‹ Le Corps Thyroïde Des Tuberculeux: Recherches Histologiques & ChimiquesChapitre 10 sur 25 · HISTOLOGIE · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE

$S 4. — Histologie normale,

Avant de faire l'étude du corps thyroïde chez les tuberculeux, il ne nous semble pas inutile de rappeler rapidement l’histologie du corps thyroïde normal. Sur une coupe cet organe apparaît formé par la réunion de vésicules ; celles-ci se présentent sous forme de cavités arrondies, de volume variable oscillant entre 0,08 et 0,22 de mullimètre. Pour certains auteurs ces vésicules seraient entourées par une membrane d'enveloppe, basale et vitrée pour Mathias Duval; anhiste et homogène pour Rivière ; au contraire elle n’'existerait pas pour d'autres (Langendorff, Schmid).

Ces vésicules sont tapissées par un épithélium, constitué par des cellules cubiques, ayant au centre un noyau avec deux nucléoles. Roger et Garnier (1), dans l'examen qu'ils ont fait du corps thyroïde d’un supplicié, ont bien montré comment ces cellules sont disposées régulièrement, et réduites souvent à un noyau bien coloré entouré d’un protoplasma peu abondant. En certains points seulement, le

(1) Rocer et Garnier, La glande thyroïde dans les maladies infectieuses, Presse médicale, 19 avril 1899, 4. I, p. 481.

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protoplasma est assez abondant pour permettre de distinguer les cellules claires ou cellules principales de Langendorif, des cellules granuleuses ou colloïdes. Pour Renaut d’ailleurs, cellules claires et cellules granuleuses seraient identiques, el leurs différences ne seraient dues qu à la variation d'aclion des agents fixateurs. Roger et Garnier ont encore signalé dans les petites vésicules, qu'il est possible de voir sur un point de la paroi, les cellules épithéliales disposées sur deux ou plusieurs rangs ; il ne faut pas confondre cet état avec la desquamation épithéliale, qui se produit parfois au cours des états pathologiques, cet aspect est dû à une coupe oblique, intéressant une plus ou moins grande étendue de la périphérie de la sphère.

Les vésicules renferment la substance dite colloïde; c'est une masse amorphe, se colorant en rouge par l’éosine, en Jaune par l'aurantia, en rose par le carmin. Cette matière colloïde a un aspect variable, elle peut remplir uniformémen{ toute la vésicule, elle peut au contraire se rétracter sur elle-même, laissant un espace vide entre elle et la paroi de la vésicule. Elle a parfois une forme arrondie, parfois au contraire une disposition étoilée. Elle est souvent creusée d’une ou plusieurs vacuoles. Nous tenons à signaler d’ailleurs le peu d'importance que nous attachons pour notre part à ces divers aspects, qui ne sont à notre avis que de simples arlifices de préparation, dus à la différence d'action des réactifs fixateurs.

Toutefois Roger et Garnier ont signalé que la matière colloïde prenait très inégalement les réacufs. Dans certaines vésicules, elle est rouge foncé, dans d’autres elle est rose ; parfois dans une même vésicule une parle est forte-

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ment colorée et l’autre l'est à peine. Pour eux,cette différence de coloration serait due au degré de concentration de la substance colloïde.

Letissu conjon ctif dans la glande thyroïde normale de l'adulte est extrêmement peu abondant. Il n’est pas comparable à celui qui existe dans la glande de l’enfant à laquelle il donne une disposition lobulée. Cette disposition a complètement disparu ; le tissu conjonctif est réduit à de fins tractus qui courent entre les vésicules, c'est seulement auprès des vaisseaux qu'on voit des amas plus volumineux. La glande apparaît formée par la Juxtaposition de masses colloïdes accolées les unes aux autres et séparées de temps en temps par des amas cellulaires.

Nous ne ferons que signaler les artérioles nombreuses el ramifiées autour des vésicules ainsi que les veines. Les lymphatiques sont volumineux, étalés à la surface de la vésicule, ils décrivent un riche réseau.Ce sont ces lymphatiques efférents, qui sont chargés d’emporter à l’organisme les produits de la sécrétion thyroïdienne. Quant aux nerfs, 1ls sont constitués par des fibres sans myéline.

Nous n'insisterons pas plus longuement, sur l’histologie normale, pour l’étude de laquelle nous renverrons aux classiques, et dès maintenant nous allons nous occuper de la tuberculose de la glande. La glande thyroïde réagit en effet à la tuberculose de deux façons. Dans certains cas on observe le tubercule (hyroïdien ; dans d’autres, au contraire, il n°y a pas de localisation spécifique au niveau de la glande, mais un ensemble de lésions, qui pour Roger et Garnier seraient dues à l’action des toxines tuberculeuses.

S ©. — Tubercule thyroïdien,

La néoformation spécifique tuberculeuse existe dans le corps thyroïde comme dans les autres organes ; cependant elle est rare. Le tubercule est exceptionnellement prinutif. Weigert rapporta un cas de tuberculose primitive du corps thyroïde, suivie de tuberculose généralisée. Bruns (1) en signala également un cas suivi de guérison après extirpation du foyer. Schwartz (2) vit également un abcès tuberculeux chez un homme de 30 ans, le pus inoculé donna la tuberculose ; l’ablation du corps thyroïde fut suivie de guérison. Lediard (3) cita le cas d'un homme de 21 ans, chez lequel le lobe gauche du corps thyroïde était très augmenté, et contenait un abcès à parois épaisses et granuleuses ; tout autour le stroma présentait une notable hyperplasie fibreuse et cellulaire.L'auteur n'a pas trouvé de bacilles tuberculeux, n1 d’ailleurs d’autres microorganismes pyogènes, mais 1l y avait des follicules tuberculeux à cellules géantes. La thyroïdectomie fut suivie de guérison rapide.

Le tubercule thyroïdien secondaire est plus fréquent. La première observation en fut faite par Lebert (#4) qui trouva des granulations tuberculeuses dans le corps thyroïde d’une femme morte de granulie ; puis Virchow en

(4) Bruns, Beiträge zur klin. Chir., Tubingen, 1893, t. X, p. 1. (2) Scuwarrz, Abcès tuberculeux du corps thyroïde, Archives de laryngologie, 1893, t. VII, p. 320.

(3) Lenrar», Tuberculose primitive du corps thyroïde. Société pathologique de Londres, 47 octobre 1905.

(4) Leserr, Die Krankheïten der Schilddrüse und ihre:Behandlung, 1862. Giraud 3

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