‹ Le CorrègeChapitre 70 sur 158 · AVANT-PROPOS Ô · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS Ô

mystère enveloppé de la divine modestie du songeur. Je l'en aimai davantage; mais cela ne m'apprenait rien. C'est alors que les documents précieux rassemblés par l'abbé Pungileoni me tombèrent entre les mains. En les lisant avec attention, je reconnus les erreurs grossières de Vasari ; je mis les faits en rapport avec la date des œuvres et je m'eiïorçai de reconstruire l'entourage immédiat du peintre, par la cour des comtes de Corrège, par Véronica Gambara qui y présidait, et la société de Parme par l'abbesse Jeanne de Saint-Paul et son salon. Ainsi peu à peu, mais sûrement et lumineusement, je vis se dessiner devant moi la vraie figure d'Antonio AUegri, ce magicien de la palette, qui fut aussi un des grands voyants de l'âme.

Alfred de Musset parle du peintre de Parme avec la divination du poète :

Le Corrège, homme pauvre et modeste.

Travaillant pour son cœur, laissant à Dieu le reste.

Ce cœur fut grand ; un esprit lumineux l'éclairait, et l'œuvre qu'il nous a léguée est de celles qui demeurent pour tous les temps.

Si dans ces pages, écrites au milieu de bien des épreuves, la force m'a manqué quelquefois^

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