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corporation de Bath n'a pas été plus heureuse : l'entreprise qu'elle avait rachetée à une compagnie qui réalisait des bénéfices, loi a fait éprouver, de 1898 à 1901, des pertes dont le chiffre est allé sans cesse en croissant. Dans le cours de l'hiver suivant, cette exploitation pour laquelle elle avait dépensé 1,950^000 francs et qui n'intéressait que 330 personnes sur une population de &9,800 habitants, a abouti à un véritable désastre. Aucun concessioonûre n'a consenti à se charger de l'entreprise, et l'ingénieur-conseil appelé à examiner la situation, a déclaré que, pour remettre l'affûre sur pied, une dépense complémentaire de 1,750,000 francs serait indispensable. Birmingham, qui avait acheté moyennant 10 millions et demi de francs la concession d'une compagnie qui faisait de lucratives opérations, a perdu 100,000 à 125,000 francs par an dans les deux premières années. En 1901, Glasgow a perdo 112,925 francs, et Edimbourg 67,250 francs, sans tenir compte de la dépréciation du matériel. On pourrait citer, pour beaucoup d'autres villes, des résultats analogues. En se plaçant à un pdiit de vue plus général que celui des intérêts locaux, on ne peut méconnaître que cet état de choses, qui a découragé les initiatives privées, a singulièrement nui aux progrès de l'industrie électrique. L'Angleterre est distancée sous ce rapport, non seulement par les Etats-Unis, mais par plusieurs nations européennes.

Un standing order de 1872 refusait aux municipalités le droit d'exploiter les lignes de tramways qu'elles étaient autorisées à construire ou à acquérir. Dix ans plus tard, cette règle recevût une première dérogation sur la demande de la municipalité d*Haddersfield qui n'avait pu trouver de concessionnaire. Le moavemeot ainsi commencé se développa lentement et comme par étapes, et en 1896, à la suite des discussions auxquelles donnèrent lieu aa Parlement les demandes de la ville de Leeds et du comté de Londres, le standing order de 4872 fut abrogé. Au mois de juin 1901, sur deux cent-treize entreprises de tramways existant dans le Royaume-Uni, cent environ étaient la propriété des villes et une quarantaine étaient exploitées par les autorités locales. Plusieurs de ces exploitations sont prospères : Glasgow et Li?erpool vantent avec raison la bonne organisation et l'installation confortable de leurs tramways municipaux et s'applaudissent des résultats financiers obtenus. Londres exploite dans des conditions qui Q^ paraissent pas défavorables un cinquième environ de ses lignes de tramways ^ Leeds accusait, en 1901 , un excédent de 776,&50 francs. Plusieurs villes, au contraire, sont grevées de lourdes charges; lUJ

^ On doit toutefois remarquer que daus la région du Nord où les tramways sont afifermés à une compagnie, le produit net du capital engagé s'élète &

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certain nombre ont dû recourir à l'impôt pour combler leur déficit; dans la ville d'Huddersfield qui, la première, a adopté le système de la régie, ce déficit a, depuis l'ori^e, atteint le chifi're de 1,828,800 francs. D'après les chiffres donnés par sir Henry Fowler, le revenu net du capital engagé dans l'ensemble des exploitations municipales de tramways ne dépasse pas 1,06 pour 100. M. Porter, directeur du onzième cens des Etats-Unis, opposait, en 1901, en termes saisissants, l'organisation des tramways que l'Amérique devait à la libre concurrence aux conséquences du monopole que prétendaient se réserver les autorités locales des principales villes d'Angleterre ^

« Sans restrictions semblables, disait-il, les compagnies des Etats-Unis ont fiût les meilleurs marchés qu'elles ont pu avec les municipalités et ont créé des tramways souvent fort avant dans des districts habités par des populations dispersées et qui sont devenus de vastes et beahx faubourgs, et les municipalités ont tiré d'immenses revenus des taxes perçues sur des communautés auxquelles a donné naissance l'entreprise des chemins de fer américains sur routes. Les travailleurs peuvent installer leurs demeures dans des districts de campagne, à dix ou vingt milles de leur travail, et s'y rendre pour cinq cents... On peut faire, à Brooklyn, dix- huit à vingt milles pour deux pence et demi dans la plus belle voiture qui ait jamais été construite. » Il rappelait qu'il existait aux Etats- Unis vingt mille milles de chemins de fer sur routes, qu'aucun de ces chemins de fer n'était placé sous le contrôle d'un employé municipal, et que le capital engagé dans ces entreprises était évalué à A00,000 livres sterling (10 millions de francs). En regard du profit qu'en avsdent tiré les compagnies qui les exploitaient et des avantages qu'elles procuraient au public auquel elles assuraient un service plus économique et plus efficace, il mettait en lumière l'importance des sommes versées chaque année à titre de redevances dans les eusses municipales. C'est sdnsi que la Brooklyn Rapid transit company paie chaque année à ce titre plus de 5 millions de francs, et V Union traction company de Philadelphie plus de 10 millions de francs de taxes.

