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LA FRESQUE DE LA MADOXNA DELLA SCAI A MUSÉE DE PARME

La fresque de la « Madonna délia Scala ;; qu'on connaît sous la dénomination de Vierge ou musée de Parme est une des compositions les plus heureuses qu'un peintre ait jamais imaginée sur un pareil sujet.

La Vierge, dont les traits et l'attitude sont d'une merveilleuse suavité, est vêtue d'une robe rouge tendre, que recouvre une draperie bleue. Elle est vue à mi-corps; l'Enfant Jésus est assis sur ses bras. L'une de ses mains soutient le bel enfant, sur lequel sa jolie tète est penchée. L'autre est passée sous sa mignonne jambe, qui est d'un modelé charmant. Tandis que la mère presse l'enfant sur son sein, l'enfant détourne doucement la tête. Son bras entoure le cou de la Vierge, sa main s'accroche à son voile,

et repose sur les longues tresses soyeuses de ses cheveux. Mais sa pensée semble vaguer loin de là. Le song-e de l'Idéal est dans ses yeux qui semblent déjà refléter les mystères des mondes, et qui sont remplis de clartés éblouissantes. L'enfant y est tout absorbé ; l'homme en sera la victime. La mère par contre est absorbée en lui. Les yeux baissés, elle le contemple avec bonheur. La mère et l'enfant pourtant se ressemblent quant au physique. Tous deux ont le front haut et inlellig-ent, les traits fins, la peau délicate, et s'enveloppent si amoureusement dans leur diversité qu'ils semblent ne former qu'un seul être. Ce g-roupe est admirable. La jolie tête de la mère penchée sur lui celle de l'enfant qui se détourne d'elle, en caressant son vcile, le tout forme un ensemble ravissant. C'est d'un côté l'amour maternel, le dévouement infini de la femme aimante et pure. De l'autre, c'est le lêve de l'Eternel, qiij vient à poindre dans l'âme de l'enfant, et guide son intelligence précoce vers le divin.

Ce groupe est inoubliable de grâce et de délicatesse infinie. Le naturel de la composition n'est pas la moindre de ses qualités.

LA PRESQUE DE l'aNXOXCIATION MUSÉE DE PARME, 1020

Les vestiges de la fresque de r Annonciation se trouvent au musée de Parme. Ce n'est que par la gravure de Toschi qu'on est à même de juger de cette composition.

L'ange et la Vierge se trouvent vis-à-vis l'un de l'autre et presque au même niveau. L'archange Gabriel vient d'arriver. Ses grandes ailes, à demi déployées semblent toutes frémissantes encore de mouvement. L'index de ses deux mains est dirigé vers le haut et montre le ciel d'où vient son message.

La jeune Vierge l'écoute avec recueillement. — Agenouillée devant un cippe sculpté en prie-Dieu, elle tourne à demi sa jolie tête du côté de l'ange et presse sa main sur son cœur, dans l'attitude d'un humble ravissement. Des anges accompagnent l'archange : l'un d'eux (qui regarde la Vierge avec tendresse et émotion) soutient dans ses mains une énorme branche de lis, d'autres en dessous et derrière lui se mêlent aux nuages.

Entre ces deux personnages principaux (l'archange et la Vierge), il y en a un troisième, l'Esprit saint, sous forme de colombe, qui effleure la tête de la Vierge, et concentre en lui-même la plus forte lumière du tableau. Une clarté divine, comme d'un soleil nouveau, inonde la tête de Marie, qui semble la recevoir religieusement, tandis que l'archange lui livre son message.

Les traits de la Vierge sont d'une fille simple et modeste; ses cheveux, blonds et légers, encadrent son front serein ; ses paupières baissées donnent à son visage un air d'ineffable modestie. L'archange est plus remarquable encore. A moitié agenouillé devant la Vierge, on lit sur ses traits, on CDmprend par son geste éloquent, toute l'importance du rn.^s-

sag"e qu'il est en train de donner. 11 a la conscience de la lumière nouvelle qui vient à poindre à Thorizon de l'humanité,

Il comprend la g-randeur de sa mission ; car il annonce l'idéal humain dans le verbe incarné. Son large front est soucieux : car il pressent les luttes et les épreuves par lesquelles l'humanité devra passer dans sa lente transformation. Mais on voit aussi la joie au fond de son âme : sa foi dans le triomphe final de la justice et de la vérité. La beauté de ce groupe comme ensemble est extraordinaire. Comme toujours une profonde pensée, traduite par le sentiment, anime le tableau.

A droite de la Vierge, et à l'arrière-plan, on voit une colonne tronquée (symbole du passé qui s'écroule) ; dans le lointain des montagnes s'élèvent sur la ligne de l'horizon.

Le tout est d'une harmonie qui n'est égalée qne par l'originalité du tableau i.

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