LK MAL DU SIÈCLE
et la moindre infraclion à cette loi d'équilibre physiologique peut se tradmre par des désordres manifestement disproportionnés avec l'importance de l'agent pertnrbateur. Le tiraillement des viscères, leur abaissement ou lear déplacement dans la cavité abdominale, ia pression qa'ils exercent ûnsi snr les organes voisins, les troubles circulatoires et nerveux qu'ils subissent et provoquent par suite; tel est, dans ses grandes lignes, le tableau descriptif de cet état pathologique incontestablement « moderne » et dont la « dilatation de l'estomac m constitue le symptôme le plus visible et le plus connu.
Presque au même degré de l'échelle étiologique, nous trouvons ensuite le groupe compact et toujours actif des « infections » et des ff intoxications ». Très impressionnable aux poisons, la cellule nerveuse est la proie fadle de tous les « virus » auxquels elle ne peut opposer le privilège exceptionnel de 1' « immunisation » ou de l'état « réfractaire ». C'est dire avec quelle exemplaire régularité elle subit les effets nocifs des élaborations microbiennes, aussi foudroyantes parfois que la strychnine, le curare, l'acide prussique et autres redoutables alcaloïdes. Rapide ou lente, partielle ou générale, cette sidération nerveuse qui fait, en somme, tout le danger des atteintes infectieuses, ne manque dans aucune circonstance. Et dans les cas particulièrement graves, elle survit aux germes qui l'ont déterminée, ne cédant que peu à peu aux efforts combinés de la nature et de la thérapeutique. Elle n'en représente pas moins la forme la plus habituellement curable de la (c neurasthénie aiguë ».
Une cause assez étrange, essentiellement contemporaine, parce qu'elle est la conséquence directe de l'audacieuse captation des éléments que l'industrie actuelle asservit à ses insatiables besoins; c'est le « choc traumatique » porté à son maximum de pouvoir vulnérant et considéré dans son action générale sur l'organisme, avec ou sans lésions locales appréciables. Tels les acddents de chemins de fer, d'automobiles, les violentes explosions de mines ou de machines, qui détenmnent sur l'axe cérébrospinal et sur les plexus viscéraux d'incalculables ébranlements. Et comme les effets de ce retentissement intime ne sont pas nécessairement immédiats, que souvent même ils mettent très longtemps à se produire, et qu'ils affectent une préférence marquée pour les cas sans lésions objectives, on ne pouvait se défendre tout d'abord à leur égard d'une excusable suspidon. D'autant que les questions préjudidables qu'ils soulèvent inévitablement mettent en conQit suraigu les intérêts les plu^ contradictoires. Hais les faits d'observation de ce genre se sont te11em<;nt multipliés, dans ces derniers