Aucune question n'a éveillé à un plus haut degré les préoccupations des municipalités et n'a donné lieu à de plus vives controverses que celle des habitations ouvrières. On sait quelle était à Londres et dans les grandes villes de l'Angleterre l'effroyable

4 3/4 pour 100, tandis qu'il ne dépasse pas i 1/2 dans la région du Sud où le conseil He comté a entrepris l'exploitation directe.

* The Hon. Robert Porter, Municipal trading in Êngland and the United States, 1901.

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condiiion des habitants des quartiers pauvres, ^aus quelles impasses infectes, dans quels bouges sordides où ne pénétrait ni l'air oi la lumière, et qui semblaient, comme on Ta dit, « défier les reprisentants de la loi comme ceux de la salubrité publique^ », végétaient entassés, au mépris des lois de l'hygiène et de celles de la morale, des milliers de créatures humaines. Un immense effort fat tenté à la fois par l'inidative privée et par les pouvoirs publics : à la suite des travaux d'une commission d'enquête formée par M. Gladstone et dans laquelle siégeaient, sous la présidence désir Charles Dilke, le prince de Galles, le cardinal Manning, lord Salisbury et M. Goschen, le Parlement vota en 1890 le Housing ofthe Working classes act qui s'applique à l'Angleterre, à l'Ecosse et à l'Irlande et qui coordonne en les complétant et les amendant toutes les lois antérieures. Dans les pouvoirs dont il investit les autorité locales, Vact de 1890 ne sépare pas la destruction des quarders on des logements insalubres de la construction d'habitations Douvelles saines et aérées, destinées à remplacer celles qui disparussent. La première partie de cette loi s'applique aux quartiers iusalabres : elle détermine les formalités à remplir pour obtenir du Parlement l'approbation des projets formulés par les autorités locales. Cellesci sont armées de pouvoirs étendus, peuvent démolir le quartier ou en modifier la configuration, conserver ou louer le terrain, confiera d'autres ou exécuter elles-mêmes les reconstructions projetées. La seconde partie s'applique aux small areas ou petits ilôts. Les autorités locales peuvent forcer les propriétaires à mettre ces maisons en bon état ou se charger de les fdre démolir. La troisième partie de Vact leur permet d'acheter ou de louer des terrains vacants pour y construire des logements ouvriers, soit sons forme de maisons séparées, soit sous forme de bâtiments contenant plusieurs logements, et de contracter pour cet objet des emprunts amortissables en soixante ans. Les villes d'Angleterre répondirent avec empressement à l'appel que leur adressait le législateur. L'application de la première partie de Vact de 1890 présentait de sérieuses difficultés pratiques. Il était presque impossible de créer, en nombre suffisant pour remplacer les habitations insalubres qui tombaient sous la pioche du démolisseur, des logements propres i recevoir les familles les plus misérables, c'est-à-dire la très grande majorité des expulsés. L'élévation du prix de revient des nouvelles constructions entraînait d'ailleurs, par une conséquence inévitable, une élévation du taux des loyers qui devait les rendre inaccessibles à cette classe déshéritée. Beaucoup de municipalités recalèrent

' C.-M. Knowlee, The Bousing problem in London^ 1899.

