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de compression du côté des organes du cou. Dans d’autres cas, on a encore affaire à de gros tubercules apparaissant à la périphérie ou à la coupe de l'organe, mais ils ne sont plus assez volumineux pour amener des accidents de compression. Souvent aussi on trouve des granulations miliaires à la surface de l'organe, ces granulations sont jaunàtres et tranchent nettement sur le tissu glandulaire. Dans quelques cas enfin l'organe n’est pas modifié extérieurement, et cest seulement l'examen histologique qui vient déceler les follicules tuberculeux.
Roger et Garnier signalent la rareté des cellules géantes dans les préparations de tubercules thyroïdiens. Ils distinguent une zone centrale ou caséeuse, pouvant ne plus renfermer aucun élément cellulaire, ou conserver encore quelques noyaux. Celte zone centrale est entourée de cellules épithéhioïdes entourées elles-mêmes de tissu fibrillaire. Enfin à la périphérie, ilexiste une couronne de cellules rondes mononucléaires, au milieu desquelles on voit encore parfois quelques cellules épithélioïdes. Tout autour les vésicules sont modifiées, la matière colloïde est altérée ou disparue, l'épithélium vésiculaire est pâle ; 1l y a une réaction fibreuse intense autour des vésicules.Ces tubercules peuvent se ramollir ou subir l’évolution fibreuse.La recherche desbacillesdanscestuberculesestsouventinfructueuse, toutefois Roger et Garnier les ont trouvés dans un cas de granulie. Ces deux auteurs ont d'ailleurs pu reproduire les tubercules thyroïdiens en injectant à des lapins et à des cobayes une culture tuberculeuse dans la carotide, liée un peu au-dessus de l'artère thyroïdienne.
Mais nous n'avons pas l'intention d'insister plus lon-
PA TV guement sur le tubercule thyroïdien, et dès maintenant nous allons étudier l’ensemble des réactions, qui se produisent dans le corps thyroïde au cours de la tuberculose Ces lésions ne sont pas comme les précédentes ; elles ne portent pas en elles-mêmes la signature de l'infection tuberculeuse, mais elles sont extrêmement fréquentes au cours de cette infection et méritent par ce fait une étude
attentive.
S 3. — KLésions du corps thyroïde des tuberculeux. Sclérose. — Nous avons signalé plus haut combien il
était fréquent de voir les corps thyroïdes des tuberculeux diminués de volume, pâles et durs. A la coupe toutefois, le tissu un peu dur ne présente pas de granulalions ; cependant si on pratique l'examen histologique, la première chose qui frappe dans ces cas, c’est l'abondance du tissu fibreux. Cette sclérose thyroïdienne a été considérée par Roger et Garnier comme extrêmement fréquente, pour ainsi dire constante. En effet, sur 12 corps thyroïdes qu'ils ont examinés à ce point de vue, ils ont trouvé 11 fois de la sclérose ; et encore le cas où la sclérose manquait, appartenait à un goître de 90 grammes ; pour eux, il serail possible que l’existence de cette ancienne lésion gottreuse, au lieu de présenter un point d'appel pour les manifestations morbides, ait au contraire préservé la glande,
Une première question qui se présente à l'esprit, est de savoir si la sclérose n'a pas une relation avec l’âge des malades. Or le plus âgé d'entre eux (Obs. 20) présente seulement une sclérose jeune et assez peu développée ;
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cette sclérose aurait dû être intense, si l’âge seul pouvait suffire à l'expliquer, car le malade avait 77 ans. D'autre part, nous voyons des sujets de 25, 29, 39 ans (Obs. 23, 28, 10, 31) présenter une sclérose très intense.
D'un autre côté sur quatre examens de corps thyroïdes de non tuberculeux,dans trois cas (Obs. 16,17,27) [paralysie générale, sarcome du poumon, gangrène humide du membre inférieur) il n'y avait que peu ou pas de sclérose. Dans un seul cas (Obs. 4) cette sclérose existait, assez abondante, chez un emphysémateux âgé, mort asystolique ; nous avons vu plus haut qu'elle avait été signalée au cours de l’épilepsie. On voit par ces résultats que l’âge d’une part et les diverses maladies autres que la tuberculose de l'autre, ne semblent pas suffire à expliquer la sclérose si fréquente dans l'infection tuberculeuse et qu'il faut peut-être voir là une action quasi-spéciale à cette infection.
