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U PREMIÈRE ÉTAPE

ordre, comme H. Ciombes. Hais il faut poart&i^, au tribunal, un réquisitoire : H. Ferdinaud Baissou s'en est chargé.

On parle communément, à la Chambre et idlleurs, de H. Buisson comme d'un philosophe éoiinent, d'un penseur profond. Je le veux bien. Hais j'ai vsdnement cherché, je dois l'avouer , dans son rapport et dans ses discours contre les congrégations enseignâmes quelque argument qui ne fût pas devenu, depuis quatre ans, la monnaie courante de l'anticléricalisme vulgaire. J'û bien vu qu'il fsdsait, du fondateur des Frères et des Frères euxmêmes, un éloge plein d'onction, comme aussi qu'il parlait, avec pitié, des larmes que verseront, lorsqu'il leur faudra quitter leur maison, les pauvres femmes qu'il en va chasser. Cet éloge et ces attendrissements, je le dis tout net, m'ont révolté pins que les outrages. Lorsque Sadnt-Just voulut faire condamner Fabre d'Eglan-^ tine, il dit : « On raconte, comme une preuve de la bonhomie de Fabre qu'entendant Camille lire son écrit pour le comité de clémence, il se mit & pleurer : le crocodile pleure aussi I » H. Buisson pleure comme Fabre d'Eglantine.

Hais de quelque manière qu'on tourne, d'ailleurs, ses explications, il est impossible d'en tirer autre chose que le sophisme de M. Walleck- Rousseau : la congrégation ou, comme il dit, la société monastique est indigne d'instruire et d'élever la jeunesse, à cause des trois vœux qu'elle prononce. Il faut citer :

« Une sodété démocratique a besoin, avant tout, d'hommes et de femmes qui acceptent la loi de la liberté et de la responsabilité personnelle..., la loi du travail, avec l'obligation qui en résulte du contact et du conflit avec leurs semblables pour le pain quotidien..., la loi de la famille, fondement de la perpéttdté des nations. Or, la société monastique donne à ses membres un idéal très différent. Elle leur fait envisager l'exercice de là liberté intellectuelle et morale comme un fardeau..., le travail individuel et le gsdn individuel comme un sond vulgûre et égoïste... Elle leur fait envi* sager, enfin, comme l'état de perfection, non pas le mariage, mus un célibat perpétuel prétendu sacré. » H. Waldeck-Rousseau aviut donné la forme juridique du couperet : H. Buisson lui donne sa forme philosophique. Hais c'est toujours le couperet.

Que les religieux, en renonçant au mariage, à la richesse personnelle et à l'indépendance individuelle, ne se proposent pas pour objet de présenter à leurs élèves cette triple abnégation comme la règle de la vie civile, mus seulement, pour obéhr à l'attrait de leur propre conscience, de s'affranchir des communes préoccupations afin de se consacrer tout entier à leur œuvre de dévouement, c'est ce qne H. Ferdinand Buisson ne peut pas plus ignorer que qui que

loor u FsxitittK tnn

ce soit. Car it saffit, pour s'en conyûncre, d'observer les fidts^ lesquels immédiateaieDt renversent Tëchafaudage de son prétendu raisonnement.

La moitié du penpie est élevée par les Frères et par les Sœurs; la moitié de la bourgeoisie Tétait hier et Test encore, poor ce qçi regarde les fiUes, par les congréganistes. Est-ce que toute cette foule est un composé d'hommes et de femmes dépourvus d'initiative, incapables d'activité» inutiles & leur pays et à leur temps? M. Buisson sait bien que non r.sans parler des transfuges de l'enseignement congréganiste, comme M. Waldeck- Rousseau, dont il ne conteste pas sans doute les mérites intellectuels, il en connaît assurément beaucoup, panm ceux qui demeurent fidèles aux leçons et aux principes de leurs maîtres, dont les travaux et le talent honorent les lettres et la science, les arts et la politique elle-même. Les exemples, tout le monde le sait, s'en multiplient & llnfini : pour citer des noms, il faudrait de longues pages. M. Buisson penset-il que ces hommes n'apprirent chez les congréganistes m le souci de la responsabilité personnelle, ni le goût du travail, ni Tamour de la famille?

