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et des cours étrangères. Avec cela, toujours bon enfant. Il est également difficile de le prendre et de ne pas le prendre aa sérieux.
Dimanche 28. — Selon mon habitude, vers la fin de la journée, promenade & cheval au bois. Le nombre d'équipages élégants, de cavaliers, montés sur des chevaux pur-sang, de piétons bien mis. est inimaginable. Le luxe et le bien-être sont revenus comme par enchantement. La veille du coup d'Etat, la France avait peur; la. veille de l'Empire, elle a confiance. Est-elle jusdfiée? Personne ne se le demande. L'aspect de cette foule brillante semble parler, plus que le plébiscite, en faveur de Napoléon IIL
UN JBTTATORE
Mercredi 15 décembre 1852. — Ce soir, chez moi, petit dîner essentiellement portugais : le duc et la duchesse de Terceira, dona Maria das Dores de Alva, le comte de Villaréal, lord Westmoreland, baron de Hollerus. Ce dernier, ancien consul de Hollande & Naples, ancien résident à Lisbonne, ancien ministre & Constantinople, d'où il revient en ce moment pour rentrer dans la vie privée, jouit dans le midi de l'Europe d'une certaine célébrité. Il y est connu comme le plus grand jettatore de l'époque. Pour mettre fin à la casse de glaces, lustres, meubles, qui suivait habituellement son entrée dans un salon, et aux accidents, bébés tombant du haut des balcons, piétons écrasés par une tuile, chevaux emportés et cavaliers désarçonnés, qui marquaient son passage à la via Toledo ou sur la Chiaja, le roi de Naples écrivit de sa main au roi des Pays-Bas, le priant de le délivrer d'un être aussi dangereux pour la paisible existence de ses sujets. Hollerus fut transféré à Lisbonne, où je le connu3. Là aussi, en peu de temps, son mauvsds œil était devenu proverbial. Enfin, la reine doSa Maria II s'en inquiéta, et le roi des Pays-Bas, toujours prêt à sacrifier son fidèle mais incommode serviteur, l'envoya à Constantinople. Malheureusement sa réputation de jettatore l'y avait précédé et ne tarda pas de se justifier. A sa première promenade dans un des petits vapeurs qui font le service du Bosphore, le beaupré du bâtiment enleva la façade en bois sculpté de la villa d'un pacha. La mesure était comble et l'infortuné diplomate fut mis & la retraite.
En entrant à table, la duchesse de Terceira me disait : « Vous n'auriez pas dû inviter MoUerus; vous verrez, il nous arrivera malheur. » En effet, au second service, nous vîmes M. de MoUerus, qui n'est pas bel homme, fermer un œil et fixer l'autre sur une des quatre carcelles suspendues au-dessus de la table. La duchesse
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pâlissait, et j'avoue qu'il y avait de quoi. Un sourire sinistre errait sur les lèvres du diplomate hollandais et sa figure prenait une expression diabolique. La duchesse saisissait mon bras en tremblant. A ce moment* on entendit un léger craquement. Uae des lampes s'éteignit soudainement avant que le mattre d'hôtel, obligé de mettre le pied sur la table, ait pu l'enlever. On m'avertit après dtner que le ressort de la lampe se trouvait cassé en mille morceaux. Le moyen de ne pas être superstitieux I
LE MABIAGE DE NAPOLÉON lU
Vendredi 7 janvier 1853. — Ce soir, chez la princesse de Lieven, on me chuchote à l'oreille que M"* de Montijo pourrait bien devenir impératrice.
Mercredi 12. — Bal aux Tuileries. L'empereur est en culotte. Ce vêtement qu'on n'a plus vu depuis la Restauration est une révélation pour la génération actuelle, un souvenir pour les vieux et un sujet de commentaires, pas tous bienveillants, pour les uns et les autres.
A cette fête, un incident faisait sensation parmi les privilégiés admis dans la salle des maréchaux. M"* de Hontijo parut an bras de James Rothschild, toujours sous le charme de la jeune Andalouse, mais maintenant plus que jamais, car il est de ceux qui croient au mariage. Un de ses fils conduissdt M""* de Montijo. Ces messieurs comptaient placer leurs dames sur la banquette occupée par les femmes de ministres. Une d'elles (M"* Drouyn de Lhuys), passionnément contraire au mariage et ne voulant pas l'admettre comme possible, dit sèchement à M*^* de Montijo que ces places étaient réservées aux femmes des ministres. L'Empereur s'en aperçut, se précipita vers les deux dames espagnoles en détresse et leur assigna des tabourets près des membres de sa famille. Grande était la confusion de la sévère gardienne des règles de l'étiquette, qui s'aperçut trop tard de son erreur et qui ne pouvait ne pas s'apercevoir des sourires malicieux de ses collègues. Grande aussi était l'hilarité du corps diplomatique, mais plus grande la surprise des témoins de cette scène presque burlesque qui leur révélait les intentions matrimoniales de l'Empereur. On peut dire qu'à ce bal a eu lieu la déclaration de mariage.
Vendredi 14. — M"* de Saint-Arnaud me dit que le mariage de l'empereur avec M"* de Montijo est décidé.
Lundi 17. — Dîné chez H. Gudin, le célèbre peintre de marine, avec M"* de Hontijo et sa fille; doBa Eugenia, quoique pâle et fatiguée, était fort en beauté, mais d'une surexcitation qui frappait