‹ Le CorrègeChapitre 16 sur 158 · DE MARGHERITA ALBANA XXIII · texte numérisé non relu

DE MARGHERITA ALBANA XXIII

à une maison de campag-ne appelée Djoiindi, entourée de beaux jardins et d'une végétation luxuriante de palmiers. L'immense plaine s'étendait en cercle, avec çà et là un fig-uier, une hutte ou une pagode en ruines. C'était la solitude parfaite dans un calme profond. On n'y entendait que le balancement des palmiers et le gazouillement d'oiseaux amoureux. Le soir, les essences frag-rantes des arbres voguaient sur les ailes de la brise.

< La nuit en Inde est inimag-inablement grande! Le ciel y prend une expansion immense. Ses myriades d'étoiles brillent en nuances diverses comme des gemmes de toutes couleurs, et ces fleuves de diamants, semés de saphirs, de rubis et de topazes couvrent le firmament de nimbes enflammés. Le large disque de la lune monte dans le pur éther et verse un éclat liquide. On est tenté de s'élever au-dessus de la terre, d'oublier tous ses fardeaux, dans la seule pensée de rencontrer des esprits heureux et aimés qui vous feraient part de leur lumière.

a J'observais ces effets transcendants très avant dans la nuit, pendant que les autres dormaient, et je n'étais ramenée au sentiment de la réalité que par la voix du chacal cherchant sa nourriture hideuse dans la nuit.

(( Ceux qui ont été en Inde peuvent seuls se représenter la magie d'un tel spectacle. Il donne un sentiment de légèreté dans l'Infini et d'infini repos, de grandeur sans limite qui remplit et assouvit l'imagination. — Dans le nord de l'Europe, l'air est chargé de vapeurs; en Grèce, en Italie, l'azur du ciel est plus foncé, sa voûte moins transparente. Dans les climats tempérés, le ciel se confond avec la terre; sa réalité est plus saisissable; il semble encore appartenir à notre sphère. En Inde, c'est autre chose. Le ciel étoile parle d'un autre monde, d'un monde spirituel. On devine les espaces incommensurables qui le séparent de la terre. L'âme seule peut franchir ces abîmes, jLtteindre ce ciel de son essor et l'embrasser de son vol. Ceux qui ne se prosternent pas devant ces merveilles sont les athées véritables. Dans ces nuits indiennes, l'âme

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