‹ Le Corps Thyroïde des TuberculeuxChapitre 10 sur 31 · RO) RE · texte numérisé non relu

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destruction spécial vis-à-vis des bactéries. Cette conclusion semble d’ailleurs plus en rapport avec les travaux de Mile Fassin et de Marbé, que nous avons cités précédemment.

Ce qui résulte de tous ces travaux, c'est que le corps thyroïde est sérieusement lésé au cours de toutes les infections ; et que ces lésions sont fonction directe de la gravité de l'infection. Jusqu'ici cependant nous avons laissé à dessein de côté tous les (ravaux qui avaient trait aux relations du corps thyroïde avec l'infection tuberculeuse. En effet, la tuberculose agit sur cette glande d’une façon parculière et un peu différente de la façon dont agissent les autres infechions : aussi avons-nous cru bon de lui consacrer une étude spéciale.

$S 4. — Corps thyroïde et tuberculose.

in 1905, Lorand (1), dans un travail très intéressant, mais discutable à certains points de vue, signale que tous les agents délétères pour le corps thyroïde favorisent le développement de la tuberculose. Il pense que les hommes et les animaux tombent facilement victimes des infections en général après l'extirpation ou la dégénérescence de leur corps thyroïde. C'est ainsi que la tuberculose est fréquente chez les myxædémateux et leur famille. Pour cet auteur les descendants de tuberculeux et de syphilitiques deviendraient facilement tuberculeux par suite de l’atro-

(1) Loranp, Insuffisance thyroïdienne comme facteur étiologique dans la pathogénie de la tuberculose, Congrès de la tuberculose, Paris, 1905.

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phie congénitale de la glande, hypothèse peut-être un peu absolue. Il prétend également que si la tuberculose est si fréquente après la grossesse, la lactation (1), la croissance, le diabète grave, la convalescence des maladies infectieuses, ce fait serait dû à un épuisement de la glande, consécutif à son hyperfonctionnement, Ilexplique l’action bienfaisante de la viande crue chez les tuberculeux, par l'hyperfonctionnement thyroïdien dont elle est cause ; et celle du lait, parce que cet aliment contient les éléments principaux de la thyroïde.

Morin {2) émet le même avis : il rappelle comment le corps thyroïde s'hypertrophie au cours des maladies infectieuses ; 1l y a à ce moment hyperfonclionnement, qui peut être suivi de fatigue, d'épuisement fonctionnel, et pour lui, ce manque de sécrétion thyroïdienne, ne serait pas étranger aux tuberculoses qui se développent fréquemment à la suite de rougeoles ou de coqueluches.

D'ailleurs cette hypertrophie du corps thyroïde peut se produire au début de la tuberculose, toutefois elle est en général passagère. Cette hypertrophie du début a été observée par Elliott (3), par Stanton (#), qui a observé dans la tuberculose pulmonaire au début, un ensemble de symptômes rappelant les affections thyroïdiennes. Il a

(4) Voir Vrrey, Etude sur la Physiologie de la nourrice Thèse. de Paris G. Steinheil, 1905.

(2) Morin. Tuberculose et corps thyroïde, Presse médicale, 29 septembre 1906.

(3) Erziorr, Hyperthyroïdisme, American Journal of medical sciences, CXXXIV, 1907, p. 390.

(4) Sranron, The Thyroïd in tuberculosis, American medicine, X, 1905, p. 605.

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noté de l'accélération du pouls, des palpitations, du tremblement des mains, de la nervosité, et1l attribue ces symptômes à l'hypersécrétion thyroïdienne.

Dans certains cas même, cette hypertrophie n’est pas passagère, mais aboutit à un véritable goître. Costa (1) en signale plusieurs cas apparus dans ces conditions en dehors de toute affection appréciable. I attribue ce goître à dé la prolifération grandulaire ou à de la sclérose périlobulaire, sous l'influence des toxines bacillaires, et 1l voit dans ces modifications histologiques, un processus de défense.

Poncet et Leriche (2), de leur côté, signalent des adénomes du corps thyroïde comme pouvant être d'origine tuberculeuse ; leurs observations sont d’ailleurs discutées par Léon Labbé. De même Gilbert et Castaigne ont envisagé la tuberculose comme cause possible de goître exophtalmique. D'autres auteurs envisageant à un autre point de vue la même question, ont signalé que le goître exophtalmique pouvait de son côté préparer le terrain à la tuberculose.

