‹ Le Corps Thyroïde des TuberculeuxChapitre 11 sur 31 · HISTOLOGIE · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE

$ 4. — Histologie normale.

Avant de faire l'étude du corps thyroïde chez les tuberculeux, il ne nous semble pas'inutile de rappeler rapidement l’histologie du corps thyroïde normal. Sur une coupe cet organe apparaît formé par la réunion de vésicules ; celles-ci se présentent sous forme de cavités arrondies, de volume variable oscillant entre 0,08 et 0,22 de millimètre. Pour certains auteurs ces vésicules seraient entourées par une membrane d’enveloppe, basale et vitrée pour Mathias Duval; anhiste et homogène pour Rivière ; au contraire elle n'existerait pas pour d'autres (Langendorff, Schmid).

Ces vésicules sont tapissées par un épithélium, constitué par des cellules cubiques, ayant au centre un noyau avec deux nucléoles. Roger et Garnier {1}, dans l’examen qu'ils ont fait du corps thyroïde d’un supplicié, ont bien montré comment ces cellules sont disposées régulièrement, et réduites souvent à un noyau bien coloré entouré d’un protoplasma peu abondant. En certains points seulement, le

(1) Rocer et Garnier, La glande thyroïde dans les maladies infectieuses, Presse médicale, 19 avril 1899,t. I, p. 181.

TRS

proloplasma est assez abondant pour permettre de distinguer les cellules claires ou cellules principales de Langendorff, des cellules granuleuses ou colloïdes. Pour Renaut d’ailleurs, cellules claires et cellules granuleuses seraient identiques, et leurs différences ne seraient dues qu à la variation d'aclion des agents fixateurs. Roger et Garnier ont encore signalé dans les petites vésicules, qu'il est possible de voir sur un point de la paroi, les cellules épithéliales disposées sur deux ou plusieurs rangs ; il ne faut pas confondre cet état avec la desquamation épithéliale, qui se produit parfois au cours des élats pathologiques, cet aspect est dû à une coupe oblique, intéressant une plus ou moins grande étendue de la périphérie de la sphère.

Les vésicules renferment la substance dite colloïde; c'est une masse amorphe, se colorant en rouge par l'éosine, en Jaune par l'aurantia, en rose par le carmin. Cette malière colloïde a un aspect variable, elle peut remplir uniformément toute la vésicule, elle peut au contraire se rétracter sur elle-même, laissant un espace vide entre elle et la paroi de la vésicule. Elle a parfois une forme arrondie, parfois au contraire une disposition étoilée. Elle est souvent creusée d'une ou plusieurs vacuoles. Nous tenons à signaler d’ailleurs le peu d'importance que nous attachons pour notre part à ces divers aspects, qui ne sont à notre avis que de simples arlifices de préparation, dus à la différence d'action des réactifs fixateurs.

Toutefois Roger et Garnier ont signalé que la matière colloïde prenait très inégalement les réactifs. Dans certaines vésicules, elle est rouge foncé, dans d’autres elle est rose ; parfois dans une même vésicule une partie est forte-

NO 0e ment colorée et l’autre l'est à peine. Pour eux,cette différence de coloration serait due au degré de concentration de la substance colloïde.

Letissu conjon ctif dans la glande thyroïde normale de l'adulte est extrêmement peu abondant. Il n’est pas comparable à celui qui existe dans la glande de l'enfant à laquelle il donne une disposition lobulée. Cette disposition a complètement disparu ; le tissu conjonctif est réduit à de fins tractus qui courent entre les vésicules, c'est seulement auprès des vaisseaux qu'on voit des amas plus volumineux. La glande apparaît formée par la juxtaposition de masses colloïdes accolées les unes aux autres et séparées de temps en temps par des amas cellulaires.

Nous ne ferons que signaler les artérioles nombreuses et ramifiées autour des vésicules ainsi que les veines. Les lymphatiques sont volumineux, étalés à la surface de la vésicule, ils décrivent un riche réseau.Ce sont ces lymphatiques efférents, qui sont chargés d’emporter à l’organisme les produits de la sécrétion thyroïdienne. Quant aux nerfs, ils sont constitués par des fibres sans myéline.

Nous n'insisterons pas plus longuement, sur l'histologle normale, pour l’étude de laquelle nous ren verrons aux classiques, et dès maintenant nous allons nous occuper de la tuberculose de la glande. La glande thyroïde réagit en effet à la tuberculose de deux façons. Dans certains cas on observe le tubercule thyroïdien ; dans d’autres, au contraire, il n’y a pas de localisation spécifique au niveau de la glande, mais un ensemble de lésions, qui pour Roger et Garnier seraient dues à l’action des toxines tuberculeuses.

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