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chiens, tant le gibier est rare sur le pays environnant, et la cam-* pagne serait perdne. Une prompte décision s'impose.
Sverdrnp réfléchit qne, depnis cinquante ans, personne n'a sérieusement visité la terre d'Ellesmeret dont le bord oriental est seul connu. L'entreprise doit réserver une ample moisson de découvertes. Il se dédde à s'y consacrer et, le 22 août, se dirige vers le détroit de Jones. La rive nord se montre, en certains points, garnie d'une épaisse végétation de graminées et de mousses, qui donne à prévoir que le gibier sera abondant. Un Qord étroit s'ouvrant dans cette côte offre, à l'abri des glaces en dérive, un excellent mouillage d'hiver, dans une baie où s'ébattent de nombreux phoques. Toutes les conditions d'un bon hivernage soot donc réunies. Le Fram s'installe et, en attendant la nuit polaire, on exécute des reconnaissances, au cours desquelles, malheureusement, un second membre du personnel succombe aux atteintes du froid. Les voilà réduits à treize I
Mais il ne s'agit pas de s'attendrir sur ce nouveau deuil, ni de se laisser aller à une superstition indigne de tels hommes. Il faut préparer la nourriture de l'hiver. Gomme pour mieux aOirmer l'indépendance vis-à-ns de tout préjugé, le commandant choisit le vendredi 13 octobre pour faire partir l'escouade de ravitaillement. Celle d, après avoir tué deux ours, finit, au bout de dix jours, par trouver une piste de bœufs musqués qui la conduit au troupeau, attaqué de suite par les chiens. En peu de temps, vingt-six des ruminants sont mis à mort et dépecés, tandis que les déchets, livrés en pâture aux chiens, donnent lieu, paralt*il, à une scène de gloutonnerie inénarrable. Du reste, ces chiens groenlandais sont de vraies bêtes sauvages. Des batailles éclataient cootiaudiement parmi eux, au cours desquelles ils ne se gênaient pas pour manger un camarade. D'autre part, Sverdrup avait amené quinze chiens norvégiens, spécialement destinés & la chasse du renne, qu'il avait cru devoir être plus abondant. Sept de ces malheureux étdent destinés à être dévorés, pendant le second hivernage, par leurs congénères groenlandds, et il fallut tuer les huit autres, devenus inutiles.
Il est vrai que la férodté native de ces animaux polaires étût grandement compensée par leur ardeur à la besogne, quand on savdt, comme Sverdrup excellait à le fûre, leur ménager une nourriture suflSsante. Ainsi, dès le 17 novembre, toute la provision de bœufs musqués avait pu être transportée et emmagadnée au havre d'hivernage. Chaque attelage de dx chiens avait traîné, en moyenne, 337 kilogrammes, dans des étapes journalières de 37 kilomètres, accomplies en huit heures. Le garde- manger
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contenait dès lors 1,800 kilogrammes de yiaade de bœaf, cent lièvres et aoe grande quantité d'oiseaux.
Le second hivernage se passe sans encombre, et bien que les santés laissent paraître quelques signes de dépression, la Noèl est célébrée assez gûement. Le 12 février 1900, le soleil reparaît à midi et la température monte à 2 degrés au-dessus de zéro. Mais ce n'est, hélas I qu'une éclaircie passagère. Rapidement, on retombe à &0 degrés de froid. Il faut pourtant aller établir un dépôt de provi>ions à l'endroit où, l'été précédent, on avait déjà constitué une première réserve de vivres. Malheureusement, quand on atteint cette réserve, c'est pour constater que les ours l'ont outrageusement pillée. Désormais, il faudra y établir une garde permanente pendant la saison des courses.
