‹ Le CorrègeChapitre 135 sur 158 · LA DÉPOSITION DU CHRIST MUSÉE DE PARME · texte numérisé non relu

LA DÉPOSITION DU CHRIST MUSÉE DE PARME

Ce tableau date de la même époque que celui qui représente saint Placide et sainte Flavie.

Le sujet y est rendu avec une navrante vérité. Le moment choisi est tragique. Le corps du Christ mort vient d'être déposé à terre. Il est étendu sur son linceul, la tête appuyée sur les g-enoux de sa mère. Son bras droit raidi tombe à son côté; celui de gauche et les jambes sont légèrement repliés. La pâleur livide et la raideur du corps font seuls soupçonner la mort. Ni sang, ni blessure. La tête noble et belle est sans trace d'agonie; c'est le sommeil du juste, qui dort la paix dans le cœur. L'angoisse de cette mort cruelle se peint seulement dans son entourage. C'est la mère du Christ, ce sont les Maries en qui la douleur éclate avec des sanglots de désespoir. La mère du Christ, qui soutient sa tète, est vêtue d'une robe sombre, d'un gris violacé. Défaillante dans son angoisse terrible, la tête rejetée en arrière, elle-même est soutenue par une des Maries, debout à sa droite. Sa main gauche effleure l'épaule de Jésus, avec l'attachement 'profond et délicat qu'a la mère pour le nouveau-né. Plus loin, à gauche, on voit, de profil, une autre des saintes femmes, qui entr'ouvre les bras vers ce groupe navrant, avec ime expression de douleur infinie. Aux pieds de Jésus, on voit la Madeleine. Cette âme passionnée, ardente et impétueuse, n'a point de bor-

nés à sa douleur. — Assise à terre, dans l'altilude d'un parfait abandon, on voit qu'elle a pleuré et pleure encore amèrement. Ses deux mains sont jointes sur ses genoux ; sa belle tête, toute défaite par la douleur, est inclinée sur son épaule, ses traits sont empreints de désespoir; sa bouche est enlr'ouverte, ses yeux en larmes. Sa poitrine est remplie de sanglots prêts à éclater. Une inénarrable désolation plane sur elle et l'entoure comme d'une auréole de malheur. C'est de cette grande souffrance qu'elle sortira purifiée. La douleur sincère lave tous les torts. Couchée à terre, elle est en train d'expier ses péchés. Ses longs cheveux, d'un blond chaud, l'enveloppent en partie. On devine la chaleur passionnée de tout son être par l'intensité de son chagrin. A l'arrière-plan du tableau, on voit Joseph d'Arimathie, portant des tenailles, qui a assisté au triste événement et qui descend les degrés d'une échelle appuyée contre la croix. Ses mouvements, appesantis par le chagrin, témoignent la force de sa douleur. Le fond du tableau représente le Calvaire. Toute cette grande tragédie y est pemte sous les couleurs les plus émouvantes. Le gns violacé, le rouge sombre, les teintes verdâlres accentuent la note de la douleur et enveloppent cette toile comme d'un linceul funèbre.

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