‹ Le CorrespondantChapitre 121 sur 171 · LS SOCIALISME MUNICIPAL EH ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LS SOCIALISME MUNICIPAL EH ANGLETERRE

pouvait prendre de sérieax développements : elle resta & peu près stationnaire jusqu'en 1888. A cette date, Yact de 1882 fut amendé : la con^tion des entreprises privées fut un peu améliorée par une disposition qui portait à quarante-deux ans la durée de la période pendant laquelle les concessionnaires seraient à Tabri d'une expropriation forcée, et qui, dans le cas où les villes n'useraient pas, au bout de ce délai, de la faculté de rachat, déclarait les concessions renouvelables de plein droit pour dix ans. Sous ce régime nouveau, l'usage de l'électridté se répandit davantage, et un assez grand nombre de villes entreprirent la municipalisation de ce service. Les unes se chargèrent de l'exécution des travaux nécessûres à l'exploitation; d'autres accordèrent des concessions en se réservant une faculté de rachat et se firent céder l'entreprise après l'exécution par les concessionnaires des installations nécessûres. En 1901, les entreprises municipales étaient au nombre de 168, et les entreprises privées au nombre de 78. Des travaux étaient, en outre, en voie d'exécution dans 115 localités : dans 8& d'entre elles, ils étsûent entrepris par les autorités locales, et dans 31 par des compagnies. Les capitaux engagés par les villes s'élevaient, en 1900, à 280,368,750 francs, et ceux engagés par les compagnies à 216,950,000 ^ Ces chiffres sont aujourd'hui très sensiblement dépassés. Il paraît résulter des dispositions recueillies dans l'enquête, que les municipalités fournissent, en moyenne, l'éclairage électrique à un prix un peu moins élevé que les compagnies. Hais les conséquences financières de leur gestion sont généralement très défavorables. Si les partisans de l'exploitation directe ont relevé des bénéfices réalisés par un petit nombre de villes', on constate dans les petites localités des résultats tout opposés; le Municipal Journal, organe des tendances municipalisatrices, reconnaît que, sur 165 villes qui exploitent l'électricité en régie, 72 sont au-dessous de leurs affaires, et M. Vermaut a pu dire avec vérité que « dans l'ensemble, la situation actuelle est lamentable ^ ». On cite la ville de Salford qui, après avoir dépensé jusqu'à la fin de 1901 4,469,150 francs, a dû renoncer, en 1902, à cette exploitation qui lui a laissé une perte de 3,750,000 francs; le nombre des consommateurs au profit desquels les contribuables ont dû supporter cette énorme charge n'a pas dépassé 401. La

* Montet, op. cit,, p. 59.

> Notamment à Manchester et à Liverpool : encore faut-il faire observer que les bénéfices réalisés par la première de ces deux villes ont diminué très notablement dans ces dernières années. Après avoir atteint, en 1898- 1899, le chiffre de 17,188 livres sterling, le produit net s'est abaissé, en 1900-1901, à 3515 livres.

» Op. cit., p. 53.

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