Le zoologiste de l'expédition, Bay, s'offre pour cet office. On lui édifie au pied d'une côte une bonne tente en peaux d'ours, bien garnie de neige sur les bords, qu'on baptise du nom pompeux de Bjcameborff^ c'est-à-dire « château des ours », et le « commandant de place » est solennellement installé dans cet ermitage, où il va rester trois mois, ne recevant de ses compagnons que de rares visites, dont les intervalles l'exposent à demeurer jusqu'à trois semaines sans apercevoir un être humain. L'installation faite, on letoarne au Fr€mi^ pour n'en repartir que le 20 mars en vue de la grande tournée dans le Nord.
Les chien», bien nourris, marchent avec tant d'entrain, qu'on couvre 59 kilomètres le premier jour, 63 le second. Aussi, dès le troisième, a-t-on rejoint Bjœrneborg, d'où les explorateurs repartent le 2& mars. Un froid terrible les accompagne. Au bout d'une semûne, Sverdrup juge à propos de renvoyer une escouade en arrière et, pour fêter ce départ, ordonne d'ouvrir la bouteille de cognac réservée pour les grandes occasions. Hélas! rien ne coule! Le thermomètre marque A2 degrés sous zéro, et c'est à coups de couteau qu'on parvient à détacher le prédeux liquide réduit en glaçons.
De ces épreuves, Sverdrup se sent bientôt dédommagé en découvrant, à l'ouest de la Terre d'Ellesmere, la gran()^ lie qu'il dédie à M. Axel Heiberg. H l'explore à fond, à travers mille péripéties, la tourmente ne lui laissant pour ainsi dire pas de répit pendant quarante-cinq jours, et il ne bat en retraite que le 5 mai, quand il a touché le 81* degré de latitude. Le retour, toujours accidenté de tempêtes et de brume, s'effectue à raison de 18 kilomètres par jour, sur une glace qui expose les traîneaux à des chutes fré* qaentes, et, le 1^ juin, la caravane retrouve Bay dans son ermitage.
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Le zoologiste philosophe ne s'y est pas ennuyé. II avait des livres, et était tenu en baleine par ses fréquents démêlés avec les ours, avides de goûter au dépôt de provisions; si bien qu'après deux semaines de solitude absolue, le passage d'une escouade l'ayant mis en possession de deux chiens, dont la présence suflSt à écarter les hôtes importuns, Bay écrit dans son journal : « A partir de cette date, ma vie devient très monotone. . Plus d'ours! Je regrette leurs visites; c'était une distraction. »
Pour donner une idée de l'état d'esprit de ce vaillant, nous nous contenterons de reproduire la traduction, faite par M. Rabot, du passage où Bay raconte comment il a célébré la fête nationale de la Norvège :
« Je fête le 17 mai avec toute la pompe que comportent les circonstances et suivant le cérémonial traditionnel. Le pavillon norvégien est hissé sur le château et, à une heure de l'après-midi, le cortège, composé de mon chien et de moi, s'achemine avec le drapeau vers le poste d'observation. De ce point qui découvre un vaste horizon, je harangue le peuple et lui vante les bienfaits de la liberté. Je suis évidemment un piètre orateur, car au milieu d'une période je m'aperçois que mon unique auditeur s'est profondément endormi.
« Dans la soirée, excitée par la fête, la populace (comprenez le chien) se livre à des désordres et ne craint pas de s'attaquer aux propriétés publiques, je veux dire au dépôt de vivres. La répression est énergique : après un copieux usage du b&ton de police, le commandant de la place réussit à mettre en état d'arrestation le délinquant et à le conduire au poste. »
Le 3 juin 1900, Sverdrup rentrait au Fram pour apprendre qae» sept jours auparavant, son navire avait failli brftler. Les neuf hommes restés à bord avûent dû faire des prodiges pour sauver des atteintes du feu, d'abord la provision de poudré, ensuite celle d'alcool. Il s'en était fallu d'un rien que tout ne sautât, et cela ponr une étiocelle qui, de la cheminée, avait jailli sur des toiles enduites de pétrole. Le vieux Fram venait de l'échapper belle 1 Déddément invulnérable au% glaces, il ne se montrait pas moins résistant au feu.
