‹ Le CorrespondantChapitre 134 sur 171 · AU PATS DE U < VIE INTENSE · texte numérisé non relu

AU PATS DE U < VIE INTENSE

plus pittoresque, la plus animée; et c'est principalement de novembre au mois d'avril qu'il fait bon vivre k Montréal.

L'une de nos toutes premières usités est pour le Mont-Royal, qui a donné son nom à la ville. C'est un des parcs les mieux situés du monde, et de son belvédère la vue s'étend sur toute la cité, sur le large ruban bleu dont l'enserre le Saint-Laurent, sur les très vastes plaines que ferment au loin les Adirondacks et les Montagnes Vertes. Si, du parc, on se dirige, par des chemins ombragés de grands arbres, vers le cimetière, on découvre la vallée de l'Ottawa, le lac des Deux-Montagnes, le lac Sûnt-Louis et l'ensemble de rtle où Montréal continue son expansion. Mais le dmetiëre lui-même, surtout quand c'est le premier qu'on voit en Amérique, frappe singulièrement l'attention. On n'y sent point de tristesse; les tombes forment de petits parterres; des routes serpentent, où Ton se promène à pied, en voiture, comme dans tout autre jardin pubGc. Et, au fond, n'est-ce pas de la sagesse? Pourquoi voir dans la mort, au lieu d'une simple phase de notre destinée, l'irrémédiable catastrophe?

Le panorama de Montréal nous en parait plus intéressant que la visite détaillée, et de celle-ci je ferai grâce au lecteur, malgré la conscience que je mis & voir la cathédrale, Notre-Dame, le gramd et le petit séminaires, l'université Laval toute française, fuiÛTersité Mac Gin au système anglais, et divers autres monuments, églises ou institutions.

Les amis qui m'ont reçu ne manquent pas de m'offrir Témotion classique des rapides de Lachine, les plus courts (ils n'ont que trois milles), mais les plus rudes qu'offre le Sadnt-Laurent. (Chaque matin et chaque soir, le chemin de fer et le tramway, en canadien char et petit char, amènent au bourg de Lachine des touristes curieux de sensations. On prend le steamer qui Mi le service régulier depub Toronto, et Ton attend son petit danger. Bientôt le navire approche des rapides; il lui faut accomplir une descente de quarante-cinq pieds entre des rochers à fleur d'eau. La chute, heureusement, se partage en plusieurs tourbillons; mais le passage de l'un à l'autre ne laisse pas que d'être ce excitant ». Plonger trois ou quatre fois de suite sans du tout se redresser, pendant 'qu'autour de soi les eaux écument sur des récifs, voilà qui pouvait autrefois donner de sérieuses inquiétudes malgré l'habileté des pilotes Infiens. Ibis depuis longues années cela manque d'accidents; et il y a un pe« de ridicule à s'y exposer ainsi sans motif avec Tespérance qu'ils ne se produiront point. Il s'en faut, cependant, que je regr^te les quelques heures de cette expédition. Rien de plus majestueux que le coucher du soleil par où elle se termine. D'un côté^ le Saint-*

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