D'HYGIÈNE SOCIALE
LmUVRE DE VILLEPINTE
La défense contre les ravages de la tubercalose provoque des manifestations générales» d'ordres fort différents il est vrai, et soulève des polémiques qui font se diviser en de véritables camps adverses les champions réunis pour la même cause. Aussi y a-t-il un, véritable intérêt à étudier les théories actuelles préconisant^ les unes les moyens prophylactiques, les autres le traitement curaMf,,oules deux réunis, si l'on veut enfin se défendre contre celte peste moderne qui &uche dans ses foncea vives la population française.
La tuberculose, toat Le mojade le sût,, est une nuJadie issue de la misère physiologique et morale ; c'est le tribut payé par le& excès, quels qu'ils soient, et comme la rançon d'une civilisations avancée. Il ieiat donc la combattre par des mesures û! hygiène sociale.
Or l'hygiène sociale, avec ses éléments si dissemblables et ai divers, constitue bien l'un des problèmes les plus complexes de notre époque, problème auquel philosophes et écononûstes, aavants^ et lé^lateurs, depuis de longues années déjà, cherchent des solutions sana avoir encore pu. en coordonner les termes.
Toutefois, les incessantes découvertes de la science microbienne et leurs conséquences pratiques ont conduit à de si notables progrès pour diagnostiquer la phtisie et en procurer la guérison, que la curabilîté par le séjour sanatorial peut à présent hautement s'affirmer.
Les nombreuses statistiques allemandes périodiquement publiées par les offices impériaux de l'hygiène publique et des assurances ouvrières témoignent de son incontestable efficacité. Elle a été
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mise en lumiëre par le coogt^ès de Londres et par ia prem^e eonférence iaterDationale de BerKn. Et c'est toujours de l'aotre <Até da Rhin que nos médecins hygiénistes et pbUanthropes tournent maânte&ant les yenx chaq«e fois que l'on envisage la qnestion sanatoriaie et rarmemeat antitnbercnleiiY, tcAs qnlls désdrenôent le Toir fonctionner en France. Cet armemefnt bien complet répond effectivement anx desiderata 4e8 partis les plus divisés par lenrs opinions, avec ses maisons ouvrières, restanrants onvriers, assurances contre la maladie^ dispensaires, sanatoiia de convalescence, sanatoria pour poitrinaires du premier degré et anleB penr încurabks.
TancBs que TAllemagne organisût un srsenai de défense d'après un plan de campagne nettement déterminé contre cet ennemi e<Maafnun qui, chez elle oomme chez nous, guetle ses blessés et ses victimes parmi- les plus pauvres, nous nous sommes contentés en Franœ d'essayer contre lui de rares escarmoodies, tr<^ souvfmt demeurées sans suite. Seule, l'osnvre française de Villepinte, véritable avant-garde de Fintelligente (AarHé, avait devancé finitiatite d'outre- Rhin.
Dès 186&, indiquant le chemin à suivre, Villepinte crérit successivement : la inaison ouvrière avec ses restaurants, le secours mutuel, la maison de oonvalesosnce, le sanatorium, l'hdpital pour tous les degrés de la {AtMe, <» groupe d'institutîotts si com][Àèies d'assistance à f entet «t à la femme' ourri^, bien ponants et anémiques, pcMrinaires et convalescents.
S cet ensemfUe d'œuvres répond pleinement aux données 'scientifique^ d'hygiène sociale et de traitement curatif pour guérir et combattre ia phtisie, il ne satisfait pas moms aux besoins matériels et moraux de cette partie intéressante de ta populaiion de nos grandes vUlee.
Les remarquables ttainmx du comte d'Haussonville, de MM. Oiarles Benoit, Jules Simon, Georges Picot, sur la misère et le «alaire des f(»mies, h vie de privions et d'usantes luttes de celles qui travaâUent, révèlent et fbnt toucher du doigt les plaies qui rongent nos classes taborieuses.
Découvrant avec de réels accents de vérité et de précifflon les eouBhttceff des ouvri^ies et des employées, ils nous tes montrent logées dans d'obscurs taudis malsains, sans air et surtndïiiés, harcelées par l'heure et l'ouvrage, n'ayant ni moyens, ni 'knsirs de eong^ à leur maigre pitance. IMlaillant le mocBopie budget qui parfois doit suffire i toute tme Sanslle, ils les dépeignent attelées à leurrnde labeur, toujours plus pâles, plus anéa^ées, plus épuisées par les privaMtons et la fadgue, jusqu'à ce que, succombant à la
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peine et marqaées par la tabercalose, cette maladie du pauvre, toassant et crachant leurs poomons, secouées par des spasmes affreux et manquant de tout, elles râlent sur un triste grabat en attendant le dernier délû où on les portera à Thôpital. Hélas! ce ne sera pas sans avoir essaimé autour d'elles les microbes nocifs dont l'entourage atteint successivement deviendra bientôt la ^ctime.