Dans la discussion même qui se poursuit à la Chambre, on parla des écoles professionnelles, industrielles ou agricoles, fondées par les Frères, Swnt-Nicolas à Paris, Vaujours, Beauvais, Igny , etc., etc.; on fit, à la tribune, l'éloge de leurs élèves et le récit de leurs succ^. Nul n'y contredit, M. Boisson pas plus que les autres. Ces travsdlleurs modèles, ces artisans, ces cultivateurs,, formés par les Frèresf, ne savent-ils donc rien de la « toi du travxdl, et de fcbligation qui en résblte du contact et du conflit avec lears semblables, pour le pain quotidien? » La question ferait sourire, si l'accusation qu'elle suppose ne faisait plutôt bondir d'indignation.

Faut- il aller plus avant, à l'argument qui traîne dans toutes les feuilles de chef-lieu, parce qu'il prête au mot croustillant, et que H. Buisson ramasse, d'ailleurs avec la gravité pédagogique qoi M convient» celui du vœu de chasteté?

QuotIJes religieux ne savent pas enseigner la loi de la fiasùlleT filais que sont donc tous ces pères, toutes ces mères, dont les enfants peuplent, en foule, les provinces demeurées chrétiennes,^ réserve puissante de la patrie anémiée par l'irréligion, que sont-ils, sinon, pour Ja plupart, les élèves des congréganistes? Ces maîtres èux-mèmés, est*cë que, précisément ici, M. Georges Bertrin, agrégé de philosophie, docteur es lettres, n'a pas, dans une étade décisive, devenue depuis un livre précieux, établi par des chifiesi par des stattisti^uea irrécusables, qu'ils forment « Télite morale de )a France » et ^que la campagne de calomnies qui les pommdt

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repose sur une « imposture... cyniqae jusqu'à rinvndsemblauce ».

Quoil c'est après que la formidable enquête dressée, il y a quatre aas» devant la Gommis^n parlementaire de renseignement, a fût éclater, par des témoignages sortis d'eux-mêmes, Timpuissanœ ^ucatrice où se débattent les établissements universitwes, c'est après cela qu'on vient encore accuser les congréganistes d'indignité et d'incapacité pour la formation morale de la jeunesse I

J'ai eu tort de parler de sophisme. Littré dit que c'est « un faux raisonnement qui a quelque apparence de vérité » • Celui-ci n'en a aucune.

Mais H. Ferdinand Buisson distingue : il n'attaque pas la liberté du coogréganiste, il n'interdit que celle de la congrégation; chacun peut être congréganiste en son Ime, se lier par les vœux qu'il condamaei en pratiquer les obligations; la congrégation, iseule, est illicite. La distinction, il faut l'avouer, jette l'esprit dans un étrange embarras. Qu'est-ce qu'un coogréganiste sans congré- ^tion? VL Aynard a poussé là- dessus le rapporteur, et l'incident qui s'en suivit vaut d'être rapporté.

« Vous ou nK)i, M. Aynard, répondit Bl. Buisson, ou tel d'entre nous voudrait mener la vie austère du moine..., je ne reconnais à qui que ce soit au monde le droit de vous en empêcher... Maintenant, si vous, moi, dix, vingt, cent autres, nous avons eu la même idée, si nous nous présentons devant l'Etat pour lui dire : -tous les autres citoyens se contentent du droit commun, d^e l'association ordinaire, de ce que j'appelais tout à l'heure l'honnête et banale organisation de l'association, de l'assodation qui suffît à tout le monde, cela ne nous suffit pas, il faut que vous ayez la bonté de nous conférer la personnalité civile {Réclamations à droite).

« M. LE Rapporteur. — Vous me demandez, dis-je, la liberté ^'être mdne. Individuellement vous l'avez; vous me demandez de vivre d'une certaine manière et vous êtes plusieurs.

