‹ Le CorrègeChapitre 55 sur 158 · LXXII ESSAI SUR LA VIE ET L ŒUVRE · texte numérisé non relu

LXXII ESSAI SUR LA VIE ET L ŒUVRE

adapté à la science contemporaine et à J'état présent de l'humanité qui se manifeste par la solidarité universelle. Sans espérance immortelle, point d'action féconde; sans foi nouvelle, point de vrais héros. J'appelais cet Evang-ile de toutes mes forces sans oser y croire. Mon amie non seulement y croyait fermement et inébranlablement, mais elle le sentait venir et le devinait. Sous le volcan de son enthousiasme j'avais trouvé le roc d'une foi indomptable. Ce verbe nouveau que j'appelais le Rêve elle l'appelait VAccomplissemeiit. Ah, certes il ne nous appartenait pas de le découvrir dans son infinie splendeur, mais ne pourrions-nous du moins en lire une page, en épeler un verset, et puis le faire vibrer autour de nous ?

Ainsi naquit en moi, en l'automne i884, l'idée de mon livre sur les Grands Initiés, sorti démon plus profond désir, mais dont Marguerite Albana fut l'âme secrète et le soleil fécondant. Sans elle, le germe caché ne fût point sorti de terre et n'eiU point poussé vers le ciel ses rameaux verdoyants.

Il me reste donc à raconter par quels courants divers et convergeants, par quelles initiations successives je fus amené invinciblement à cet ordre d'idées et quelle part y prit mon amie. Pour cela je dois commencer par dire quelques mots de l'étude de Marguerite Albana sur Catherine de Sienne. Car ce travail^ qui marque le début de sa dernière évolution, fut pour moi la porte d'entrée dans un monde nouveau.

A plusieurs époques de sa vie, elle avait séjourné à Sienne et s'était éprise de cette « reine de la montagne, belle, gracieuse et belliqueuse, ceinte de bastions crénelés, couronnée de tours et d'églises, qui se dessine sur le clair azur du ciel toscan comme une apparition du moyen âge ». Elle avait admiré la cathédrale, avec son architecture polychrome et ses feuillages de pierre, chefd'œuvre du stvle italo-normand et du romantisme italien

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