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LE M\L DD SIÈCLE

lité est tout aatre. En dépit da succès toujours croissant de la gymnastique et de Thygiëne, malgré les impérieuses obligations mondaines des villégiatures qui compensent dans la mesure du possible les anémiants effets de la vie urbsdne; quels que soient les efforts et les progrès de la lutte de la rsdson contre le sentiment, on est bien obligé de convenir que la vigueur objective de notre jeunesse des deux sexes n'est, au double point de vue physique et moral, qu'une simple illusion d'optique, lamentablement dissipée au moindre heurt des contrariétés journalières de l'existence. C'est exclusivement la « surface » qu'on tient à sauvegarder maintenant. Et l'on doit reconnaître sans hésitation qu'elle ne laisse généralement rien à désirer. Avoir l'air d'èlre fort autant que paraître riche, voil& ce qui importe. On ne vous en demande pas davantage. Aussi n'est-il pas un seul détail de la vie extérieure des familles et des individus de toute catégorie sociale qui ne soit inspiré par cette tyrannique préoccupation. D'ob la vogue extraordinaire des pratiques sportives, — si peu répandues il y a trente ans, — mais dont on ne subit la pénible initiation qu'en vue desi exhibitions publiques qu'elles occasionnent, sans en attendre d'autre bien que la fugitive satisfaction de s'être montré en état d'irréprochable « performance ». De 1& ces excès parfois tragiques d'entraînement poussé jusqu'au surmenage le plus insensé ; excès auxquels on se garderait bien d'exposer les animaux même de peu de valeur, tant on sendt certain de les voir succomber avant la fin de leur a record ».

Inutile d'insister sur les troubles organiques hâtivement développés par un pareil genre de vie. Condamné an « travail forcé » d'un moteur idéalement actionné par une force toujours renaissante et garantie du moindre aléa mécanique, le cœur, qui ne bénéficie en aucune façon d'aussi invradsembiables prérogatives, parait d'abord fair^ bonne contenance, gr&ce à ses réserves naturelles d'influx nerveux et de tonicité musculaire. Se raidissant contre l'obstacle, il parvient quelque temps à réfréner l'affolement de l'irrigation pulmonaire et à. la refouler vers la périphérie. Mais ce n'est là qu'une suractivité d'ordre psychique, et par suite forcément éphémère. Trop délicate pour supporter sans répit et sans réconfort une tension exagérée, la fibre cardiaque ne tarde pas à se relâcher. Les parois s'amollissent et se distendent et l'on apprend soudain qu'au cours d'une promenade à bicyclette ou d'une partie de tennis un peu mouvementée, M. X..., M"'' Z... ont brusquement succombé â la rupture d'un anévrisme, lisez éclatement du cœur, sons l'aveugle poussée d'un contenu qui cherche â se dégager â tout prix. ,

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Trop rares encore pour déterminer antre cbose qn'one émotion fhg^Te^ ces dramatiques érénements paraissent bien imputables an genre de la vie actodle. La jeunesse d^autrefois n'en soupçonnait Htëme pas l'ëTOBtnaiîté. Non moins, pour ne pas dire plus turbulente que celie & nos jours, mais fidèle aux distractions traditionnelles tjui caiflsnent, sans Tëpuiser avant Theure, son ardeur innée pour Ve bruit ^ le mouvement : la danse, Teserime, la déambnladon plus ou moins earnavalesque suffisaient i la garantir des abus de sa double -et contradictoire évolntîon physique et intellectuelle. Et, comme d'autre part, les études scientifiques étaient infiniment moins chargées, les carrières libérales et les fonctions rétribuées moins courues et par suite beaucoup plus abordables, on s'explique aisément pourquoi la jeunesse d'autrefois restait si opiniâtrement insouciante et gaie. Heureux temps que nous ne reverrons plusl... Les sévères préoccapations de celle d'aujourd'hui ne sont, hélas I que trop justifiées, et noas sommes encart bien toin du terme de la progression effroyablement rapide du siruggle f&r life.