Les souffrances morales ne leur cèdent en rien. Et chez combien ne suscitent- elles pas les plus désespérantes idées? Aax instants de découragement, les pauvres abandonnées n'iront-elles pas demander aux plaisirs les plus malsains quelques minutes d'oubli pour glisser fatalement au précipice final? La réponse est dans les tables de la mortalité par tuberculose, où le quantum dû au vice et à l'immoralité démontre ce que j'indique ici.
Cependant, avant cette date de 186i, personne encore ne s'était ému du sort de ces innombrables jeunes filles, exposées à tous les périls de l'isolement dans les circonstances de plus en plus pénibles que crée l'existence moderne. C'est à cette époque que les religieuses de Marie- Auxiliatrice songèrent à leur venir en aide, et la clairvoyante et grande pensée qui, dès le début, anima les instigatrices de l'œuvre fut précisément la protection de l'ouvrière, au moment où elle lui est le plus nécessaire; alors qu'obligée de quitter le foyer paternel pour chercher au loin des moyens de subsistance, l'adolescente se trouve, seule et inexpérimentée, aux prises avec les dangers et les difficultés de la vie. Elles lui offrent en toutes circonstances, en santé ou en maladie, en temps de travail et pendant le chômage, l'appui, le conseil, le secours matériel ou moral qu'elle ne peut attendre de la famille absente.
De leur pensée initiale, de l'étude des différents besoins de la jeune fille ouvrière sont nées, l'une de l'autre, plusieurs institutions dissemblables en apparence, mais cependant unies par un lien très réel, concourant toutes au même but et répondant à un véritable besoin social.
Les maisons ouvrières, le secours mutuel, le dispensaire, la maison de convalescence de Ghamprosay, œuvres préventives; le sanatorium d'Alice Fagniez, à H; ères, pour les poitrines légèrement atteintes et le sanatorium-hôpital pour phtisiques à toas les degrés où sont traitées femmes et enfants, œuvres curaiives^ forment ce bel ensemble de Villepinte à opposer à l'armement antituberculeux allemand.
Pour les jeunes enfants comme pour les jeunes filles, Villepinte a, des premières, jugé de l'importance des soins à leur donner. S'étant attachée à les arracher aux milieux malsains et contaminés, & arrêter la maladie, à empêcher son édosion en fDrtifiant les
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organismes chancelants dès l'âge le plus tendre, à combattre l'anémie, la chlorose et la scrofule qoi, si fréquemment, prédisposent à la phtisie dans la période de transition et de croissance, Villepinte leur avait ouvert ses asiles réparateurs bien avant les hôpitaux marins et les institutions similahres.
Il est à peine nécessaire de signaler la portée économique de cette assistance infantile, car nul n'ignore aujourd'hui à quel point notre pays se dépeuple, quelles dégénérescences augmentent le nombre des pensionnaires de nos établissements spéciaux, de quelles tares originelles sont marquées les générations présentes et quelles conséquences, hélas! en ressortiront pour les femmes de l'avenir, gardiennes de la force et de la vigueur nationales. Protéger l'enfant revient à sauvegarder les destinées futures de la France.
Le caractère particulier de l'assistance qui frappe tous ceux qui étudient les questions sociales de nos voisins d'outre-Rhin se retrouve, mais afCoé encore et plus touchant, dans les institutions de Villepinte. Là, la connaissance intime de la mentalité, du cœur, de l'&me et des exigences matérielles et physiques de l'ouvrière découvre des blessures et des lésions de toute nature qu'on n'aspire qu'à panser discrètement et que l'on réussit à guérir.
Les sentiments de sincère satisfaction éprouvés par le docteur Gouel, médecin en chef et promoteur des sanatoria de Villepinte, lors de la première conférence internationale de la tuberculose à Berlin, sont compréhensibles quand on songe aux étapes succesûves de l'œavre. Ce n'est pas sans un légitime orgueil que devant l'aréopage mondial de mèdedns, de philanthropes et d'éconooûstes venus de partout, il put exposer l'organisation, le fonctionnement et les bienfaits de ce mécanisme perfectionné de défense et de lutte contre le fléau social moderne, et reventUquer une part de paternité, le droit d'aînesse et la supériorité, en dépit de l'absence d'une législation de prévoyance et d'assistance antituberculeuse, absence qui oblige de demander aux efforts individuels tous les subsides nécessûres à sa marche et à son entretien.
L'histoire de la genèse et du développement de l'œuvre de Villejânte, mieux que tout, montrera les progrès et la valeur sanitaire et sociale des bienfaits qu'elle répand dans une atmosphère de morale et de paix.
Ses musons ouvrières sont les plus anciennes en date; le programme de leurs visées en montrera le rôle préventif: fournir un toit hyg^ique et familial, une nourriture saine et abondante, assurer une vie régulière et donner le contentement moral. Car si le
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ym\ adage « sain de corps, sain d'esprit » est toujours vrad, ]'iQvecse ne Test^il pas tout antant? Et ne savons-noos pas que la sartislnction morale constitue Tnn des meilleurs adjurants de l'hygitee générale?