La période du 8 avril au 2 juin avait été employée par le géologue Schei et le lieutenant Hendriksen & l'exploraUon des terres situées à l'ouest, terres abondantes en ours, en bœufs musqués et même en rennes. Pendant ce temps, Isachsen et Hassel découvraient les lies Ringnes; mais, bientôt à court de provisions, n'ayant plus de pétrole dès le 18 nud, et ne pouvant plus alors manger de viande cuite ni se procurer d'eau liquide par la fonte de la glace, ils ea
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étsdent rédaits à yivre pendaDt qaioze jours du seul produit de leur chasse. Heureusement, dans cet intervalle, la rencontre d'un ours leur avait procuré un peu de graisse, et partant, de combustible, ce qui leur permit d'interrompre le régime de la viande crue! Ils rentraient sains et saufs le 13 juin.
Le 8 août, la banquise se rompait enfin; mais l'impitoyable dérive des glaces continuait à emprisonner le navire dans son havre jusqu'au 15 septembre. Impossible à ce moment de songer à une nouvelle navigation. Il fallait de suite se mettre en quête d'une troisième station d'hivernage. On la choisit cette fois tout près de l'extrémité occidentale du détroit de Jones. Un véritable massacre d'ours, de lièvres et de bœufs musqués fournit les provisions nécessaires. Mais, tandis qu'on les ramenait au Pram^ un des eiplorateurs se démet le bras. Non seulement il reste encore de longaes heures de marche, pendant lesquelles le patient souffrira cruellement, mais on sait qu'il n'y a plus de médecin à bord. On a bien, dans la bibliothèque, un traité de chirurgie, qu'on se hâte de consulter; mais personne n'ose manier le chloroforme, faute d'en connaître la dose. Dans cette conjoncture, on a l'idée de proposer au blessé quelques verres d'eau-de-vie, soi-disant pour le réconforter. Il se soumet si bien à ce régime qu'il perd bientôt tonte connûssance, ce dont ses camarades profitent pour tenter, sans qu'il s'en aperçoive, un effort vigoureux, qui remet le membre en place! Aussi ont-ils le droit d'écrire : « Au cours de notre exploration polaire, nous avons ainsi inventé une nouvelle méthode anesthésique, dont les chirurgiens pourraient faire leur profit. »
La température d'hiver se montre extrêmement basse. Constamment le thermomètre enregistre des froids de hO à 50 degrés, avec nn vent terrible, dont la vitesse est trop souvent de 16 à 17 mètres par seconde. Avec cela, les loups apparaissent, et il faut plus d'une fois lear livrer bataille dans la nuit. Du moins, avec un piège, rënssit-on à en prendre deux, qui seront conduits en Norvège, et qoi, d'ailleurs, font bon ménage sur le bateau avec les chiens du Groenland, auxquels ils ressemblent beaucoup, ainsi qu'avec les renards arctiques, dont quelques spécimens sont également captnrés. Le 12 mars 1901, on croît le moment venu de tenter quelque reconnaissance. Mais le froid s'abaisse jusqu'à 52 degrés soas zéro, et fait endurer de grandes souffrances aux explorateurs, pendant une absence de treize jours, ob la moyenne de la températare a été de &5 degrés; ce qui ne les a pas empêchés d'établir un dép^ de provisions en vue des longues courses.
Un nouveau départ a lieu le 8 avril. Cette fois encore, c'est par nn froid de &9 degrés que s'inaugure le prétendu printemps!
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Heureusement on rencontre une belle quantité de boeufs musqués et, dans une vallée encombrée de roches^ les lièvres sont si nombreux que, selon Sverdrup, on peut dire qu'il y en a un derrière chaque pierre I La faim n'est donc pas à craindre. Après avoir exploré jusqu'au 12 mai la c6te occidentale d'Ëllesmere, et reconçu le débouché d'un fjord, dont la tète avait été explorée l'année précédente (fjord qui reçoit le nom de Greely, l'on des héros de l'explo^ ration arctique), la caravane bat en retraite, trop souvent attafuée par les loups ou gênée par les aspérités de la glace. Elle rentre an navire le 18 juin, après avoir reconnu au passage un important Cément de couches de charbon, avec végétaux fossiles d'âge tertiaire.