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devant les difficultés d'une telle entreprise : se bornant à appliquer la seconde partie de la loi relative aux petits ilôts, elles firent démolir un nombre plus ou moins considérable de maisons particulièrement malsaines et situées dans des quartiers différents : et plusieurs d'entre elles laissèrent à des sociétés particulières le soin de créer les logements qui devaient remplacer ces inhabitables masures. D'autres eurent des visées plus hautes et de plus vastes desseins. Parmi les autorités locales, aucune ne se montra plus hardie, pour ne pas dire plus téméraire, que le consdl de comté de Londres. Ce n'était pas qu'en Angleterre, et particulièrement à Londres, l'initiative privée se fût montrée inactive ni impuissante. Depuis près d'un deoû-siècle, les associations commerciales et les institutions philanthropiques avaient rivalisé d'efforts et suscité un grand mouvement dont M. Georges Picot, dans son beau livre sur le Devoir social et les logements ouvriers^ a raconté les origines. Pour ne parler que des associations les plus considérables, l'association métropolitaine qui inaugurait, en 18&8, sa première maison assure aujourd'hui des logements à près de 7,000 personnes; la Compagnie des logements perfectionnés [Improved industrial dwelHngs Company) j créée en 1865, par sir Sidney Waterlow, en reçoit 30,000; la Compagnie générale des habitations ouvrières (ilr^ezans^ labourers^ and gênerai dwellings company) en abrite 30,000 dans de confortables maisons isolées, construites dans la banlieue de Londres; enfin, la fondation Peabody loge plus de 20,000 habitants et son fonctionnement cumulatif, aujourd'hui complété par celui du Guinness Trusta a pernûs de calculer qu'en 1961, cent ans après la mort du généreux donateur, si le produit ne badsse pas, la donation dépassera 2 milliards et fournira de bons logements à 350,000 familles ^ Le Conseil de comté de Londres et les autorités locales d'un certain nombre de grandes villes anglaises ne paraissent pas avoir eu foi dans l'efficacité de ces énergiques efforts et n'ont pas craint de revendiquer pour les pouvoirs publics la lourde responsabilité d'assurer aux classes pauvres des habitations saines et suffisantes. Dès le lendemûn du vote de la loi, le conseil de comté entreprit la démolition et la reconstruction d'un des quartiers les plus sordides et les plus misérables de Londres, le quartier de Boundary Street dans Bethnal Green, où 6,000 personnes environ occupaient un espace d'un peu plus de 6 hectares, couvert de masures délabrées, de cours infectes et de passages obscurs. « On y voyait communément, au témoignage d'un écrivain qui a étudié de près ce doubu-

* Congrès international des habitations à bon marché, 1900. Rapport de M. Rostand. Musée social, 1900, n» 7, p. 242, et Vermaut, op, cit., p. 108.

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reux problème S quatre familles réunies dans une maison de quatre chambres mesurant 8 pieds carrés chacune, la mortalité y était double de ce qu'elle est en moyenne à Londres, et sur 3 enfants qui y naissaient, un mourait ayant l'âge de trois ans. C'était, depuis un siècle, le point le plus noir de la ville... » LAreconstraction de ce quartier, commencée en 1893, a été achevée en 1899. L'achat des terrains et des anciennes constructions, les dépenses de nivellement, tracé de rues, établissement d'un jardin, représentent, en défalquant la valeur du terndn, une dépense totale de 6,996,000 francs à la charge du budget du Gonsrîl. Le prix du terrain et le coût des constructions nouvelles s'élèvent à 8,290,250 francs. Le Conseil s'est procuré cette dernière sonune au moyen d'un emprunt amortissable en soixante ans, dont les loyers des locataires assurent le service^. Aujourd'hui, sur remplacement des slums disparus, s'élèvent de grandes maisons de briques à cinq étages, séparées par des rues spacieuses qui convergent vers une place drculaire. Ces maisons sont divisées en petits appartements bien aménagés de deux, trois ou quatre pièces, et peuvent contenir de 5 à 6,000 personnes. L'ensemble forme nne sorte de petite ville qui possède des bâtiments scolaires, des salles de club, une bibliothèque, un établissement de bains, une buanderie munie d'appareils à vapeur. Encouragé par les résultats de cette preoiière expérience, le conseil de comté de Londres a tenté dans plusieurs autres quartiers de Londres des entreprises analogues. Des constructions du même genre ont été élevée sor l'emplacement de la prison de Millbank, à Limehouse, à Sbadwell, à Poplar, le long des Docks à Southwark et à Deptford. D*aatres projets plus vastes s'exécutent ou s'élaborent. Le nombre total des personnes actuellement logées dans les bâtiments municipaux et de celles qui devront trouver place dans les bâtiments en conifl d'érection ou encore à l'état de projet, dépassera 80,000. Les dépenses effectuées ou projetées, à la date du 31 mai 1901, devient atteindre un chiffre total de 123,403,500 francs, dont 96,185,400 pour l'achat des terrains et le coût des constructions et 27,218,100 pour les frais de démolition '.

