‹ Le CorrègeChapitre 54 sur 158 · DE MARGHERITA ALBANA LXXI · texte numérisé non relu

DE MARGHERITA ALBANA LXXI

née humaine, sur l'avenir de l'humanité, le doute sur VAme et sur Dieu.

Réfléchissant à toutcela, nous en vînmes, mon amie et moi, à cette conclusion que, parmi tant de maux qui afl^aiblissent Ihumanité actuelle, il fallait compter l'absence d'une foi vivante et d'une base philosophique pour l'éducation de la jeunesse. Il n'y a pas de grand idéal humain possible sans une foi transcendante, jointe à un concept rationel de l'univers. Toute l'histoire de la race aryenne le prouve. Or, aujourd'hui, nous voyons l'i^g-lise gouverner avec un dogme desséché en rites et en prescriptions, fausse religion qui n'est qu un moyen d'opprimer les intelligences, religion qui ne donne nullement la foi créatrice et qui n'est d'ailleurs pour les mondains qu'un moyen de parvenir en faisant commodément son salut, L'Université croit pouvoir combattre l'Eglise avec la doctrine de Darwin et une morale d'où les concepts vitaux de l'Ame et de Dieu, s'ils ne sont pas officiellement supprimés, n'existent plus qu'à l'état abstrait. Elle enseigne des monceaux de faits, mais, depuis qu'elle s'est fait de l'univers un concept matérialiste, elle n'éduque plus les âmes, elle n'élève plus les intelligences. Aussi l'Eglise est-elle en train de lui enlever l'éducation nationale. Car l'Eglise sait donner un moule aux âmes, mais au prix de l'initiative individuelle et de la liberté, en les déformant, en les énervant jusqu'à les émasculer. Je suis d'avis que la liberté sans aucune foi vaut encore mille fois mieux qu'une foi morte imposée par la suppression du ressort vital . Je suis donc avec l'Université et la pensée libre, mais je regrette que jusqu'à ce jour ses armes soient insuffisantes pour le grand combat qui lui incombe.

Cette situation, qui m'apparaissait plus poignante d'année en année par l'étude et le contact de la société française, faisait l'objet fréquent de nos conversations. Elle devint notre souci le plus aigu. L'unique salut nous apparut dans un verbe nouveau de l'Ame et de l'Esprit

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