APPAREIL DIGESTIF
division de l’appareil digestif. — L’appareil digestif se compose d’un long tube d’environ 10 mètres, appelé canal digestif, et de plusieurs organes glandulaires ou annexes, destinés à verser dans ce canal le produit de leur sécrétion.
Les diverses parties constitutives du canal digestif de l’homme (fig. 310) comprennent de haut en bas : 1° la bouche ; 2° le pharynx ; 3° 1 ^œsophage ; 4° Y estomac ; 5° l 'intestin grêle ; 6° le gros intestin. Les organes annexes sont: 1° les glandes salivaires ; 2° les amygdales ; 3° le foie; 4° la rate ; 5° le pancréas.
de L’ ad DOMEX, — A l’exception de la bouche, des glandes salivaires, du pharynx, des amygdales et de l’œsophage, toutes les parties et dépendances du tube digestif sont contenues dans le ventre ou abdomen. Quelques étymologistes font dériver le mot abdomen des deux mots latins abdo , je cache, et omen , présage, parce que les augures consultaient les entrailles des victimes pour connaître l’avenir, qui y était caché.
La région abdominale a été divisée, ainsi que nous l’avons déjà dit au début de cet ouvrage, en neuf sections, par des lignes fictives, dont les unes, horizontales, passent au-dessous des côtes et au niveau des hanches, et les autres, verticales, tombent sur le milieu du pli de l’aine. Nous avons indiqué à la légende de la figure 1 les noms de ces différentes subdivisions.
DE LA DIGESTION
Les parois de l’abdomen sont résistantes, souples et mobiles, grâce à la peau, aux aponévroses et aux muscles (pl. III, A) qui entrent dans leur constitution. Ces paroîc doivent à leur texture membraneuse de
Fig. 310. — Vue schématique ue l'appareil digestif de l’homme.
A, Bouche. — => B, Langue. — C, Fosses nasales. — D, Voile du palais. — E, Pharynx. — F, Épiglotte. — G, Trachée-artère. — H, Œsophage. — I, Grosse tubérosité de l’estomac. — J, Estomac ouvert à sa partie antérieure. — K, Petite courbure de l’estomac. — L, Pylore. — M, Duodénum, deuxième portion. — N, Orifice par lequel la bile et le suc pancréatique coulent dans le duodénum. — O, Vésicule biliaire. — P, Pancréas. — Q, Intestin grêle. — R, Extrémité inférieure de l’intestin grêle. — S, Valvule iléocoecale entre l’intestin grêle et le gros intestin. — T, Appendice iléo-cœcal. — U, Côlon ascendant. — V, Côlon transverse. — X, Côlon descendant. — Y, Côlon iliaque. — Z, Rectum.
suivre tous les changements de volume et de position que subissent, d’une manière continue, les viscères abdominaux; mais, en même temps, elles se trouvent ainsi exposés aux atteintes des chocs extérieurs et aux hernies (de hernia , descente), car elles peuvent sortir hors du ventre.
Lé ccmi’S ùüiMaiN.
ou péritoine. — La surface interne des parois abdominales est tapissée d’une membrane de nature séreuse, appelée péritoine (juepf, autour ; xeiveiv, étendre), qui se réfléchit sur tous les viscères abdominaux et les enveloppe plus ou moins complètement.
Gomme toutes les séreuses, le péritoine présente une résistance con sidérable et une grande élasticité. Ces deux propriétés expliquent le développement exagéré que prend le ventre dans certains cas d’hydropisie et l’affaissement de ses parois, dès que l’épanchement disparait. Pour démontrer expérimentalement la résistance et l’élasticité du péritoine, Scarpa tendit sur un cadre circulaire une portion de cette membrane et lui lit supporter un poids de cinquante livres sans qu’elle se déchirât ; après avoir enlevé ce poids, il la vit reprendre aussitôt sa forme primitive.
plaies ou péritoive. PKRiToxiTE. — La moindre blessure du péritoine détermine l’inflammation de cette membrane et donne lieu à la péritonite , dont l’issue est le plus souvent funeste. Aussi la gravité des plaies de l’abdomen est- elle subordonnée à la lésion du péritoine: de là leur distinction classique en plaies pénétrantes et plaies non pénétrantes. Parmi les premières de ces blessures, on peut citer celle que le poignard du moine dominicain Jacques Clément fit à Henri III ; et parmi les secondes, le coup de canif dont Damiens « toucha » Louis XV sans l’atteindre profondément.