Quel plus probant témoignage pourrait d'ailleurs être invoqué que oehii des statistiques établissant que, dans les ateliers ob elles sont occupées, œ sont ies pensionnaires de ces maisons qui paient à la maladie le tribut le moins considérable.
L'idée générale de prêservation qm inspira la création de ces demeures hospitalières, ayec leurs restaurants, devait inéviti^lemeot conduire à précautionmr l'ourriëre contre les coups du sort ou contre les conséquences ordinaires et naturelles de rusure de la yie, le chômage et les maladies.
Alors que, depuis vingt ans déjà, les lois de prévoyance en vigueur dans toute TAUemagne y ont diminué le paupérisme et amélioré Tétat sanitaire, nous en sommes encore en France à déposer sur les bureaux des Chambres des projets d'assurance eodale qui sommeillent ensuite dans les cartons. A défout d'assurance devrait^on au moins faire usage du secours nmtuel? Diverses méthodes de mutualité encombrent bien les colonnes de nos journaux sans que^ pour cela, leur fonctionnement s'en généraUse davantage.
Or, il y a ^éjà vingt- huit ans que les eusses de secours mutuel de l'osuvre, ftdsant bénéficier leurs membres, ouvrières et employées, de nombreux avantages, ont ici comme en tout le reste, marché à l'avant-garde de la défense contre la maladie.
Leur constitution légale, qui remonte à 1875, montre par la date de son extrait de naissance, que l'oeuvre, à son aurore, avait conscience -de sa raison d'être et de sa miesion tovte . maternelle.
Ces caisses tsontre la maladie découvrirent de bonne heure une lacune à oomUer dont nul encore ne s'était douté : l'assistance aux tuberculeux.
Les statuts de secours mutuel, comme lé font ceux de toutes les sociétés analogues, écartant les sujets atteints de maladies chroniques ou contagieuses, motivèrent tant d'exclusions causées par la ptoisie, que les retigîeases de Marie* Auxiliatrice s'en émurent. Personne, auparavant, n'avait songé à l'infortune des pauvres poitiinaires^ pemonne n'avait supputé le nombre de ces malheureuses.
Refusées dans les hôpitaux parce qu'elles oocupûent des lits d'autres malades guérissables, elles s'en allaient, semant la contagion ^dans leurs fanoiltes et dans tout leur entourage, cominuant, non sansiuLpèril certain pour tous, leur vie de souffrance* et de nésère, jHsqa'anjocur oÉ finissaît enfin leur lente agonie. Il y a vingt-cinq ans, en France, qui s'oocopuit de mesurer retendue de oe péiMf
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De la mèiaft façoo qa'en Allemagne, il y a qûoie ans environ, las staâisliqaes de Toffice imp&ial des asenraoces oomères conlre L'iniialidii&ont montré le einffre considérable dea lobeiculeax qui venaient augmenter leachargœ des caisses régionales, de mèmev préeédanfe rAUemagne de donze^ ans, l'œuvre de Marie^Aaiiliatrice prenait tontes les mesures nécessaires ponc assister celte partie si iotéressante de la population que sea cesses de seooufs mutaefe' avaient dénombrée et sélectionnée.
Ce sélectionnement s'opère, à Paris, au dispensaire, qui fut créé en 1875, en même temps que le Secours Mutuel. Les docteurs Gouel et Gadier en^ ont été les initiateurs. GompTèment intRspensable de cetre assistance généreuse, le diispensaire permet de classer les différents stades de tuberculose pour assigner la salfe de Fhôpîtal ou ie sanatorium de l'œuvre qui leur convient et d^offrir aux malades qui ne peuvent y être reçues les consuhations et remèdes gratuits. Les consultants se pressant toujours plus nombreux i cette heure, sont pfus de 180 par semaine à recevoir ses bienfaits.
Si, k la suite 4u Ccoigrèa international de la tnb^ettlose eu 1889, et en présence d'un, danger toiyours ordssantr dea orgwiiames importants d'assistance aux tuberculeux ont s«rg^ comme par encbantemai^ sur tous les peints da territoire germanâque, déjà en 1877 les. cria d'angoisse de tant de jeunes ouvôèrea avaient inspiré eo Fruice cette œuvre populaire d'assiatance pour les jeooea filles et enfants phtisiques. Comprenant, la nécessité de les sœgner dans deahApitaux spéciaux oik l'on put. leur falsesiHvre'an traitement hygiénique et médical, elle avait demandé à. la médedna ses lumièces. C'estdonc de cette consultation de la.seience etde la charité que naquit L'hôpital de Villepiuta.
Le premier en date, loogitempail re^a en France le seul qui lût destiné exclusivement au^ poitrinaires. U est.encerewunique.en ce sens que,, divisé en sanatorium et hôpital, il ouvre ses portes aux trois stades de la maladie, tout, en les séparant ^entièrement dons des bâtiments et services particuliers à chacun d'eux.
