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I. — De l’agent excitateur des IMPRESSIONS LUMINEUSES

Bien que l’étude des lois qui régissent la lumière soit du ressort de la physique plutôt que de la physiologie, il est indispensable, avant de décrire le mécanisme de la vision, de rappeler quelques principes d’optique.

de ï,a lumière. — La lumière est l’agent 'impondérable qui rend les objets visibles. Deux hypothèses expliquent son mode de transmission : la plus ancienne, celle de Yémission, imaginée par Newton, a été rejetée par la grande majorité des physiciens ; l’autre, celle des ondulations , découverte par Huyghens et propagée par Descartes, a seule cours aujourd’hui dans la science. Cette hypothèse admet que la lumière émane des corps lumineux, et qu’elle ondoie jusqu’à nous par une série de vibrations analogues à celles que produit le son.

La transmission de la lumière a lieu en ligne droite et se propage avec une vitesse difficile à concevoir. L’astronome .Rœmer a démontré, par l’observation des éclipses des satellites de Jupiter, que la lumière met environ huit minutes à franchir la distance qui nous sépare du soleil. D’après cette donnée, elle parcourrait près de 75000 lieues par seconde. Il faut, paraît-il, plus de trois ans à la lumière de l’étoile fixe la plus voisine de la terre pour venir impres- 1 sionner notre rétine ; de sorte que, si cette étoile disparaissait du firmament, elle serait encore visible pendant ce même laps de temps. Il n’est donc pas étonnant qu’il y ait des étoiles dont l’œil d’aucun homme ne verra la lumière, parce qu’elle n’aura pas le temps d’arriver jusqu’à nous.

La lumière reflétée par la lune ne met qu’une seconde pour venir jusqu’à la terre.

SENS DE LA VISION

réflexion et réfraction. — Les corps opaques réflèchissent les rayons lumineux sous une inclinaison égale à celle de leur incidence.

Les corps transparents se laissent, au contraire, traverser par eux en les réfractant , c’est-à-dire en leur faisant subir une certaine déviation, qui tend à les rapprocher de la perpendiculaire élevée à leur point d’émergence. On démontre cette loi de la réfraction par l’expérience suivante. Après avoir placé une pièce de monnaie au fond d’un vase à parois opaques, on s’éloigne de ce vase jusqu’à ce que la pièce cesse d’être visible. A ce moment, si l’on verse de l’eau dans le vase, la pièce apparaît de nouveau. Pour arriver à Pœil de l’observateur, les rayons lumineux émanés de la pièce se sont donc brisés ou réfractés, en passant de Peau dans l’air. C’est pour la même raison qu’un bâton plongé dans Peau paraît rompu au niveau de son immersion, et que, pour atteindre un poisson avec une balle, il faut tirer au-dessous du point où on l’aperçoit. De même, l’iris nous semble moins profondément situé qu’il ne l’est réellement, parce qu’il est placé au fond de l’humeur aqueuse.

iæntieiæs biconvexes. — Ces corps transparents, terminés par deux surfaces sphériques, doivent leur dénomination à leur res-

Fig. 288. — Foyer principal de la lentille.

semblance avec les légumes du même nom. Lorsque les rayons lumineux traversent une de ces lentilles (fig. 288) ils sont tous réfractés et viennent concourir en un centre commun, dit foyer principal de la

Fig. 289. — Marche des rayons lumineux venant de l’infini dans l’œil normal.

lentille; ils forment en ce point une image plus petite et renversée de l’objet d’où ils émanent. L’amadou, qui prend feu quand on concentre sur lui les rayons solaires à l’aide d’un verre grossissant, est placé au

foyer principal; il en est de même de la mèche du canon qui partait au Palais-Royal quand le soleil était au méridien, c’est-à-dire au midi vrai.

Dans un œil bien conformé, la rétine doit occuper le foyer principal de la lentille cristalline (Th?. 2*9) : si la rétine est située en

Fig. 290. — Œil myope. Le foyer principal tombe en avant de la rétine.

arrière de ce point, l’œil est trop long ou myope (fig. 290); si, au contraire, cette membrane est placée en avant du foyer principal, c’est que l’œil est trop court ou hypermétrope (fig. 291).

Pour faire coïncider le foyer principal avec la rétine, on fait porter

Fig. 291. — Œil hypermétrope. Le foyer principal tombe en arrière de la rétine.

aux myopes des verres divergents ou biconcaves, et aux hypermé* tropes des verres convergents ou biconvexes (fig. 298, 299).

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