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LA RUE A ROME

travaille à sa machine à coadre; sur le Panthéon, je lis : Af . Agrippa consul teriium fecU^ et antre part : Indulgentia plenaria quotidtana perpétua; non loin de là, un sacré cœur est resté sculpté sur le ministère de la Marine installé dans un ancien couvent. Enfin, je ne voudrais pas finir ma promenade à travers les ruea de Rome sans parler de la beauté comme de la variété des perspectives qui charment sans cesse les yeux. Si, sortant de Saint-Pierre, Ton s'engage dans le Borgo Nuovo ouvert par Alexandre VI, on voit à l'horizon le gradeux décor d'une petite cité : la bande lumineuse du quai coupe transversalement la rue ombrée; au centre, un pauvre clocher s'appuie & un bouquet d'arbres, au loin la ligne jaune des champs se confond avec celle de la montagne dont les tons moirés et changeants ne peuvent se comparer qu'à la diaprure d'une ûle de papillon. Même impression en entrant dans la via Carlo Alberto où la tour de Sainte-Croix de Jérusalem fait un si gracieux effet entre les monts de la Sabine et la verdure des palmiers de la place A^ctor-Enunanuel. La pierre elle-même, dans sa froideur, n'est pas moins éloquente, soit qu'arrivant de la via Bonnella on entrevoie Varco de' Pantani mettant son accent sur les marbres blancs du temple de Mars Dltor^ soit qu'au bout du couloir du Borgo on ait la fascination de ce trou noir qu'on appelle la porte de bronze et qui donne accès & l'univers catholique pour arriver jusqu'aux pieds du Pape.

Mais rien ne vaudra les visions de la promenade & t'Aventin. On peut y monter par les sentiers buissonneux qui partent de la via délia Marmorata et qui s'élèvent peu à peu au-dessus de la pyramide de Gestius, du cimetière protestant, de la porte Saint- Sébastien, et finalement de la plaine immense, et l'on redescend en ville par les pentes rapides de l'admirable route de Sainte- Sabine. Les mâts des pins parasols coupent l'écharpe de la montagne, les ruines flambantes du Palatin ouvrent leurs grottes béantes, et sur les ombres mystérieuses se découpe le graphique des cyprès impassibles; brusquement à un coude du chemin, la ville apparaît dans sa splendeur, s'étageant au pied du Gapitole dont la tour commande tous les monuments. Une coupole neuve d'un blanc de neige brille au soleil, elle donne le sentiment de quelque chose dlncomplet et qui n'est pas à sa place. En la considérant avec attention, on voit qu'il lui manque ce qui couronne les autres : la croix. C'est la synagogue.

Nous voici rentrés à Rome. II y aurait encore bien des rues à parcourir, bien des visions à rendre.- Il faut s'arrêter, car la course sersdt sans fin; Rome n'est pas seulement la ville éternelle, elle est aussi la ville infinie. Fernand Lâudet.

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EN EXTRJÈME^RIENT

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