Voilà comment, par une déroutante antithèse, l'énervement général, loin d'être modéré par la vogue toujours croissante de l'entrainement physique, semble au contradre en suivre parallèlement l'allure. Jamais moyens plus scientifique» en théorie n'ont été opposés aux amdUssants effets d'une dvitisation débordante : jamais on n'a certainement mieux formulé les règles élémentaires de la santé corporelle, si justement considérée comme le substratum obligé de celle de l'esprit; jamais on ne s'est vu, dans la pratique expérimentale, plus près que nous de la fatale décku^tion d'une irrémédiable « faillite i».

C'est que les nécessités par trop complexes de la vie moderne Tiennent à chaque instant annihiler les séduisantes promises qu'on ne peut s'empêcher d'attendre des merveilleuses conquêtes de nos laboratoires. A voir les choses de près on s'ap^^it bien vite que tout est contradictoire dans notre mécanisme sodal. Rien de plus sage et de plus judicieux que la réglementation des exercioes physiques en vue du développement de la souplesse et de l'endurance du corps ; rien de plus dangereux que les excès parallèlement imposés par l'obligation de faire étalage de qualités sportives hors de proportion avec les aptitudes naturelles. — Srurmenage à répétition, anxiété morale, tension nerveuse entrecoupée de détentes excessives, éphémère griserie des succès, dépression bien autrement prolonge des revers; — tel est l'hiévkabte aboutissant de ce régime antipfaysiologique.

£n somme, dépense organique exagérée et « réparation ilhi-

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soise n quand elle a'est pas totsdement ioBiiffisante. Car, par mi eonUe île BialecbaDAe acddentelle mais générale, à peu (N*ës ternies las conditions et lontee les habitudes de Texistence moderne Ifiodent visiblement au même but : la déchéance physique de la lace. On connaît beaucoup mieux sans doute qu'autrefois les moyens de présen^tion collective et individuelle contre les causes sans nomhre de destruction prématurée. Le « mystère microbieD » s'est oafin révélé au grand jour des projections de nos microscopes perfectionnés. Hais, en définitive, si nous savons presque à coup sûr comment nous sommes exposés à périr nous n'évitcois enec^e qne très imparfaitement les incoseantes occasions de chute. D'autMt que œ que noas avoosi gagné en savoir est fort loin de compensar oe que nous avons perdu en résistance native. £t cela en grande partie du fiait du déplorable régime alimentaire dont nous sommes œdevables aux progrès déréglés de l'industrie et à la multiplicité démeaoïée des besoins factices de ce qu'on est contenu d'appeler le « confort moderne ». Rien en réalité de moins réconfortant que ce prétendu confort. Et ne dirait-on pas qu'en toute chose un vent de folie nous pousse à nous dépouiller nous-mêmes jusqu'aux derniers vestiges du solide et vrai « bien-être » de nos pères. Ajissi cette longue succession de robustesse ethnique qu'ils se sont si fidèlement transmise ne se montre-t-elle plus aujourd'hui que sous la forme incertaine d'un « atavisme » en voie de rapide disparition.

Déj& considérablement déchus de leur pouvoir nutritif naturel par les fraudes de toute sorte que ni 1ms ni expertises ne parnenoent à réprimer^ nos aliaotents de première nécessité subissent an supplément de spoliation diététique <ki fait des nodveaox procédés cufinaiies à peu près uniformément adoptéd par l'ensemble des villes et des campagnes. L'invasion presque achevée des fourneaux ic économiques » a partout, en effet, sobstitué à la recherche traditionnelle de la <c saveur » celle du maiimum de rapidité et de simultanâté des préparations — soit la négation absolue de l'objectif fondamental de la bonne cuisine. Nos « chefs » en renom ne paraissent plus avoir d'autre préoccupation que celle de se posar en émules des « chauffeurs » brevetés dont il serait vraiment superflu de leur imposer l'examen probatoire. Ils font à leur façon et très exactement du « 60 » à l'heure, en altendsmt mieux, ce qui ne saurait tarder. Pénétrez intentionnellement ou par hasard dans un de ces laboratoires « fin de siècle » tout reluisants des chauds nfli^s (fa cmvrty du nkfcd et des énAux aux tônles et avx formes variées, rien ne vous indiquera d'emblée, si l'heure est matinale on à Taprës-midi n'est pas sur le point de finir, que c'est de là que vont sortir, en moins de soixante minutes, les ragoûts et las rdtb

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