H eut soa très modeste commencement à Livry, en Seine^rOise^ aux portes de la capitale où, dans quek{ttes pa^Uona en^lecatioui, CD recevait et soignait les jeunes filles poitrinaires que diëgnait î sa fibariié le di^ieasaire de sea maisons ouvrièrea. Hais la phtiûe est A fréquente paimi cette jeune population que Livry fat bientôt reconnu insuffisant.
C'est alors qa'ea 1884 l'œuvre s'établit à. VilleiHnte, piès Sevrauv k 18 kilomÈtces da Pariai dana l'anaifia abftteau da bcurg, qu'environne un pane de 11 hectares.
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Situé aa miliea d'une plaine salubre, à la limite d'un village agricole, loin de toute usine et de toute cause de ^dation de l'air, son emplacement remplit toutes les conditions requises pour l'hygiène des sanatoria. Sur une pelouse bien ensoldliée se détachent de grands bosquets et des allées de hauts sapins. Un rideau d'arbres entoure la propriété. Modérant l'action des vents, il prévient les trop fortes variations de température, précieux avantage pour les malades dout le meilleur traitement est encore le séjour en plein ûr.
Le choix de cette propriété fut particulièrement favorable à l'œuvre et à son rapide accroissement. L'ancien château aménagé pour quarante malades ne tarda pas à être trop étroit. Peu à peu de nouvelles constructions venant remplacer et augmenter les anciennes ont fait de Villepinte l'établissement de France aujourd'hui le plus considérable. Chacune d'elles portant l'empreinte des progrès de l'hygiène du jour, l'ensemble en indique la marche.
A l'aspect de tous ces bâtiments qui n'hospitalisent pas moins de trois cents malades, on se demande comment la charité privée a pu suffire pour assurer les ressources nécessaires à la continuation de cette œuvre si éminemment prophylactique et curative.
A cette heure, il est un fait certain que guérir ne suffit point pour empêcher les ravages toujours plus grands du fléau et pour lutter avec avantage contre lui. Hais, quand au début de l'œuvre, la vue de tant de malades gravement atteintes, hospitalisées à Villepinte fit reprocher aux religieuses d'employer pour les inguérissables les ressources de la charité, on les engagea fortement à en refuser l'admission afin de les consacrer uniquement aux premiers degrés. Ce conseil, heureusement, ne fut pas suivi. Le motif, tant d'années plus tard, BL Brunetière dans ces lignes magistrales en écrivût la raison : « Loin de nous l'intérêt social ou de quelque autre nom qu'on le nomme, si jamais on pouvsdt nous faire croire qu'il nous dispensât du devoir social et de la charité. Et quand la science ne serait pas venue nous prouver combien elle était intéressée & voir hospitaliser les grandes malades, n'aurait-il pas fallu encore donner un lit pour y mourh- doucement, c'est le moins que doive la civilisation à ses victimes, la société â ses incurables, l'humanité à des êtres humains ».
Guérir autant qu'on peut, soulager souvent, consoler toujours^ avait été la charitable de^se de Villepinte à son berceau.
A ces considérations d'un ordre moral si élevé s'en adjoignent mdntenant d'autres, dont la valeur scientifique est pins nouvelle. Et il importe d'hospitaliser les phtisiques à guérison incertaine ou impossible aussi bien que les tuberculeux curables.
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La compréhension du péril que font courir les poitrinaires avancés, en toussant, expectorant, voire même en respirant, ne remonte pas très loin dans l'histoire de la tuberculose. Nul n'ignore cependant que les millions de microbes ainsi répandus dans l'ûr aoîbiant, s'introduisant ensuite dans les poumons sains des personnes vivant auprès des phtisiques, s'y développent du moment qn'ils trouvent un terrdn propice ^ Mais leur danger n'est prouvé que depuis la découverte du bacille de Koch.
Cest la fréquente constatation de ce redoutable danger de contagion qui a récemment conduit l'Allemagne à décider la création d'asiles pour incurables. L'initiative devait en revenir aux institutions d'assurance contre l'invalidité. Car, dans ce pays où la lutte contre la tuberculose est une question économique bien plus qu'humanitaire, l'assurance a été fatalement amenée à essayer de diminuer le chiffre d'incapacités de tntvail pour augmenter le rendement social. Depuis un an à peine ces asiles, en nombre fort restreint, isolant de leurs familles les ouvriers phtisiques incurables, indiquent une nouvelle solution pour le problème antituberculeux.
Alors que les sanatoria populaires alleosands s'ouvrent seulement aux poitrinaires du premier degré sans les garder plus de trois aïois, que les agiles nouveaux de l'invalidité ne peuvent encore s'ouvrir qu'assez rarement aux incurables, aucun système particulier n'existe pour les malades des autres degrés.
Ce sont Justement ces remarques — énoncées en avril de l'année dernière par le secrétaire général de l'empire, le comte de Posadowsky-Wehoer, lors du congrès annuel du Comité central allemand de lutte contre la tuberculose, — qui sanctionnent la réelle supériorité de l'arsenal complet de défense antituberculeuse de notre œuvre française.
Sa particularité ré&ide effectivement et surtout en ce que, pour chaque catégorie de phtisiques s'ouvre un asile correspondant, et cela pour tout le temps du traitement sans en limiter en quoi que ce soit la durée.