Mais la plupart du temps, après son hypertrophie passagère, la thyroïde des tuberculeux s'atrophie et devient très petite. Roger et Garnier (3) signalent des cas de 13, 11,10 et même 9 grammes. Pour Morin, la saillie extraordinaire du cartilage thyroïde des tuberculeux serait due non seulement à l’amaigrissement général des individus, mais surtout à la diminution de volume du corps thyroïde,

{1) Cosra, Thèse de Lyon, 1905.

(2) Poxcer et LericHe, Acad. de médecine, 10 avril 1906.

(3) Rocer et Garnier, Des lésions de la glande thyroïde dans la tuberculose, Archives générales de médecine, avril 1900, p. 385.

Sur 348 de ces malades examinés par lui,82,c'est-à-dire environ un quart,avaient une atrophie de leur corps thyroïde.

Morin a recherché s’il n’y avait pas relation entre le volume du corps thyroïde et l’évolution de la tuberculose, el pour lui, les individus à glande normale ou légèrement hypertrophiée résistent mieux à l'infection, que ceux qui ont une glande atrophiée. Il a vu que chez des malades soumis au même traitement, 87 pour 100 de ceux qui avaient une glande normale ou hypertrophiée présentaient une amélioralion ; au contraire, celle-ci ne se produisait que chez 37 pour 100 des malades à glande atrophiée.

Personnellement nous avons pesé 24 corps thyroïdes de tuberculeux, nous avons réuni leurs poids dans le tableau ci-dessous :

N° de Poids l'observation Evolution en grammes 26 Lentelgbitre) Er D AIM STENTON CERTAIN AUS 29 Leuteitte dons 22 nes Gt Gd0) Lab 40 10 LENS On SPEARS CR 7 6 RO ER ÉO TE =tee UUS 7 veus 00 25 PÉDALES 18 API INT. Be MU NES HDLON QUEUES 08 22 DOCS EE ER nn roi 400 24 Re RER à du L ic 00 30 ARS AT ADICLE De a D ten ho Te OÙ 1 LOIR PUDO NME MINE DM PSE HT RO NYRE DT 15 Rapide anof roma ner renaud Sach0h 9 AMEN UT CN PANIER re NS 8 Rapide. + -: RE ns OR EN ee 3 rte tee Lee td Re Ad t 14 Rapide nt Hole. Sr QU QT 2 tE11120 28 Lente fol s HOT Ent nr 20 2 PEN 22. 0 OR ss 1. ©. 15

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Il résulte de ce tableau que le corps thyroïde peut êlre gros, aussi bien chez les tuberculeux à marche lente, que chez ceux qui ont une évolution rapide ; mais ce qui semble démontré, c'est qu'en général les corps thyroïdes pelits appartiennent plutôt à des sujets alteints de tuberculose à évolution lente. En effet, dans 8 cas, nous avons trouvé le poids du corps thyroïde inférieur à 20 grammes ; or 6 d’entre eux ont trait à des tuberculoses à marche'lente ; un d’entre eux (Obs. 20) se rapporte à une femme malade depuis plus d’un an ; un seul cas d’évolution rapide (Obs. 12) est un cas un peu spécial de méningite avec granullie.

D'ailleurs si nous prenons une limite de 20 à 30 grammes comme poids normal du corps thyroïde (Launois), nous voyons que dans 6 cas, nous avons une augmenl{aton de poids du corps thyroïde, et encore parmi eux nous avons un Cas de goître ; au contraire, dans 8 autres

cas, 1l y a diminution. Nous sommes donc d’accord avec les auteurs à ce sujet, et sans avoir trouvé les poids extrêmement faibles de Roger et Garnier ; pour nous également la glande thyroïde des tuberculeux est fréquemment diminuée de volume {1/3 des cas).

Quant à la différence d'opinion qui semble exister entre nos résultais et ceux de Morin, elle n'est qu'apparente,

Re Morin signale en effet la plus grande résistance des malades à grosse glande, et nous trouvons,au contraire,que ce sont les sujets à marche lente qui ont une glande petite. Cette divergence est due à ce que Morin a examiné les corps th yroïdes au début ou au cours de l'infection tuberculeuse, tandis que nous avons examiné des corps thyroïdes pris à l’autopsie. Ces organes avaient peut-être été hypertrophiés au début, mais depuis ce temps ils avaient subi l'influence prolongée des toxines tuberculeuses. D'ailleurs Morin reconnaît lui-même que l’on aurait tort de conclure du volume normal à un fonctionnement normal ; et 1l voudrait que l’on pût mesurer la quantité et la qualité de la sécrétion. C’est cette étude histologique et chimique,

que nous nous sommes efforcé de faire dans ce travail.

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