‹ Le CorrespondantChapitre 127 sur 171 · U RUE Â ROME · texte numérisé non relu

U RUE Â ROME

ponr la première fois, arrive aux portes de la ville éternelle et qui, avide de la contempler, la cherdie du regard, au moment où le train franchit le Tibre, n'en a qu'une rapide et incomplète vision, mais déjà au-dessus des rayures des toits, il a entrevu les coupoles des églises. De même au Janicule lorsqu'à la fin du jour le promeneur s'en va contempler la grande cité allongée au pied de la colline, ce sont encore les coupoles qui lui paraissent donner à la capitale du monde chréden un caractère ineffaçable. Que s'il loi arrive de se perdre un soir dans les solitudes de la campagne romaine et de chercher un point de repère, une tache blanche suffit à l'orienter, c'est la coupole de Saint-Pierre. Un dôme, une lanterne, une boule, une croix, voilà ce qui apparaît au-dessus des terrasses et borne à tout instant l'horizon. On croirait d'abord que toutes ces calottes sont taillées sur le même modèle, mais il suffit d'un peu d'attention pour discerner la différence de leurs courbes et apprécier leur diversité. Saint-Pierre possède assurément le dôme idéal, mais beaucoup d'autres églises romaines sont à bon droit fières de leur coupole, et lorsque les yeux ont été habitués à l'harmonie de ces proportions, ils souffrent en revoyant notre Panthéon.

En revanche, Rome manque absolument de clochers ou plutôt de flèches. On n'y rencontre que la petite tour romane ou Renûssance qui protège un grand nombre d'églises. Ajourée, d'un joli ton de brique, égayée par le marbre blanc de ses pilastres, coiffée d'un chapeau de tuiles, on la retrouve dans chaque quartier de Rome comme une vieille connaissance, msds on aime surtout à la regarda à Sainte-Pudentienne, à Sainte-Marie in Cosmediriy à Saint-SHvestre et sur les rives du Tibre, à S. Spiriio in Sassia dans le fenillage des eucalyptus.

Si les clochers manquent, les cloches sont partout. A toute heure du jour, la gamme des carillons se fait entendre, depuis le bourdon de Saint- Pierre jusqu'à la clochette aiguë des couvents. V Angélus^ et surtout V Angélus du soir, Y Ave Maria^ fait partie de la YÎe romsdne. Elle se règle sur cet appel encore plus que sur le canon qui tonne midi au château Saint- Ange. Le cocher de fiacre ponr régler son horsdre, le marchand pour livrer sa commande, l'homme d'affaires pour fixer ses rendez- vous, s'en rapportent à VAve Maria qui varie avec la chute du jour. A la tombée de la nuit, c'est tout un concert de voix chantantes et plaintives, ce sont les cloches de Rome, célèbres à travers le monde catholique, qui invitent les fidèles au recueillement et à la prière.

Et puisque la cloche nous appelle à l'église restons^y un instant» restons au moins sur le seuil pour ne pas quitter la rue.

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