LXXVIII ESSAI SUR LA VIE ET L ŒUVRE
ainsi donc une élite notable de la science contemporaine, la sag"csse indoue par ses missionnaires et le christianisme initié marchent au même but. Leurs trois voix concordantes annoncent la môme vérité, à savoir la réalité du monde invisible, la continuité de la révélation à travers tous les âg-es et Tapprocbe d'une reli;;»'ion universelle, proclamée à travers la diversité des cultes. Cela ne présag-e-t-il pas, pour le xx^ siècle, une révolution bien plus profonde que celle de 1789 parce qu'elle sera une révolution intérieure de l'homme, touchant aux racines de TAme et delà Pensée? Certes les pouvoirs régnants, la Science athée et l'Eglise obscurantiste, également étrangères à l'initiation véritable, résisteront de toutes leurs forces. Car l'une et l'autre défendent leurs habitudes, leurs privilèges et leurs pouvoirs. Elles savent bien^ par instinct, que réclamer une science religieuseet une religion scientifique, que rendre Dieu à la Science et la Nature à la Religion, cela serait bouleverser le monde et — ce qui est plus grave — troubler leur paresse. Mais la boussole vibre alfolée sur le vaisseau humain que lèvent de la liberté pousse en des mers inconnues. La tempête viendra et — après la tempête — apparaîtra un continent nouveau !
M'c Albana passait Tété etl'automne soit dans un bain de Toscane, soit à Venise, soit au bord de la mer. Tous les ans, je la rejoignais dans saretraite,et, comme je lui apportais les résultats demes lecturc^^de mes rencontres, de mes découvertes, elle souriait avecun air de triomphe et de douce malice. Toutcela la réjouissait mais neTétonnait pas. J'en fus témoin, elle l'avait prévu, prédit, affirmé depuisdesannées. Elle croyait depuis sa première jeunesse à l'explication scientifique des mystères et aune rénovation de l'humanité par la religion intérieure. Elle accueillait donc mes plus stupéfiantes nouvelles comme des choses toutes simples, qui s'entendaient de sol et qu'elle attendait depuis longtemps. Maislorsqu'en i884,