LES COMTES DE CORRÉGE I
désiré sa protection. Gomme Titien, il aurait pu alierlui rendre ses hommages à Bolog'ne, lors du couronnement. Plus facilement encore^ il aurait pu se faire présenter à lui par Véron'ca Gambara lorsqu'en cette même occasion (i53o) l'empereur fit visite à sa Villa de Corrège. Il ne s'en soucia point. Il peig-nait alors sa g-rande fresque de l'Assomption dans la cathédrale de Parme et ne voulut pas se déranger. Une seconde fois, l'empereur revint visiter la dame de Corrèg-e (i532), restant deux jours à la Villa de la Gambara, à son passag-e pour Bologne (où il allait à la rencontre du pape pour conférer sur des affaires d'Etat). Mais Antonio Allegri ne parut pas à la Villa; il était entièrement absorbé par ses nombreux tra^aux. Ses œuvres prirent toute sa vie. Du reste, cette vie simple, noble, élevée, était un modèle de vertu. Il ne connaissait d'autre règ-le que son devoir, d'autre ambition que la g-randeur de son œuvre et d'autre " maître que son idéal. Familier comme il l'était avec les seigneurs de Corrège, nous imag-inons donc qu'en allant peindre les fresques à leur Villa, il passait souvent dans ces jardins à lui si connus du château seigneurial, évitant de rencontrer les hôtes illustres, dont le monde d'alors se disputait la faveur. Il préférait regarder les oiseaux, les fontaines et les beaux groupes d'arbres avec leurs échappées riantes sur la campagne. Dans ce cadre paisible et séduisant, où sans doute il se complaisait, sa pensée rêveuse pouvait évoquer tour à tour les Nymphes et les Grâces que son
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pinceau ressuscita dans leur charme de voluptueuse innocence — ou s'élever au sublime idéalll de TEvang-ile qu'il sut revêtir d'une beauté divine^ et d'un éclat merveilleux.