‹ Le CorrègeChapitre 23 sur 158 · DE MARGHERITA ALBAXA XXXI · texte numérisé non relu

DE MARGHERITA ALBAXA XXXI

intérêt comme quelqu'un qui cherche à tout comprencire. Si, du haut des jardins splendides du Monte Pincio, elle aimait à jouir du panorama magnifique de Rome couronné par la coupole de Saint-Pierre, elle admira médiocrement les ruines romaines et l'architecture de la Renaissance qui ne répondait pas à son idéal. Elle ne donna qu'une attention distraite aux classiques peintures qui lui parurent belles mais trop académiques. Seules les sculptures antiques la satisfirent. A cette époque, l'administration du St-Sièg-e accordait parfois à quelques privilégiés l'autorisation de faire au Vatican des visites nocturnes, à la lueur des flambeaux. Pendant le silence de minuit, on promenait des torchères allumées parmi les beaux fantômes de marbre du musée Pic Clementino. Et, çà et là, émergeaient des ténèbres les molles Bacchantes, les corps souples d'athlètes, les têtes diaphanes des Olympiens. D'un geste subit, ils apparaissaient et disparaissaient dans l'ombre épaisse, la flamme au front et comme vivants, sous la torche capricieuse. — Marghérita salua avec amour les dieux de son rêve qu'elle crut reconnaître !

La société, alors si brillante de Rome, lui inspira une curiosité un peu dédaigneuse. Elle en admira la somptuosité, le bon goût, les manières exquises, mais la trouva trop figée en ses préjugés séculaires. Déjà elle déployait dans le monde l'art de la conversation et celui de faire parler les hommes. Aux savants elle demandait leurs découvertes, aux artistes leurs songes, aux marins leurs aventures. Lorsqu'un Don Juan professionnel l'accablait de compliments, elle le remettait en place d'un sourire ironique et lui disait : « Gardez pour d'autres ces fadaises. Si vous voulez m'intéresser, dites-moi ce que vous pensez des femmes des différentes nations. Car vous devez les connaître !...» Aussitôt Lovelace flatté s'épanouissait en comparaisons savoureuses, en théories suggestives. Chose bizarre, presque tous ces messieurs s'accordaient à donner la palme de la galan-

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