‹ Le corps humainChapitre 74 sur 144 · INFLUENCES DIVERSES QUI MODIFIENT LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

INFLUENCES DIVERSES QUI MODIFIENT LA PRODUCTION

et la teuansaussion des odeurs. — Le dégagement des odeurs augmente ou diminue suivant la température et l’état hygrométrique de l’air. Ainsi sous les tropiques, les plantes aromatiques répandent des parfums plus pénétrants que dans les régions boréales. Bayle assure que l’odeur de la cannelle fait reconnaître l’ile de Geylan à une distance de 25 milles, et, d’après Bartholin, l’odeur des romarins qui couvrent les côtes d’Espagne serait perçue à 40 milles en mer.

Une trop grande humidité et une trop grande sécheresse nuisent au développement des odeurs, tandis qu’une atmosphère légèrement

chargée de vapeur d’eau est favorable à leur dégagement : les fleurs sont plus odorantes au lever et au coucher du soleil qu’en plein midi ou pendant la pluie; et les chiens de chasse ont plus de flair le matin que dans la journée. Nous savons que les émanations nauséabondes des cimetières sont d’autant plus intenses que le temps est lourd et pluvieux.

C’est par le calorique qu’il dégage que le frottement a la propriété de développer les odeurs des corps : le bois de hêtre exhale un parfum de rose quand on le passe au tour ; les os de mort travaillés prennent une odeur analogue à celle de la fleur de châtaignier ; on connaît aussi l’odeur particulière qui se dégage de la peau par le frottement. Certaines plantes, comme le géranium, la menthe, la verveine et la plupart des labiées répandent un parfum plus pénétrant par le froissement de leurs feuilles. D’autres plantes perdent au contraire, par le froissement, toute leur odeur : telles sont les fleurs de la violette et celles du réséda.

effets des odeurs sur. il’écoisomie. — Les odeurs agissent principalement sur le système nerveux et, d’après son degré d’excitabilité, produisent des vertiges, des maux de tête et la syncope. Il est même des personnes qui perdent connaissance à la simple vue de certaines substances odorantes qu’elles ne peuvent supporter, comme la fleur d’oranger, le lys, le cataplasme de farine de graine de lin, etc. L’anatomiste Gavard ne pouvait tolérer l’odeur des pommes ; il eut des attaques convulsives après en avoir mangé. L’imagination joue un rôle prépondérant dans ces manifestations nerveuses. Capellini cite l’exemple d’une dame qui, ne pouvant supporter l’odeur de la rose, tomba en syncope à la vue d’une rose artificielle placée à la ceinture d’une de ses amies.

Ce qui rend les fleurs dangereuses dans une chambre à coucher, c’est moins leurs émanations odorantes que l’acide carbonique qu’elles dégagent. Tiller a cité le cas d’une jeune fille qui avait été asphyxiée par un énorme bouquet de violettes, laissé la nuit dans sa chambre peu spacieuse.

Quant aux cas d’empoisonnement que l’histoire rapporte aux odeurs, ils sont bien moins nombreux qu’on ne le pense généralement. Ainsi on attribue la mort de Henri VI à des gants parfumés ; celle du pape Clément VII aux vapeurs vénéneuses d’une torche ; celle de Lancelot, roi de Naples, et celle de Gabrielle d’Estrées, à un mouchoir empoisonné.

Si l’on en croit les homœopathes, les odeurs contrarient l’action des doses infinitésimales ; aussi ont-ils bien soin de défendre l’usage intus et extra de toute substance odorante, lorsqu’on est sous l’influence de leur médication. Bien plus, ils reconnaissent à certains corps inodores et même inertes, comme l’or, une puissance telle, qu’il suffit de respirer une parcelle de ces prétendus médicaments pour en ressentir des effets

DE L’OLFACTION

merveilleux. « Qu’un malade mélancolique, dit Samuel Hahnemann dans son Organon de Vart de guérir , ayant la vie en horreur, et se sentant pressé par des angoisses insupportables de tenter le suicide, qu’un tel malade flaire seulement pendant quelques moments un flacon contenant un quadrillionième d’un grain d’or, et après une demi-heure il sera délivré du démon qui semblait le posséder, et son humeur redeviendra semblable à celle d’un homme qui a l’esprit sain. »

coadïtioxs et siège de l’olfactiowi. — La condition nécessaire à l’exercice du sens olfactif est le transport, par l’air, des particules odorantes vers la région supérieure des fosses nasales où se distribuent, comme nous le verrons bientôt, les ramifications des nerfs olfactifs. Lorsqu’à l’air on substitue un véhicule liquide, les odeurs perdent la propriété d’impressionner le sens de l’odorat. Ainsi Weber a pu remplir les fosses nasales d’eau de Cologne sans déterminer de sensation olfactive. Les poissons possèdent cependant le privilège de sentir les odeurs dans l’eau, puisque les pêcheurs les attirent avec certaines substances odorantes.

Il est facile de s’assurer que le siège de l’odorat réside dans la partie supérieure des fosses nasales et non ailleurs, en aspirant des odeurs à l’aide d’un tube de verre adapté au couvercle d’un vase renfermant un corps odorant : la perception est très-nette quand le tube est dirigé verticalement ; elle est, au contraire, presque nulle quand le tube est placé horizontalement. C’est aussi pour conduire les particules odorantes vers la région supérieure des fosses nasales que nous inspirons fortement en fermant la bouche, lorsque nous voulons apprécier l’odeur d’un corps.

La perte du nez, ne nous permettant plus cette opération, entraîne avec elle un affaiblissement de l’odorat ; mais ce sens reprend sa finesse primitive après la pose d’un nez postiche.

ARTICLE II

DE l’organe de l’odorat

L’organe de l’odorat se compose d’une partie accessoire, le nez et , d’une partie fondamentale, les fosses nasales.

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