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DÉCOMPOSITION DE LA LUMIÈRE* SPECTRE SOLAIRE

— Lorsqu’on fait passer un rayon de soleil à travers un prisme do verre, ce rayon lumineux se décompose en une multitude de nuances, parmi lesquelles on distingue sept couleurs principales, appelées spectre solaire , qui sont de haut en bas :

Violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge (i).

Leurs noms ainsi disposés forment un mauvais vers alexandrin facile à retenir.

(l) Le violet, Y indigo, le vert et l'orangé sont dits couleurs mixtes parce qu’ils sont produits par la combinaison de deux des trois couleurs principales : le jaune, le bleu et le rouge . On appelle couleurs complémentaires deux couleurs, l’une principale et l’autre mixte , dont le mélange correspond à celui des trois couleurs principales , c’est-à-dire au blanc. Par exemple: le violet , formé de bleu et de rouge, est complementaire du jaune , puisqu’associé à cette couleur principale il produit la couleur blanche ; pour la même raison, le vert est complémentaire du rouge et \ orange du bleu.

SENS DE LA VISION

Ces couleurs sont aussi celles de l’arc-en-ciel, attendu que ce météore résulte de la décomposition des rayons solaires dans les gouttelettes de pluie.

C’est un mécanisme analogue détermine les tons irisés des crépuscules et des aurores. Les feux si variés des pierres précieuses sont produits par la décomposition des rayons lumineux par leurs nombreuses facettes.

Les rayons jaunes et orangés sont les plus irritants : ce sont eux qui «mangent» les couleurs des étolfes; les verts et les bleus sont, au contraire, les plus doux à la vue : aussi conseille- t-on souvent aux yeux affaiblis l’usage de lunettes de ces deux dernières couleurs. Néanmoins le vert contient encore des rayons jaunes, et le bleu, avec le reflet jaune des lumières artificielles, donne une teinte verte aux objets ; il sera donc préférable de se servir de verres légèrement fumés, qui diminueront l’intensité des rayons lumineux. Remarquons, en passant, que les couleurs les plus répandues dans la nature sont précisément celles qui fatiguent le moins la vue : le vert, le bleu et le gris.

La lumière possède un pouvoir calorifique des plus intenses, comme le prouvent les accidents congestifs provoqués par l’ardeur du soleil; l’inflammation d’un corps combustible placé au foyer d’une lentille convergente ; l’incendie de ia flotte de Marcellus par les miroirs d’Archimède, et tant d’aufres exemples semblables. Relativement à la force calorifique du spectre solaire, John Herschel a prouvé que la chaleur dégagée par chaque rayon coloré augmentait graduellement du violet au rouge. De plus M. Yung a démontré, contrairement à toute prévision, que la lumière violette, dont l’intensité calorifique est la moins grande, est précisément celle qui exerce l’influence la plus favorable sur le développement des animaux, tandis que Faction du rouge, placé au haut de l’échelle thermique, est plutôt nuisible.

HYPOTHÈSE DE LA COLORATION DES CORPS. — Oll explique la coloration des corps, en leur supposant l’aptitude d’absorber ou de réfléchir telle ou telle couleur : une étoffe bleue, par exemple, devrait sa nuance à ce qu’elle réfléchirait les rayons bleus et absorberait tous les autres.

Les corps qui paraissent noirs seraient ceux qui absorbent tous les rayons, ce qui fait dire que le noir est l’absence de toute couleur; les corps qui paraissent blancs seraient, au contraire, ceux qui les réfléchissent en totalité.

Une expérience facile à répéter confirme cette hypothèse. On place sur la neige deux morceaux de drap de même dimension mais de couleur différente, l’un noir et l’autre blanc; au bout de peu de temps, on trouve une plus grande quantité de neige fondue sous le

clrap noir que sous le blanc : ce qui prouve que le noir absorbe plus de calorique et par suite plus de rayons lumineux que le blanc, lequel, au contraire, semble les réfléchir tous. De là l’usage des étoffes blanches dans les pays chauds.

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