Bien avant que la science n'sdt dicté ses lois, la charité avait déjà deviné le rôle à attribuer à ITiUepiote. Aidée dans ses aspirations par des médecins distingués, elle sut prévenir l'extension du mal. Tandis que personne ne songeait à formuler la nécessité absolue de la distinction des degrés de la maladie dacs des locaux affectés aux poitrinaires, Villepinte les avait séparés. En outre, et à un
* « On naît tuberculisable, non pas tabercaleux... Pour la préservation de la terrible maladie, on s*occupera beaucoup plus du terrain tuberculeux que dn tubercule lui-même. » (I> Huchard, de l'Acaiémie de médecine, médecin de rh6pital Necker.) Journal des Praticiens. 21 novembre 1903.
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double point de vue, elle éloignait les enhnts de dix i sdzeans des adolescentes et donnait même aux plus jeunes un pavillon spécial. I3n quartier pour l'isolement des affections contagieuses se dédarant au cours du séjour, montre que rien n'a été omis ou négligé.
Se détachant nettement des autres bâtiments, adossée à un rempart, d'aibres résineux et en face (Tune grande pehmse parsemée de bouquets d'arbres, une cure d'air bien exposée avec ses chaises longues munies de coussins et de couvertures chaudes invitent les malades du premier degré à y humer Tair pur & l'abri, pendant les heures de la journée que le traitement sanatorial réserve au repos. Un lavabo à l'une de ses extrémités, une tisannerie de l'autre, apportent d'heureuses innovations pour la commodité pratique de ce genre de construction dont l'Allemagne a été la patrie et qui depuis peu est introduit chez nous.
Attenant à l'un des services, un grand jardin d'hiver de près de 700 mètres carrés, planté d'arbustes à essences vivifiantes, d'eucalyptuset de robustes palmiers, donne HllusionduMidi. Làaussise rendent les tuberculeuses du premier degré seulement, dans cette atmosphère constamment réglée, lorsqueau dehors le ciel n'est pas clément.
La cure d'air et le jarÂn d'hiver permettent de combiner ainsi un traitement rationnel répondant pleinement aux découvertes et aux expériences de la médecine moderne, aujourd'hui qu'on a fait du régime et de l'hygiène toute la base de l'intervention médicale dans la tuberculose.
Quant aux divers pavillons qui se ressemblent à peu près dans leur ensemble, ils ne différent réellement que par l'aménagement nécessaire à celles qu'ils abritent.
La lingerie, l'établissement de bûns, de douches, la salie d'inhalations, le laboratoire, la pharmacie, les annexes du servioe de désinfection, de la cuisine, de la buanderie, sont les compléments indispensables à toute institution de ce genre.
De vastes dortoirs bien ensoleillés s'éclairent par de larges et hautes fenêtres; leurs vasistas percés de tubulures activent la ventilation à laquelle contribuent d'ailleurs les calorifères à eau diaude qui chauffent tous les pavillons. Le chêne dré des parquets reluit certes autant que les murs soigneusement peints. C'est dès l'année 1883 qu'un vernissage à l'huile ayant remplacé les tapisseries des salles du château l'on commença aussitôt & laver les murailles au sublimé, les machines de désinfection étant encore inconnues à cette époque. Aujourd'hui désinfection et lavages s'emploient suivant les cas. Des lavabos accompagnent chaque dorioir; ceuxi-ci alternent avec de familialeasalles de jour. Ces sortes de vérandahs toutes vitrées installées poqr les malades des
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derBiers degrés, ont comme la onre d'air de bonnefi chsûses loogaes ioeitant à Yenic dooillettetDeDt b*j reposer. Ces pièces saines et gaies Be donnant en rien l'impression de l'hôpital influent faïKirar blement sur le moral de lenrs habitantes. Des pins simples cepen^ dantt c'est nne propreté des pins minutieuses dans les moindres détails et une aaeptie rigoureuse qui, à vrai dire, là comme ps»tout, sont le grand et seul luxe de l'établissement. Les vêtements des pensionnaires, renfermés dans les yestisdres du sous-sol, s'y désinfectent à leur arrivée ûnsi qu'au départ. Quant aux locaux, leur désinfection opérée chaque nuit pour les salies de jour et chaque jour pour les dortoirs, aseainlt si bien l'air qu'on y respire que, des infirmières de Villepinte, dont une partie pourtant, est en fonction depuis sa création, aucune n'a dû payer par la mort un tribut à la phtisie. Même plusieurs d'entre elles entrées comme malades> ensuite guéries, ayAnt en reconnaissance demandé à dévouer le reste de leur existence aux soins de leurs com* pagnes, forment de ce chef un corps d'élite d'infirmières qui,, d'une manière désintéressée^ fidèlement, aident les religieuses dans leur si lourde mission. Si les infirmières sont sous la direction des. religieuses, celles-ci, à. leur tour, savent seconder leurs médecins.