<c M. Aynard. — Moine, tout seul, alors I

« M. Le Rapporteur. — Non, monsieur Aynard. Je le répète, la demande que nous faisons à titre soit individuel, soit d'association ordinadre, nous permet de mener, si bon nous semble, la vie la plus austère, la vie cénobitique, la vie monastique comme nous l'^ntep^ drons; mais le jour ob nous demandons à être reconnus comme une congrégation ^autorisée, formant un être factice doué de opacités juridiques spéciales^ ce jour-là, TËtat a le droit ^t le devoi): d'examiner de près s'il fera \Am de noujs accorder cette autori^ sa^on, et je réponds d'avance : il doit nous la refuser, ji ,

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1004 u pruoèrb étape

La réponse de H. Boisson qui, sans doute, lui a échappé, a des conséquences écrasantes. Si I*assodation monastique, en eSéi, est libre par elle-mèmei si on n'entend lui refuser que la personnalité civile, que Tautorisation qui en fait un « être factice doaé de capadtés juridiques spéciales », toutes les congrégations non autorisées ont le droit d'exister. Alors, pourquoi, Tannée dermère, a-t-on, sans examen, pour la nûson de prindpe posée par H. Waldeck-Rousseau, à cause de l'incapadté civile qui résulte des vœu de religion, pourquoi a-t-on prononcé la dissolution de cinquantequatre congrégations d'honunes et de quatre-vingts congrégations de femmes? Ce n'est pas seulement le renversement des lois de proscription de 1903, c'est celui de la loi de 1901 elle-même ({ai imposait, justement, aux congrégations l'obligation de solliciter l'autorisation de l'Etat, cette autorisation que M. Buisson déclare aujourd'hui incompatible avec les règles du droit public? Etait-ce donc un piège?

Oui. M. Combes l'a déclaré avec son habituel mépris des périphrases. On lit dans YExposé des motifs de son projet poor la suppression de l'enseignement congréganiste : « Le grand senrice rendu par cette loi (de 1901) a été précisément d'obliger tons ces établissements (non autoriséis) à se révéler et de permettre leur suppression. »

L'aveu est accablant. Je ne crois pas que jamais manœuvre inavouable ait été plus cyniquement dévoilée. Voilà le terme anqael aboutit toute cette soi-disant pUlosophie.

Suivons- la encore un peu dans ses applications. Donc la congrégation seule est en cause, selon H. Buisson : le congréganiste reste libre, l'individu peut à son gré lier sa conscience par des vœux de religion, il garde tous ses droits de citoyen, il ne les perd que s'il vit en communauté. Si, à force de la creuser pour essayer de la comprendre, on va au fond de cette doctrine, si on parvient à la préciser en théorie, on y reconnaît bientôt celle de^l'infividualisme le plus absolu. C'est, en réalité. Terreur ^fondamentale de la Révolution qui reparaît ici, celle même contre laquelle tont le mouvement économique et social de notre temps est, dans l'univers entier, en pleine réaction, et cette observation seule snffirût & ruiner la thèse de H. Buisson. Mais il n'est pas besoin de l'élever jusqu'à de si hautes considérations; il sulEt de la laisser se détruire elle-même, en la saisissant dans la pratique.

Voici un congréganiste dont la congrégation est dissoute : il est chasFé de la msdson conventuelle, il se retire dans un.appartement privé ; c'est un prêtre : il veut exercer son mini8tère,2celui de la prédication qui est, en même temps que sa vocation, son senl

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moyen de subsistance; il accepte l'invitation d'un cnrê de paroisse; son sermon est annoncé. Le juge d'instruction se présente aussitôt, heureux s'il ne s'est pas fait précéder de quelques <c Apacbes », fidèles lecteurs de Y Action^ qui auront, an préalable, sommé le prédicateur de quitter sa chaire. Il dit [à ce prêtre : « Vous êtes congréganiste, vous n'avez pas le droit de prêcher I — Msûs ma congrégation est dissoute, je suis un dtoyen comme les autres. — Avez- vous prononcé des vœux? — Je n'ai pas à vous le dire, c'est une afifaire de conscience individuelle. — C'est bon, vous serez poursuivi. » Où est la liberté du congréganiste?

En voici un autre : sa congrégation à lui aussi est dissoute; il s'est retiré dans une maison particulière; c'est un écrivain : il offre sa collaboration à» la Croix qui l'accepte; il n'a pas d'autre moyen de gagner sa vie. Le commissaire se précipite avec des agents, il fouille les meubles, ouvre les tiroirs : k Vous êtes congréganiste, la Croix vous appartient! » Le propriétaire du journal, son directeur, appelé en bâte, proteste : « Le journal est à moi, c'est moi qui le dirige; Monsieur est un rédacteur rétribué par nousl — Il n'en a pas le droit, il a été congréganiste, il sera poursuivi I » Où est la liberté?