Cependant, lorsque l’abdomen est ouvert, soit dans l’extraction d’une tumeur abdominale, soit accidentellement à la suite de coups de sabre, ou de cornes de taureau, la lésion du péritoine n’entraîne pas nécessairement la mort. Ainsi chez des soldats, des bergers ou des torréadors, on a pu souvent fermer avec succès l’ouverture abdominale par laquelle s’échappaient leurs intestins. De même les piqueurs de vénerie réussissent à sauver des chiens blessés par le cerf ou le sanglier, en les recousant après avoir lavé et rentré leurs intestins.
i>e l’ascite. — Comme toutes les membranes séreuses, le péritoine sécrète un liquide citrin plus ou moins filant qui facilite les mouvements des viscères abdominaux. Dans certains cas pathologiques, cette sécrétion est très abondante et détermine l’hydropisie du ventre ou ascite (âcxoç, outre). Quelquefois ce liquide se produit si rapidement, qu’on est obligé de faire plusieurs ponctions dans la même semaine. M. Farabeuf cite, dans son Anatomie et Physiologie du système séreux , le cas d’une femme qui, en quatre ans, a pu perdre 1500 litres de sérosité abdominale. Bézard rapporte, dans les Bulletins de la Société d' émulation, l’observation d’une hydropique qui fut ponctionnée 665 fois en treize ans.
EMOUVOIR ABSORBAIT DU PÉRITOINE. — AvCC la faculté
(le sécréter, le péritoine possède encore le pouvoir d’absorber ; la disparition spontanée des épanchements gazeux et liquides qui se font dans le péritoine ne laisse aucun doute à cet égard. Fédéra démontra expérimentalement cette absorption, en plaçant dans l’abdomen d’un lapin une anse intestinale pleine d’hydrogène sulfuré ; il constatait, au bout de quelque temps, la disparition du gaz et l’apparition de symptômes d’empoisonnement. De même MM. Bouley et Colin ont remarqué qu’après l’injection d’une solution de noix vomique dans le péritoine, la mort survient chez le cheval en dix-sept minutes environ, et plus rapidement que lorsqu’elle est ingérée par les voies digestives.
replis ru pérïtome. le carreaij. — En se réfléchissant des parois de l’abdomen sur les viscères de cette cavité, puis en re-
1, Petit épiploon. 2, Arrière-cavité des épiploons. — 3, Grand épiploon. — 4, Mésentère. — 5,
’ Mésocôlon trans verse. — C. Côlon transverse. — D, Duodénum. — E, Estomac. — F, Foie. — I, Intestin grêle. — P. Pancréas. — R, Rectum. — V, Vessie.
liant les viscères entre eux, le péritoine forme deux sortes de replis.
On donne aux premiers le nom de la portion du canal digestif qu’ils enveloppent, en le faisant précéder du mot méso (pisoç, milieu) ; ainsi le mésocôlon transverse (5, fig. 311) est le repli péritonéal qui se réfléchit des parois abdominales sur la portion du gros intestin appelé
côlon transverse ; le mésentère (piiaôç, milieu ; évTepôv, intestin), qui s’étend de la colonne vertébrale à l’intestin grêle (4, fig. 311), (pl. III, J, 6). Ce repli a la forme d’un éventail et son bord flottant qui adhère à l’intestin est ondulé à la façon d’une collerette ou fraise. De là le nom de fraise , sous lequel les bouchers désignent le mésentère du veau.
Le rôle du mésentère est de s’opposer à l’entortillement et à la compression des anses intestinales. On rencontre dans son épaisseur de petits pelotons charnus appelés ganglions mésentériques (pl. III, J, 9), dont l’inflammation chronique détermine une intumescence et une rénitence considérables de l’abdomen ; d’où les noms populaires de « gros ventre » et de « carreau », donnés à cette affection.
Les autres replis qui relient les viscères abdominaux entre eux constituent les épiploons {krd, sur ; % Xéw, je flotte). Le plus important par son étendue est le grand épiploon (3, fig. 311), (pl. III, G), que l’on appelle encore épiploon gastro-colique, parce qu’il s’étend de l’estomac au côlon transverse. En passant du premier organe au second, il forme un repli considérable qui s’interpose à la paroi abdominale et aux circonvolutions intestinales. C’est ce que les bouchers et les charcutiers appellent la toilette ou la crépinette , parce que les premiers se servent de cette membrane pour orner leur étalage, et les seconds, pour envelopper les saucisses plates, dites crépinettes.
Le mésentère et le grand épiploon renferment une grande quantité de graisse chez les personnes obèses. C’est ce dernier repli péritonéal que les tripiers vendent sous le nom de gras double .