‹ Le CorrespondantChapitre 33 sur 171 · SODS LE SECOND EMPIRE · texte numérisé non relu

SODS LE SECOND EMPIRE

Pour JQger convenablemeot la politique intérieure d'un pays et surtout d'un pays comme la France, il est indispensable de l'étudier parallèlement avec celle des autres pays concurrents et de chercher là des points de comparaison. La politique intérieure française ne fut pas toujours indépendante : trop souvent impressionnée par des influences étrangères, les accidents et tumultes divers qui s'y élevèrent ne furent parfois que des eflets dont les causes doivent être cherchées hors frontières, et qui coïncidèrent exactement avec le développement d'un programme chez une nation rivale.

Les oppositions sont naturellement les agents, d'ordinaire involontaires et inconscients, de ces menées étrangères : les détestables suggestions de l'esprit de parti peuvent les amener à un rôle qui, de sang-froid, les épouvanterait. Il est si délicat, en effet, de faire le départ entre l'intérêt de la patrie et celui du gouvernement, que l'on risque souvent d'atteindre celle-là en poursuivant obstinément celni-d. Dans les affaires intérieures, on distingue encore cette connexité possible et l'esprit de parti ne ferme pas toujours les yeux à l'évidence; mais cette évidence est plus brouillée pour les affaires extérieures, et l'ignorance foncière des Français pour tout ce qui se passe au delà de leurs frontières rend aux oppositions^e danger encore plus grave.

Quand il ne gouverne pas trop visiblement contre la' nation ; quand, dans les directions de sa politique extérieure, il ne fait point passer ses préjugés et ses intérêts de secte avant l'intérêt national, le gouvernement devrsût alors n'être envisagé toujours et par tous que comme le représentant de la patrie au regard de l'étranger. On doit souvent lui faire confiance sur sa politique étrangère, car, à être découverte, elle risquerait d'être impuissante. En faisant dans ce domaine une poliUque de parti-pris, en contrariant même par an désordre intérieur l'action de la politique extérieure, une

* Voy. le Correspondant du 10 janvier 1904.

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