Depois vingt-cinq ans déjà, le docteur Lefèvre est attaché à Villepinte. La mention des chiffres élevés et progressifs des guérisons que consignent des rapports annuels doit bien étne pour lui la. meilleure et la plus encourageante des récompenses.
Comme la phtisie est la conséquence de la misère physioFogique et qu'il faut surtout lutter contre l'anéoiie et la fsdblesse acquises pour dominer ce mal amené lentement par des années de travail, de fatigue, d'excès, de pauvreté, on n'a ni le temps, ni le droit d^ètre paroinx)nieux sous peine de laisser la misère reprendre sa. proie avant que la force de réaistei; ait été rendue. La phtisique mange souvent plus qu'une personne en santé. Il faut la suralimenter. Aussi, à côté de la pharmade assez coûteuse pour les àegris avancés, les d^enses de la table sont fort lourdes et constituent l'un des chapitres du budget de Villepinte sur lequel on ne peut jamais songer à pratiquer quelques économies.
Les joues redevenant roses et. l'augmentation de poids enregistrée par des pesées régulières, témoignent du reste bientôt de l'efficadté de ces soins qu'une minutieuse réglementation de la journée permet d'ordonnancer et de contrôler.
Mais toutes les joues n& se colorent pas et d'avance on sait certes Uen, en les admettant, quelles sont celles desi malades qui ne trouveront pas la guérison. Est-il cependant un service eoci il ploft grand qu'empêcher d'exposer les niembres d'une famille, les
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habitants de toute ane maison à la contagion tuberculeuse par Tadmission de poitrinaires condamnées? Est- il pour la charité un deyoûr plus chrétien que d'assurer un lit, des soins* tendres et dévoués à des malheureuses trop souvent destinées à mourir sans secours? C'est bien dans le pavillon des grandes malades, là ob s'éteignent celles pour lesquelles le ciel s'entr'ouvrira un jour prochûn, que sur leur figure émaciée se devine le baume réparateur qu'on répand dans leur àmc. Le calme serein que reflète leur regard prouve la pûx qu'elles ont gagnée dans cet asile de la douleur et les horizons consolants qu'elles ont entrevus. Ce calme se retrouve dans l'expression du visage de celles qui, mortes, ont l'air de sourire à la vision de l'au-delà.
Adoucir la souffrance, préparer à la mort, garantir la famille de la contagion, l'affranchir des souds écrasants que lai occasionnendent les fhds de maladie à domidle, la sauver fréquemment de la ruine et de la misère, tels sont les bienfûts de cette hospitalisation des grandes malades.
Pour les malades guérissables, ils ne sont pas moindres. Il y a un traitement moral des maladies physiques. S'il ne convient pas à toutes, il s'adapte merveilleusement à ces longues maladies dont la marche insidieuse et lente ne saurait être déjouée sans quelque effort de la volonté. Et comment l'éducation hygiénique et morale des jeunes filles et des enfants traitées à Villepinte n'aurait-elle pas toujours porté ses fruits de régénération 7 N'est-ce pas précisément le savant docteur Landouzy qui, lors d'une de ses depnières conférences à la Sorbonne, disait que les principes de religion et de morale constituent l'un des meilleurs moyens de lutte contre la tuberculose? Ils sont évidemment des corollaires importants et joints aux soins physiques et médicaux, ils contribuent à faire l'éducation des jeunes sujets. Petites âmes obscures affranchies àe l'ignorance, consolées de n'avoir éprouvé qu'amertume et dureté en un monde qu'elles sont encore incapables de comprendre, guéries et éduquées, mettant après leur retour au logis leurs nouvelles habitudes en pratique et, par leur exemple, initiant leur entourage, elles entrent aussi en lice contre l'ennemi commun, et viennent grossir l'armée des combattants pour la bonne cause.
Soigner, guérir, préserver et prévenir, sont la base fondamentale de l'hospitalisation rationnelle et méthodique de Villepinte, qui indique bien l'esprit médical et sodal de son œuvre humanitaire. Le traitement devant être une imitation de la marche de la maladie, et comme une contre-marche qui la tienne perpétuellement en échec, on y a toujours oi)éi aux indications de l'expérience.
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Depuis sa fondation, le succès a suivi ses efforts pour arracher des légions de Jeunes filles à la mort et pour les rendre à leurs famillest à leur pays et à la sodété.
Triompher du redoutable fléau revient à apprendre de lui les occasions et les moyens d*en ralentir, d'en suspendre ou d'en arrêter les progrès. Aussi l'observation ayant démontré qu'il restait encore à prévenir ses ravages par un nouvel outil de défense, Yiliepinte décida, en 1895, la création d'un sanatorium sur la Côte d'azur, qm soit exclusivement réservé aux débutantes dans la tuberculose, et pour lesquelles la guérison est toujours certûne lorsque la cure intervient à ce moment-là. On envoie au sanatorium d'Alice Fagniez des enfants et des jeunes filles rigoureusement sélectionnées, dont la fonte pulmonaire n'est pas commencée, et qui, par conséquent, n'expirent point de bacilles.