Juste pendant cette campagne, Peary avsût pu s'avancer jusqu'au delà du 84* degré de latitude au nord de la terre de Grant, dépassant ainsi tous ses devanciers dans cette ^recrion.
Du 12 août au 5 septembre, l'équipage du Fram fadt des efforts surhumains pour briser la glace qui ferme le fjord. C'est en vain I Un quatriènîe hivernage s'impose; mais, cette fois, on a soin de préparer la future scHtie en répandant sur la glace, le long de la piste qu'on se propose de suivre, du sable destiné à en accélérer la fasion. Au mois d'avril 1902, la disette se fait sentir, les ours ayamt cessé de se montrer, et les chiens liassent voir des àgnes d'épuisement. Cependant, grâce â un certain nombre de lièvres, on leur rend la force voulue pour une nouvelle reconnaissance, qui part le 18 avril et atteint, le 7 mai, par 81*i0' de latitude nord, l'extrémité nord-ouest de ta terre de Grant, point le plus septentrional de toute la campagne. La retraite commence le 9; huit jours 2^[)rès» la rencontre d'un troupeau de bœufs musqués sauve la troupe de la famine, et, le 15 juin, après soixante- dix-sept jours de marche, ayant parcouru, tant à l'aller qu'au retour, au moins un millier de kilomètres, on se retrouve au Fram.
Là, on constate avec satisfaction que le sable répandu a produit l'effet qu'on en attendait. Le 15 juillet, le dernier bloc de glace compacte a disparu, et le 6 août, après quelques alternatives d'espoir et de découragement, toujours causées par la dérive, le vieux Fram quitte sa prison. Sorti le 10 du détroit de Jones, Sverdmp touche, le 17, à Godhavn, où il se sépare des chiens qui l'ont si bien servi en les donnant aux habitants de la localité. Le 21 a lieu le départ pour la Norvège, et, le 18 septembre, au milieu des acclamations, le navire aborde au port de Stavanger, pour faire huit jours après, son entrée solennelle â Cbrisiianiâ.
Nous n'avons pu donner ici que le canevas de cette expédition unique en scm genre. II faut en lire le rédt tout entier dans le
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livre tndoit par IL Rabot : car TaïUeur et le traducteur ont sa donner aa stj le une allure qui efface complëteBieot ce qu'il pourrait 7 avoir de monotoue dass la fréquente r^tidon d'épiâodea semblables. Et plus de cent photographies permettent d'assister, ea quelque sorte, à toutes les scènes racontées, dont pluoeurs sont d'une rare originalité.
