SENTE
lapins et des cobayes, et ont observé des résultats absolument analogues à ceux qui avaient élé observés chez l’homme. Ils ont pu arriver à distinguer trois degrés dans l'infection. L'infection assez légère répond à l'hypersécréton du corps thyroïde — l'infection plus grave aboutit à la dysthyroïdation, enfin dans les cas les plus graves, il y a athyroïdation, suppression absolue de la fonction.
L'année suivante, en 1900, Torri (1) étudie l'état de la thyroïde au cours des infections par le pneumocoque, le bacille d’Eberth, le bacille de Koch et la bactéridie charbonneuse. Il observe également de l'hypersécrétion colloïdale et de la prolifération de l'épithélium vésiculaire. Le pneumocoque a causé parfois des foyers hémorragiques ; le bacille de Koch a contribué à la formation d'amas caséeux.
En 1900 également Roger et Garnier (2) reviennent sur la question : ils injectent des cultures de staphylocoques et de bacilles d’Eberth dans la carotide de lapins et de cobayes. Avec des cultures faibles de staphylocoques, ils ont obtenu surtout des lésions interstitielles ; avec les cultures fortes, ils ont obtenu des lésions parenchymateuses portant surtout sur l’épithélium de la vésicule et sur la matière colloïde. Dans un cas même, avec une culture diluée, les auteurs ont obtenu un véritable néoplasme de la glande avec prolifération épithéliale, ainsi que des îlots de nécrose.
Avec le bacille d'Eberth, les cultures virulentes ont
(1) Tori, La tiroide nei morbi infettivi, 7! policlinico, 1900, 15 mars, 15 avril, 15 mai.
(2) Rocer et Garnier, Recherches expérimentales sur les infections
thyroïdiennes, Presse médicale, 9 août 1900, p. 9%.
Lu O0 EE
donné des thyroïdites hémorragiques avec intégrité relative de la matière colloïde. Les cultures peu virulentes ont au contraire donné des réactions intersttielles importantes.
Crispino (1) étudie à son tour les lésions du corps thyroïde dans lesinfections et les intoxications expérimentales ; mais la question est encore discutée, et pour d'autres auteurs les lésions constatées n’ont pas grande signification.C'est ainsi que Kashiwamura (2), étudiant la thyroïde dans les maladies infectieuses, déclare que les différences de volume et de coloration de la glande à l’état normal sont si fréquentes el s1 variables, qu il refuse d'y attacher la moindre importance dans les cas pathologiques.
Mais Roger et Garnier (3) insistent à nouveau sur le type normal qu'ils ont fixé, quelques années avant, en étudiant la glande d'un supplicié ; ils pensent que les varations de structure du corps thyroïde sont si nombreuses, parce que les causes morbides qui produisent ces modifications, sont elles-mêmes très fréquentes et trop souvent méconnues. Ils refont l'étude de la glande thyroïde dans la variole et décrivent les lésions qu'ils y constatent.
En 1903 également Loeper el Esmonet (4) montrent de
(4) Crisrixo, Le corps thyroïde dans les infections et les intoxicalions expérimentales, Giorn dell Assoc. napol dei medici e natural, XH, 3.
(2) KasmiwamurA, Die Schilddrüse bei Infectionskrankheiten, Archiv für pathologische Anatomie und Physiologie und für klinische Medicin, 1901. Bd. 166, Heft 3.
(3) Rocer et Garnier, La glande thyroïde dans la variole, Presse médicale, 16 mai 1903.
(4) Losrer et Esmoner, La graisse dans les corps thyroïdes pathologiques, Soc. anatomique, 18 décembre 1903.
leur côté que jamais dans l'état normal la thyroïde ne con-
- lient de graisse ; au contraire,chez des malades morts d’ictère grave, de scarlatine, de tuberculose, de cancer, les cellules de l’épithélium vésiculaire renferment des granulations graisseuses plus ou moins volumineuses et abondantes. Tiberti {1) signala ensuite l’hypersécrétion collotdale au cours de l'infection par le tétanos. Contentonsnous de signaler le travail de Simonin sur la (hyroïdite aiguë au cours des oreillons. Diez et Lerda (2), dont nous avons cilé le travail à propos des intoxications par la caféine et la strychnine, firent les mêmes recherches à propos des toxines tétanique et diphtérique el conclurent que le corps thyroïde n'avait pas non plus de rôle antitoxique visà-vis des poisons microbiens.
C'est également l’avis de Roger et Garnier (3), qui remarquent que les injections de bacilles dans la carotide sont aussi graves au moins que celles qui sont pratiquées dans les veines, et d'autre part, que les lapins thyroïdectomisés résistent aussi bien que les lapins témoins aux 1infections. Nous avons recherché de notre côté l'influence du corps thyroïde sur l’évolution de la tuberculose, et on verra plus loin que nos résultats diffèrent un peu de ceux des auteurs précédents. Ce n'est d'ailleurs pas l'avis de Torri (4) qui attribue à la glande thyroïde un pouvoir de
(1) Treerni, Sur l’activité sécrétoire du corps thyroïde dans quelques états pathologiques, Le Sperimentale, mai-août 1905, p.263 à 279.
(2) Diez et Lena, Sur le pouvoir antitoxique de la thyroïde, Giorn. della Ac. di Med. di Torino, 1905, p. #29.
(3) Rocer et Garnier, Recherches expérimentales sur les infections thyroïdiennes, Presse médicale, 9 août 1900, p. 93.
(4) Torrr, La tiroide nei morbi infettivi. 1! Policlinico, 1900, 15 mars,
45 avril, 45 mai.