Toutefois cette réaction fibreuse ne nous semble pas aussi fréquente qu’elle le paraît à Roger et Garnier. Ils l'ont en effet trouvée dans tous les cas sauf un casde goître. Or sur nos 23 corps thyroïdes examinés, dans cinq cas la sclérose manque (Obs. 8,12,15,19,11). Quand nous disons qu'il n’y a pas de sclérose, nous ne voulons pas dire par là que le tissu conjonctif manque absolument ; il est certain que les vésicules sont séparées par de fines travées de ce tissu, mais nous considérons ces travées comme normales ; et si l’on s'en rapporte à la figure de Roger et Garnier, figure où ces auteurs ont reproduit la coupe d'un corps thyroïde de supplicié, on constate que le tissu conjonctif est tout aussi abondant que dans les cinq cas
de tuberculose que nous venons de signaler. Nous avons d'ailleurs fait reproduire l'une de nos coupes et l’on voit facilement le peu d'abondance du tissu conjonctif (Planche II) (1).
Ce qui nous a semblé intéressant à signaler, c'est dans quels cas manque cette sclérose. Si nous rapprochons la durée de l’évolution de la maladie avec les résultats histologiques,nous voyons que,sur nos cinq cas où la sclérose fait défaut, trois ont une marche aiguë. La malade de l’observation 12,en effet,a succombé à une granulie méningée et rénale ; le malade de l'observation 15 n’était pas souffrant cinq mois avant sa mort, et succomba très rapidement ; celui de l'observation 8 succomba en six mois : après avoir eu quelques hémoptysies au début, il présenta une fonte rapide du poumon gauche et vint mourir très amaigri et absolument cachectique.
Cette influence de la durée de la maladie sur la sclérose avait d'ailleurs été signalée déjà par Roger et Garnier, qui avaient dit que l'intensité de la réaction conjonctive est fonction directe de la lenteur del'évolution. Pour eux dans les cas rapides ou subaigus les lésions sont surtout cantonnées autour des vaisseaux, et ils trouvent les artères comme engainées par un manchon de tissu fibreux. Pour les observations que nous avons rappelées plus haut, cette réaction périvasculaire ne s'était même pas produite.
Mais si trois de nos cas où la sclérose manque, s’expliquent par la rapidité de l'évolution, les deux autres s’ap-
(4) Les planches qui accompagnent ce travail sont dues au talent distingué de Mlle Routchine. Nous la remercions vivement de sa collaboration.
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pliquent à des tuberculoses à évolution relativement peu rapide. La malade de l'observation 19, en effet, avait eu une pleurésie il y a plus de deux ans,et depuis une marche assez lente de tuberculose pulmonaire chronique ; cependant le tissu conjonctif n’est pas plus abondant qu'à l'état normal. Mais il nous faut signaler que cette femme avait accouché 1l y a six mois et avait allaité son enfant. Or nous savons combien la grossesse et la lactation agissent sur le corps thyroïde. La glande s’est trouvée suractivée, il s’est produit un état d’hypersécrétion intense, et il est probable qu'il s’est passé là le même phénomène que Roger et Garnier ont signalé pour le goître : la sclérose n’a pu avoir prise sur cette glande en hyperfonctionnement. Dans l'observation 11 le corps thyroïde présente également très peu de tissu conjonctif.il s'agit d’une tuberculose à marche un peu spéciale : les poumons ne renfermaient qu’une pelite caverne sclérosée, l'infection s'était localisée au péritoine, donnant une ascite plusieurs fois ponctionnée ; ilest possible que cette évolution particulière soit en partie la cause de cette absence de réaction con- Jonctive.
Les cas où lasclérose s’estnettement manifestéesont plus fréquents. Sur nos 23 corps thyroïdes examinés, elle existait dans 48 cas. Cette sclérose n’est d’ailleurs pas toujours identique à elle-même ,ainsi que l'ont bien constaté Roger et Garnier ; pour nous. nous avons distingué deux groupes principaux : le premier renfermant les cas de sclérose jeune et relativement peu intense ; le second au contraire réunissant les cas de sclérose bien organisée et abondante.
Le groupe des scléroses jeunes renferme 8 cas (Obs: