrale , selon que l’altération porte : 1° sur la langue qui reçoit l’impression des corps sapides ; 2° sur les nerfs sensitifs qui transmettent les impressions gustatives au cerveau ; 3° sur le cerveau lui-même, qui perçoit et apprécie les impressions transmises.
ETE L’OLFACTION