Tant pour le climat que pour l'exposition, le sanatorium d'Alice Fagniez se trouve dans les meilleures conditions. Situé dans une riante vallée du territoire d'Hyères, il s'élève au milieu des fleurs et des palmiers. Complètement isolé, soit par des chemins, soit par un ravin, son jardin l'entoure. Des constructions nouvelles, à la suite des anciens bâtiments de la coquette villa, ont été soigneusement ménagées par le docteur Vidal, qui en a tracé les plans et surveillé l'exécution.
Ce sanatorium comprend actuellement toutes les divisions afférentes à ce genre d'établissement, et qu'une galerie de 50 mètres de long sur 5 mètres de profondeur rend encore plus hygiéniques. De larges baies la font communiquer avec les dortoirs, et cette ingénieuse disposition assure à chaque malade pendant son sommeil une provision de 80 mètres cubes d'ûr pur constamment renouvelé. Les parois de toutes les mundlles sont stuquées, les angles parfaitement arrondis, les parquets paraflSnés et les dndnages munis de doubles siphons. Un petit pavillon d'isolement, inutilisé jusqu'à présent, s'élève à l'écart des autres bâtiments.
Tel qu'il est aujourd'hui, le sanatorium d'Alice Fagniez abrite quarante personnes. Il est ouvert du mois d'octobre aumois de juillet, sous l'habile direction médicale du docteur Vidal. Le trûtement est basé sur une excellente nourriture, sur un assainissement quotidien des locaux et surtout sur la vie au grand sdr. La clémence de la température permettant de laisser les malades travûller ou jouer dans les jardins, la journée s'y passe fort gûement, coupée par des travaux d'horticulture.
Respirer l'air marin mitigé par les émanations résineuses et jouhr de toutes les splendeurs de la nature, ces avantages dont savent profiter les malades fortunés qui prennent le chemin de la Rivière»
lit. UNE USTirUTiOll IKXALE
sont aiaaî offiBrta aux jenii^ filles paarreft qm Yieonenl là trouver la.gaérisoD.
Cependant la vie au grand air, la bonne noorrtture, wn climat chaudemrat lanineux et quelques médicaoïenta ne suffirais»! paa pour l'obtenir si, comme dans le reste de Tceavre, des sdns dôvottés ne lea accompagnaient.
Guérir le mal en guérissant des conditione qui l'ont engendré^ agir peur lea malades dont o& désespère comme pour lea moina atleinles» attaquer la tuberculose à tous lea degrés, la poursuivre soos Imitea ses fonnes, la vaincre enfio ou l'anéamir dans se» genne,. tout cela devait, — l'œuvre resiant &lële à ses. visées, — conduire naturdlemem Yillepiate à s'opposer à la naissance dm redoutable ennemi. Auâsi, pour assainir les terrains favorables à son éclosion, fonda- t-elle un sanatorium de caavaleacence pour jeunes fiUes et enfanta anémiques. Les sanatoria cte convalescence peuvent, à bon droit, être considérés comme l'un des meilleora moyens pour combattre la tuberculose car ils fortifient les santés ébranléea, par un traitement dont l'air pur et le repos à l'abri de. toute préoccupation sont les plus efficaces reoaèdes.
L'assi&tance aux convalescents est malheureusement peu répandue en France où, à rencontre de l'Allemagne, elle ne s'est pas
Pourtaftt bien avant l'AUenkagne, dès 1628, sur notre terre aux idées généreuses, fut érigée la plus ancienne des maisons de convalescence du monde entier. Biasarin, un des chauds partisans de ce mode de secours, fit ensuite b&tir THôtel-Dieu, en 16i0, desdné aux fournies relevant de maladie, et au dix-huitiëiiie siècle les h6pitaux de notre ca^tale avaient tous leurs salles pour convalescents. Aaudlement, il n'eu est, hélaal plus de même. On donoa aux malades sérieusement atteints, à lliOpital ou à domicile, le» soins d'urgence^ mais sans les protéger au deUt de la guérieou strictOt prise dans le sens étroit du mot. A part les asiles de convalescence de Yincranea et du Vésinet et les asiles munidpaux de Paris, il n'existe que les rares établissements fondés par des associa^ns reUgieuses ^ charîlablea impuissantes à répondre aux bescôns de l'heure présente.
Ces besoins, Villepinte les a si bien compris que» àé}i en 1885» elle établissait une maison de convalescenceàSaint-Germain, qu'eUot transféra ensuite, en 1894, à Ghamprosay. Là, un sanatorium de 100 lits est ouvert durant tonte l'année pour ceUes qui, venant s'y ûâre soîgnMr, sont sûres d'y trouver la force et la santé.
Enserré dans un vaste parc adossé à la forêt de Sénart et
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séparé pu une large route du niban d'argent qae desone la Seine ao ined du domaine, se dresse, cafane et paisible, TasUe de convalescence de Champrosay.