L'action du conseil de comté de Londres n'a pas été isolée. Manchester a rasé plusieurs quartiers et construit cinq blocs de

* Knowles, The Bousing problem in London, p. 7, et Mantoux, le Socialimi municipal à Londres, p. 307.

' Compte rendu du congrès ioteraationai des habitations à bon marché, de 1900. Musée social, n«> 7, p. 248.

• Ces chiflfres ont été empruntés par M. Vermaut au London mênual, p. 44, et au London municipal Year Book, p. 550-551.

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maisons qui reçoivent une population de 2,729 personnes. Liverpool, que le socialiste John Bums avait surnommée la « cité des ténèbres », a activement poursuivi la transformation de ses quartiers insalubres; les bâtiments municipaux actuellement construits, en construction ou en préparation, offriront des logements à près de AfOGO familles. Edimbourg a consacré 2 millions et demi de francs à la création de dwellings pour 2,700 habitants, et travaille à la réalisation d'un projet qui comporte une dépense égale. La ville de Glasgow, qui s'est placée au premier rang par la hardiesse et l'habile exécution de ses entreprises municipales, ne compte pas moins de 12,000 locataires dans les nombreuses maisons ouvrières qu'elle a construites. Elle a également créé des lodging homes, pourvues de tout le confortable possible et dans lesquelles 2,500 personnes peuvent loger à la nuit à des prix qui varient de 3 pence 1/2 à 6 pence. Cet exemple a été suivi par la ville de Londres et par plusieurs autres grandes cités. Parmi les insiitutions spéciales à Glasgow, il faut citer le Municipal family home^ fondé en 1896, pour recevoir les veufs ou veuves et leurs enfants et pour assurer à ces derniers les soins nécessaires pendant les heures da travail du père ou de la mère. Cet établissement qui contient 160 chambres a coûté &25,000 francs.

Les exemples que nous venons de citer ne peuvent donner qu'une idée très incomplète de l'immense effort qu'ont tenté les municipalités anglaises pour résoudre le problème des habitations ouvrières et auquel se sont associées à des degrés divers une soixantaine environ des principales villes de l'Angleterre. Mais quelle qu'ait été l'importance des résultats obtenus, ces résultats ont- ils pleinement répondu aux espérances de ceux qui ont suscité ce grand mouvement? Il est au moins permis d'en douter.

En entreprenant la démolition de quartiers insalubres et la reconstruction de maisons saines et bien aménagées, les autorités locales avaient dû se proposer pour but de loger dans des conditions meilleures les habitants des bouges infects qui allaient disparaître. Les partisans les plus résolus de l'œuvre entreprise sont forcés de reconnaître que ce but n'a pas été atteint; lord Rosebery le constatait dans un discours prononcé à l'inauguration des maisons ouvrières de Shoreditch. « Vous offrez, disait- il, le logement à 200 familles quand vous en avez dépossédé bien davantage... Vous construisez d'admirables maisons, mais les habitants des maisons nouvelles ne sont pas ceux que vous avez dépossédés. Ces maisons sont si parfaites que parfois elles sont habitées par une classe de personnes pour laquelle elles n'étaient point fûtes. » L'inspecteur sanitaire en chef confirme à propos du quartier de

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Bethnal Green, ces apprédations. « Les conditions et loyers imposés par le Conseil sont tels qu'il est de toute imposâbilitè pour les gens pauvres d'habiter ces ouôsons. On a expulsé da quartier de Boundary Street plusieurs milliers de persoimes;il en est revenu moins de 5 pour 100. Cela tient à ce que les loyers dépassent ce dont elles peuvent disposer. Ob sont-elles allées? Elles ont été tout sioiplement encombrer les petites malsons déjà peuplées à l'excès de Bethnal Green. » Ainsi, tan(Us que les vastes bâtiments édifiés à grands frais par le conseil de comté de Londres offraient des logements confortables à une catëgorïe de locatsûres relativement usée, la classe de travailleurs la plus déshéritée, qui devait appeler au plus haut degré la sollicitude des aatorités locales comme elle avait éveillé celle du législateur, demem:ait sans asile et allait créer sur d'autres points de nouveaux foyeis d'infection, pires que ceux qu'on venait de supprimer.

