‹ Le CorrègeChapitre 28 sur 158 · DE MARGHÉRITA ALB.\NA XXXVII · texte numérisé non relu

DE MARGHÉRITA ALB.\NA XXXVII

les bras et allait réclamer le baiser de sa mère avec des yeux rayonnants. Puis, au bout de quelques heures d'une lecture acharnée, elle venait raconter ses découvertes et réciter d'une voix vibrante les passa^-es qui l'avaient frappée. Sa mère lui avait donné un livre, où étaient racontées les histoires des g-rands hommes,, héros, réformateurs religieux, etc.. Elle comprenait également bien la charité de François de Sales. 1 héroïsme des Gracques. la modestie de Cornélie, l'éloquence de Cicéron, le vaste rêve d'un nouveau monde de Christophe Colomb, l'ambition d'un César, l'amour de Dante pour sa Béatiice, et rapportait toutes ces merveilles à sa mère. Quand elle racontait ce qu'elle avait lu, le son pathétique de sa voix, la dilatation de ses yeux la flamme de son regard la rendaient gigantesque. Quelquefois, elle s'arrêtait, frappée de silence, en exprimant un grand sentiment, et pâlissait en versant des larmes au plus h'iutpoint de son enthousiasme. Ainsi faisait-elle en récitant les vers du Tasse, où les croisés aperçoivent Jjrusaîem : Ecco JerusaJemme !... Tout cela semble étrange et presque impossible. Mais dans l'âme de cette enfant, tout était infini et avait sa racine en haut. Par ses questions et ses répon.ses, elle semblait avoir plus que nous tous un guide intérieur. » [Mémoires.)

Hélène devenait ainsi pour sa mère non seulement une joie d'amour angélique mais encore une source de réflexions profondes et d'un ordre tout nouveau. Au milieu de ses doutes cuisants, Marghérita Albana n'avait pas cessé de croire à l'Ame et à Dieu comme aux axiomes fondamentaux, aux vérités vitales de la conscience. Mais elle avait senti, depuis son enfance, que les idées religieuses courantes en rabaissent et en rétrécissent le concept. D'autre part, elle était imprégnée des doctrines scientifiques de notre temps, qui ne montrent l'âme que sous la dépendance du corps et dans son évolution terrestre, sans donner aucune idée de son existence antérieure et postérieure, qui seule cependant

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