Ses pavillons et ses Idosqaes sont ^sséminés au mifieu de pehmses vertes, dans la forêt ombreuse, ou & c6té des taillts épais qnele soldl caresse de ses plus doux rayons. Là, en trois escouades distincteB, s'abritent petits enfants, grandes fillettes et jeunes filles, les jours où le ciel moins généreux les force, par le vent ou la pluie, & y chercher un gtte qui, tout en les protégeant, leur permet pourtant de jouir de la belle nature et de respirer l'air & pleins poumons. De beaux arbres, de séculaires sapins, formant de longues et nombreuses allées, y fortifient par leurs émanations balsamiques les santés chancelantes qui, peu à peu ressûsies par la jeunesse et la vie, se raniment dans cette jmre atmosphère comme les plantes sous les yeux des pensionndres.
Dans de récentes constructions attenantes à l'étalJDssement primitif, de vastes dortoirs, par leurs dispositions nouvelles, montrent, en d'heureuses innovations, l'appHcation rationnelle de tout ce que, de nos jours, la science recommande. Sur les deux c6té8 et dans la longaeur entière, se trouvent disposées deux séries de chambrettes, ayant chacune une grande fenêtre, et que sépare un large couloir centrsd.Ce couloir augmente encore l'aération, d'autant plus aisée -que les portes remplacées par de blancs rideaux, tout en donnant aux hdntantes l'agrément de se sentir bien chez elles, n'empêchent pas le courant d'ûrde s'étabfir au -moyen des fenêtres qui s'ouvrent en face tes unes des autres.
\vec ses dortcnrs spéciaux à chaque âge, ses chanibres à un ou trms^ts, ses réfectoires, ses spacieuses salles de jour et de récréation, ses larges galeries de cure avec des baies immenses ouvertes sur le parc, son établissement de douches et de bains, et toutes les dépendances pour les divers services, le sanatorium de Champrosay donne aux pauvres enfants ce remède du grand air avec une hospitalisation admirablement comprise à tous les pdnts de vue.
Une nourriture fortifiante aidant, active le traitement dont« eomme à Yillepinte et à Hyères, la durée n'est subordonnée qu'à Tètat de santé des convalescentes placées sous la surveillance du docteur Daucourt chargé du service médical.
Il y a évidemment intérêt général à procurer la guérison complète et complémentaire des malades. Cette conclusion, que la charité françûse préconise depuis des siècles, n'a été tirée en Allemagne qa'& la suite 'de l'étude des problèmes sodaux. Là, comme la santé est le capital du travsdlleur et que sans elle, ruiné, il tombe à la charge du pays, il y a tout avantage à la lui faire recouvrer.
144 UNE INSTITUTION MODÈLE D'flTGlÈllE SOCIALE
L'Assistance légale aux convalescents, en Allemagne, par la précision de ses obligations, montre que la question économique y a été visée autant et plus que la question humanitaire, elle est certainement une des heureuses conséquences indirectes de ses institutions d'Assurance. Et c'est par l'ample interprétation de ses lois de protection ouvrière que l'Allemagne institua l'Assistance à ses convalescents comme l'assistance à ses malades. Ceux qui parsdssent devoir en bénéficier en première ligne sont les anémiés, les chlorotiques, les femmes, les jeunes filles, en un mot les candidats à la tuberculose. C'est bien eux aussi que l'on soigne avec le plus de sollicitude.
Si c'est par « intérêt social » que l'on y prodigue les soins aux phtisiques et aux convalescents, serait- il permis de paraître distinguer ou séparer la charité chrétienne d'avec l'intérêt sodal, tandis qu'à vrai dire ils ne font qu'un ou, plutôt et mieux encore, on ne voit pas ce qu'il adviendrait de l'intérêt social si la charité chrétienne cessait un jour d'en être le principe, l'inspiratrice et la règle. C'est précisément cet esprit de charité qui anime l'œuvre de Villepinte.
« Mais la charité ne consiste pas uniquement dans le vif et soudûn élan du cœur vers la souffrance et la misère humûne. C'est une sollicitation perpétuelle à sortir de nous-mêmes pour aller aux autres; c'est une disposition active et bienfaisante; c'est un besoin de nous donner à nos semblables. La charité, c'est l'hommage de la richesse à la pauvreté, de la science à l'ignorance, de la force à la faiblesse, du plaisir à la douleur, des heureux de ce monde à la souffrance humaine. » Ne nous lassons donc pas de la pratiquer.
Aimons et soutenons notre œuvre française, aimons-la par nos fibres patriotiques et comme un monument de la charité de nos pères. Soutenons-la parce que la science et le dévouement de nos médecins attendent de nous plus que l'admûation passagère. Aimons-la à cause des prodigieux efforts qu'elle a coûtés. Aimonsla surtout parce qu'elle a sauvé bien des existences, adoud bien des douleurs, calmé bien des agonies. Entendons la voix de ces jeunes filles qui, portant déj& les stigmates de leur fin prochaine, nous demandent quelques jours de paix et un lit pour mourir. Ecoutons enfin ces enfants dont le sort est suspendu à notre charité et dont, après Dieu, nous tenons la vie entre nos mains.