Il n'en pouvait être autrement en présence de réléyatioojda taux des loyers des nouveaux logements S qui est la conséquence inévitable de l'élévation du prix de revient des constructions municipales. Bien que ce prix de revient ne puisse être très exactement déterminé, à raison des différences qui existent entre la comptabilité des villes et celle des sociétés de construction ^ il est hors de doute qu'il est notablement supérieur à celui des entreprises privées. « Les dépenses, a dit H. Picot au congrès de Bruxelles, ont passé toute mesure ; le prix de revient a atteint des chiffres que ne connaissait pas l'industrie. » Noos aurons à expliquer plus loin les causes qui ont fait subir aux munidpalités anglaises, et en particulier au conseil de comté de Londres, da conditions de main-d'œuvre exceptionnellement onéreuses. U cherté des terrains a été également une des difScultés à peu près insurmontables qu'ont rencontrées les munidpalités dans la réalisation de leurs projets de logements à bon marché. Les socialistes de l'école d'Henry George ont, il est vrai, trouvé un remède dans l'établissement d'une taxe sur les terrains assez lourde pour que les propriétsdres fonciers ne trouvent aucun intérêt à les consenrer, et soient portés à s'en défaire à des prix abûssés, et déjà le cons^

* D'après les renseignements donnés par M. Georges Picot au congrès des habitations à bon marché, de 1900, Undis que M. Guinness troave moyen de louer des logements aux travailleurs pauvres, moyenoaût 2 shillings par semaine, le prix minimum des logements loués par l« London County Council^ est de 3 à 5 shillings, ce qni les rend inabordables pour des ouvriers qui, comme ceux des docks, n'ont qn'un salaire quotidien de 2 à 3 shillings.

^ Voy. la note de M. Georges Picot dans le compte rendu du congrès de 4900, publié par le Musée social, juillet 1900, p. 250.

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commanal de Glasgow a fait un premier pas dans cette voie en frappant les terrains d'un impôt de 2 shillings par livre sterling de lear valeur. Hais en dehors de ce procédé radical qui ne semble pas encore se devoir généraliser, on ne voit pas qu'il soit possible de diminuer la très lourde charge qu'impose aux autorités locales l'acquisition des terrains nécessaires pour la création de grandes agglomérations d'habitations ouvrières. Il faut donc envisager comme une impérieuse nécessité le maintien des taux élevés de loyers, si l'on ne veut inscrire au budget municipal, c'est-à-dire mettre à la charge des contribuables, comme l'a déjà proposé la fraction la plus avancée du consdl de comté de Londres la différence entre les charges qu'impose le prix de revient des bâtiments et un prix de location accessible aux travailleurs les plus pauvres. La majorité résiste encore à une semblable solution : msds nul n'oserait dire que l'intérêt électoral ne Vimposera pas, à une heure donnée, aux autorités locales, et ses partisans s'efforcent déjà de familiariser l'opinion avec cette idée en la rapprochant de ce qui a été fait pour la gratuité de l'instruction, et de ce qu'on prépare pour les retraites ouvrières *. Quelle serait, le jour où l'on entrerût dans cette voie, la limite de cet abadssement du taux des loyers? N'en viendrait-on pas à créer aux associations ou aux particuliers qui louent des logements de cette catégorie une injustifiable et désastreuse concurrence? Pour ne pas être immédiat, le péril n'en est pas moins réel. On a déjà, ainsi que Ta fait M. Picot au congrès de 1900, constaté que l'intervention municipale avait amené un ralentissement de l'activité libre et arrêté l'essor des capitaux privés. On peut invoquer, à cet égard, les témoignages les plus autorisés. M. Ashley, fils de lord Shaftesbury, qui a pris une si grande part au mouvement des habitations à bon marché à Londres, a porté un jugement sévère sur l'œuvre du conseil de comté. « L'industrie privée, a-t-il dit, a ressenti l'effet d'une concurrence illégale. D'autre part, a-t-il ajouté, le candidat ou l'élu doit forcément compter avec les désirs avoués ou tacites du collège électoral. )> Lord Avebury a également déclaré, dans un discours à la Chambre de commerce de Londres, que l'attitude des villes anglaises avait découragé les grandes sociétés d'habitations à bon marché. Ce n'est pas la moins funeste des conséquences qu'a entraînées le système de municipalisation à outrance, tel que dans cet ordre d'idées il a été conçu et pratiqué.

Albert Gigot.

La fin prochainement.

^ Mantoux, op. cit,^ p. 309.

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