En veut-on voir un troisième? Son cas est plus frappant encore : c'est un instituteur, la congrégation est dissoute, il s'est sécularisé; le supérieur de son ancienne communauté, l'évêque du diocèse lui ont donné des lettres qui en font foi. Le juge d'instruction arrive, il perquisitionne, regarde le veston de l'instituteur, demande l'adresse du tailleur, trouve une lettre, la lit : « Vous écrivez & un tel qui était hier de la même congrégation que vous; je l'ai vu l'autre jour; il avait un veston pareil au TÔtre, votre sécularisation est un mensonge : vous êtes congréganiste, vous serez poursuivi. » Où est la liberté?

Est-ce que ce n'est pas l'histoire de tous les jours? Est-ce qu'à l'heure où j'écris, tous les parquets de France ne sont pas occupés à informer contre les prédicateurs et contre les sécularisés? Est-ce que la Chambre n'est pas saisie d^nne foule de projets ingénieux pour traquer les anciens religieux, pour leur interdire l'enseignement dans leur commune, et jusqu'à dix ou vingt lieues à la ronde? Est-ce que M. Combes ne promet pas d'en finir, à défaut de loi, par quelque brutalité de sa façon, avec les congréganistes cachés « sous des déguisements laïques »?

Et si cela est vrai, si, depuis deux ans, comme nul ne peut le nier, la chasse aux sécularisés est organisée d'un bout à l'autre du pays» que devient la liberté du congréganiste et que reste-t-il 25 MABS 1904. 65

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de la distinctioo de H. Buisson? Il n'ea reste rien, sinon ce que j'ai dit : l'enveloppe du couperet

Tel est pourtant Targumeni fondamental sur lequel a reposé toute la discussion engagée devant la Chambre.

C'est avec ce ibopbisme qu'on va, deoudn, détruire cet admirable institut des Frères, l'une des gloires, l'une des forces de la France, et le jeter, comme un cadavre ignoré, dans la fosse commone où déjà sont entassées, depuis nn an, toutes les congrégations exécutées par la guilloûne sèche de H. Combes. Avec lui, périront quatre cents communautés de femmes, restes encore vivants du troopeaa déjà décimé des victimes, d'avance condamnées.

Dans le nombre, il y a les Sœurs de Saint- Vincent de Paul, connues et vénérées de l'univers entier I Je les nomme parce qu'elles sont, pour ainsi parler, l'expression populsdre de la charité; mais combien d'autres qu'il faudrait nommer avec elles, si ces pages y pouvaient suffire I

Ainsi, en moins de deux ans, 15,000 écoles seront fermées qui abritaient 1,600,000 enfants. Où les meitra-t-on? Nul ne le sût: comUen coûteront la construction on l'agrandissement des éooles publiques qui devront les recueillir? Nul ne peut le dire. Les affirmations de M. Combes et de M. Buisson ont été, séance tenante, réduites à néant par les faits qu'à l'envi leur ont opposés les députés de la minorité. Qulmportent, d'ailleurs, la dépense, la ruine de l'Ëtat et celle des communes, pourvu que « la congréga* tion » périsse?

Et puis, est-ce que les catholiques ne sont pas là» dans leur inlassable dévouement, prêts à rouvrir, avec des laïques, une part au moins des écoles fermées? M. Combes le sait bien : il l'avoue avec une incroyable désinvolture; la loi se heurterait, sans cela, dès le premier pas, i une radicale impossibilité; et les conseillers ne manquent pas qui nous disent : a Que fûtes-vous? vous aidez vos ennemis : ne voyez-vous pas en quel embarras vous les jetteriez, ai, d'un seul coup, vous abandonniez toutes vos œuvres, et les hospitalières comme les autres, puisqu'on vous annonce d^ qu'on en chassera vos sœurs, dès qu'on pourra les remplacer? i Cocbin a repoussé ces suggestions : il a bien iût. Tant qu'il restera un enfant à élever, un malade à soigner, qui les appelleront à lui, les catholiques ne leur feront pas défaut. Ce peut être leur fùblesse, mais c'est aussi leur honneur : et l'honneur est, ici comme partout, la première des forces. Voulussent-ils, du reste, prêter

Ù PUifiÉRI tîAPS leOT

l'oreille aoi consrîls de la politiqnet les congrégations refuseraient de les entendre : elles fendent, eonune en 1792 les sœurs frappées la Teille par le décret de dissolution, qui, rappelées par les prescripteurs eux-mêmes, demeurèrent au chevet des malades, jusqu'à ce qu'on vint les en arradber pour les jeter en prison. Harsdlle a vu. Tannée dernière, quand Tépidémie de variole tomba sur la ville, l'exemple du même dévouement.