Nous disons que cette expédition est unique on son genre. Elle l'est, d'abord, par sa durée; elle l'est surtout par cette circonstance remarquable que, pas une fois, durant ces quatre années^ elle n'a en b^in d'être ravitaillée du ddiors. Ce résultat, presque incroyable, est dû au choix, fait par Srerdrup, d'un quartier d'exploration oh les ressources naturelles en phoques, bœnfe musqués, ours et lièvres, devaient offrir un appoint considérable; mppoint sur lequel ne peuvent malheureuseoient compter les expéditions plus septentrionales, encore moins celles qui ont pour objet la région aatarctiquct presque entièrement privée de toute vie. Ibis quelle prévoyance et quelle habileté d'organisation n'a-t-il pas fallu d^rioyer pour tenir toujours les provi^ons à la hauteur des besoins? Avec quelle sûreté avdt-on dû calculer, avec quelle sage 6coiK>mie a-t-on dû employer celles des provisions, charbon, huile, alcool, etc., qui n'étaient pas susceptibles de renouvelle- ■aeiit? Quelle vigilance s'imposait au commandant pour assurer, pendant quatre hivers consécutifs, la stricte observation des règles d'hy^èae indispensables à la santé de l'équipage comme au bon èlat des attelages de chiens 1 Une fois de plus se sont révélées, dans tout leur éclat, les qualités qui avaient déjà brillé lors de la grande expédition de Sverdrup avec Naosen, c'est-à-dire l'alliance d'ane audace extraordioaire, mais toujours maltresse d'elle-même, avec un esprit de calcul qui ne lusse rien au hasanL
En racontaot dans son livre le désastre de l'expédition Greely, sorreou précisément sur la Terre d'EUesmere, et ob, de vingt-sept explorateurs partis en 1881, sept seulement fureot retrouvés en 1S84, dsms un état pitoyable et après des souffrances sans nom, Sverdrup n'a pas hé^té à dire : « Aujourd'hui^ de pareilles catastrophes ne sont plus à craindre, grâce aux progrès réalisés dans l'organisation et l'équipement des expéditions. Le froid, le scorbut, la faim, ne doivent plus, de nos jours, décimer les explorateurs polaires. Oui, je le dis franchemeot, et après avoir pesé la yalenr des termes que j'emploie, si de pareils accidents se prodmseot, la faute en incombe au chef de la mission. » Le chef impeccable qu'a été Sverdrup avait le droit de tenir un pardi langage, sans s'exposer à se condamner lui-même. Et ce qui rehausse encore son mérite, c'est la modidté des ressources dont il s'est
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contenté; car cette expédition, si gloriease pour la Norvège, a coûté en tout 300^000 francs, soit 75,000 francs par an et à peine plas de 5,000 francs par homme et par année I
On peut aussi compter que l'expédition sera féconde en résultats scientifiques. La météorologie, le magnétisme terrestre, la botanique, la zoologie, même l'archéologiet ont été, de la part des membres de Texpédition, l'objet d'observations constantes qui, jointes à celles de Peary, fourniront, sur les conditions physiques du pôle, les plas précieuses données. Déjà, nous avons dit combien la récolte géologique avait été fructueuse. M. Schei en a publié un court aperçu dans le Geographical Journal de Londres. Nous n'en détacherons que deux constatations pleines d'intérêt.
Dans l'ouest de la Terre d'ElIesmere, au sein d'un ensemble de schistes et de grès, on a recueilli des empreintes végétales absolument identiques avec celles qui, à Kiltorkan, en Irlande, comme dans le Gondroz, en Belgique, signalent l'approche du terrain carboniférien. Ce sont des fougères tout à fait caractéristiques, et qui prouvent qu'à cette époque lointaine, le climat certainement tropical de nos contrées s'éteniût au delà du 76* parallèle, liais l'enseignement qui ressort des couches de charbon reconnues an fjord Baumann est encore plus significatif. La formation d'un tel gisement suppose, de toute nécessité, un estuaire, ob se déposent les résidus, plus ou moins décomposés, d'une abondante végétation terrestre. Les empreintes recueillies, auxquelles sont associées de vraies tiges d'arbres, montrent qu'il s'agit de l'ère tertisdre et s'accordent, d'ailleurs, avec le témoignage déjà fourni par les gisements analogues du Groenland, pour démontrer qu'au milieu des temps tertidres, c'est-à-dire, en somme, assez près de l'époque actuelle, un climat tempéré régnait sur ces contrées aujourd'hui glacées.
Uids attendons la publication complète des résultats scientifiques de cette expédition, et, pour le moment, contentons-nous de saluer l'héroïsme déployé par les hommes du Nord, sans noua défendre de jeter un œil d'envie sur les heureux pays où l'opinion publique, au lieu de se consumer en luttes ruineuses, sait si bien encourager des entreprises destinées à faire honneur à l'humanité.
A. DE Lapparent.
LA CONQIliiTË POLITIQIIE DE L'OUVRIER