Biais quoi que soit Teffort, il sera impuissant devant une mine si profonde. En vain les tardiÊt remords ou les calculs intéressés des anciens complices de M. Waldeck- Rousseau arracheront-ils à leurs collègues inquiets, pour le lendemain, du crime qu'ils vont commettre, une prolongation des délais d'exécution ou la conservation de quelques noviciats destinés aux établissements des colonies. Ce sont, sans doute, cdle-ci surtout, pour les condamnés, des adoucissements momentanés k leur supplice qu'ils ne sauraient repousser. Biais ceux-là seuls qui voudront slllasionner croiront à la durable efficacité de ces promesses d'un jour. BI. Combes, s'il demeure en place, en usera, avec les àfhls et les novidats, comme il 7 a deux ans avec les écoles des congrégations autorisées : il trsdtera les votes de la Chambre comme hier les déclarations de M. Waldeck-Rousseau. Au besoin, le Conseil d'Etat lui donnera, pour le couvrir, un avis en bonne forme.

Si même quelque paie Thermidor noos déEvre de bn un de ces soirs, ce ne sera pas assez pour nous affranchir. La coterie maçonnique et jacobine, un moment surprise, se ressadsira bientôt : tant qu'elle dominera la France et l'Assemblée, il faudra que les ministres lui obéissent. Déjà, comme en 1901, elle prend ses sûretés.

Comme BI. Waldeck-Rousseau jetait, il y a trois ans, dans les esprits le principe mortel qui devait fatalement entraîner la ruine de toutes les congrégations, ainsi BI. Jaurès a, cette année, aux applaudissements enthousiastes de la majorité, formulé la théorie d'où sortira nécessairement, dans un court avenir, la destruction de tout enseignement chrétien t « Quiconque, a-t-il dit, n'a pas renoncé doctrinalement et pratiquement à contester la liberté absolue de la personne humaine, n'a pas le droit* d'enseigner dans une démocratie fondée sur ce principe nécessaire. » C'est dire que tout homme qui soumet à l'autorité divine et à la révélation chrétienne sa conscience et sa raison, est indigne d'enseigner.

Le nouveau sophisme est trouvé, à l'abri duquel le couperet continuera demsdn sa besogne tracée par l'inflexible logique. Après les religieux, les prêtres; après les prêtres, les laïques I On ne touchera, — c'est BI. Jaurès qui le dit, — ni à la liberté de consdence, ni à la liberté de croyances, pas plus qu'aujourd'hui

H. Buisson ne toacbe i la liberté da congréganiste. Hais, en verta de « rintégrité da droit hamain », comme aajoard*hai de « l'intégrité de la personne humaine », quiconque sera conyainca d'être chrétien sera déchu du droit d'enseigner.

Ainû sera vérifiée la parole prophétique de M. Beauquier : « Il doit être interdit de donner aux enfonts une instruction rdigieose. • Ce sera la deuiiëme étape.

La première s'achèvera demaia. A l'heure ob paraîtront ces ligues, tout un siècle de travail, de dévouement et de sacrifices, sera balayé par le vent de folie que déchatue au milieu de nonsh haine du christianisme.

La Chambre aura voté : il n'y aura plus qu'à remplir les formalités d'usage. Le Sénat d'ob partit, il y a quatre mois, le âgnal attendu et recudlli par M. Combes avec l'empressement d'on complice averti, se hâtera d'enregistrer le décret qu'il a loi-mèiDe inspiré. M. Loubet le signera, peut-être- la rongeur au front, et, sur la porte de l'Elysée, comme on a coutume de le faire aax lieux où s'accomplit quelque mémorable catastrophe, on poam graver ces mots :

/et, en tan 190&,

V enseignement chrétien fut détruit en France^

M. Emile Loubet étant Président de la République,

A. DE Hun.

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